DIRECTION DE L’ENSEIGNEMENT : Des pratiques illicites dans la commande publique

La Direction de l’enseignement primaire a pour mission de mettre en œuvre la politique nationale en matière d’éducation primaire. A ce titre, elle conduit des formations à l’intention des enseignants. Pour mieux assurer ses missions, elle bénéficie du soutien de partenaires comme l’UNICEF. Si ces institutions ont eu confiance pour injecter de grosses sommes d’argent, la directrice, Awa Adelaïde Bougma/Sinaré, semble avoir forgé ses propres règles de gestion de ces ressources. Elle est accusée par certains agents de prélèvements illégaux sur des fonds accordés, de commissions sur les marchés attribués et sur les missions des agents, de pratiques discriminatoires.

A la Direction de l’enseignement primaire, il y a beaucoup de missions à l’intérieur du Burkina. Des formations sont régulièrement organisées sur l’ensemble du territoire. Des formateurs ainsi que des agents de la Direction sont régulièrement déployés sur le terrain pour assurer ces missions. Mais les agents choisis à ces missions doivent partager leur frais de mission avec la directrice. Selon des témoignages concordants d’agents de la Direction, c’est une pratique consacrée et connue de tous dans ce service public. A en
croire certaines sources bien au parfum de cette situation, il est arrivé que
des agents, de retour de mission, refusent de reverser une part de leur frais.
Ces agents seront tout simplement mis hors du circuit. Plus de mission pour eux.

Des agents dont les noms figurent sur des ordres de missions perçoivent les prises en charge alors qu’ils n’ont pas participé à ladite mission. Il arrive même que d’autres, surpris par l’exécution d’une mission, voient leur nom sur des fiches de paiement, et il leur suffit d’émarger pour rentrer en possession des frais de mission. Et là encore, il faut verser quelque chose. Ainsi, loin d’être des participants, ces derniers sont inscrits expressément pour percevoir indûment des frais de mission. Ces cas seraient très nombreux. De sources bien introduites, nous apprenons que le petit frère de la directrice, agent d’une autre Direction, participe beaucoup aux missions organisées par la Direction de l’enseignement.

La commande publique

Pour les activités de la Direction, la sélection des formateurs et des prestataires est l’apanage de la seule directrice. Il ne serait possible pour un fournisseur d’avoir un marché de prestations de service sans se conformer aux règles bien particulières de la directrice. A ce qu’on dit, tout est suivi à la lettre par la directrice. A chaque commande, la directrice demanderait un certain montant au prestataire et c’est le gestionnaire qui est chargé de collecter cette manne financière pour faire ensuite le point à la directrice de l’enseignement primaire.

Selon des sources bien au parfum de ces pratiques, de juillet à décembre 2019, cette pratique aurait généré une somme d’environ 5 millions FCFA au titre des commissions. A en croire des témoignages concordants, ces agissements ont été portés par le gestionnaire à la connaissance du Directeur général de l’éducation formelle générale. Mais finalement, au lieu de rétablir l’ordre et sanctionner ces manigances, c’est le gestionnaire qui a été affecté dans un autre service.

A ce qu’on dit, cette brouille relative à la gestion des ressources n’est pas sa première édition. Avant le gestionnaire qui vient d’être affecté, le gestionnaire qui exerçait avant la nomination de la directrice en 2018 a connu les mêmes problèmes. Pratiquement en une année de collaboration, il a été poussé à la porte, remplacé par Mamadou Didier Amos Ouattara en juin 2019. Et ce dernier aussi, en une année de service dans cette Direction, a été affecté.

Contacté par rapport à ces problèmes, la directrice nie tout. Elle dit ne pas se reconnaître ni dans toute cette affaire de commissions sur les frais de missions des agents, ni sur les marchés de prestation de service. Elle ne reconnaît même pas avoir eu des problèmes avec son gestionnaire par rapport à la gestion des ressources.

Décidément, il y a véritablement quelque chose qui ne va pas au sein de cette Direction technique. Beaucoup se demandent pourquoi malgré toutes ces pratiques peu recommandables portées à la connaissance des supérieurs hiérarchiques, la directrice n’est pas inquiètée.

Nous avons contacté le Directeur général de l’éducation formelle générale
pour comprendre ce qui se passe. Mais après plusieurs rendez-vous non respectés, notre demande d’entretien est restée sans suite. Nous y reviendrons.

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Simplice Zongo
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