AEROPORT D’ADDIS-ABEBA : Des Burkinabè et des Nigériens en colère bloquent plusieurs vols

L’Aéroport international  d’Addis-Abeba en Ethiopie a connu une ambiance très  particulière dans la soirée du samedi 31 août  2019. Des passagers burkinabè, abandonnés depuis 3 jours pour certains, par la compagnie aérienne Ethiopian Airlines, y ont  pratiquement bloqué plusieurs vols (au moins 4) pour manifester leur mécontentement du traitement dont ils ont été victimes. Après près de 45 mn de manifestation, la compagnie a fini par négocier une solution amiable.

En cette soirée du dernier jour du mois d’août 2019, il y avait comme un air de mini-insurrection nigéro-burkinabè à l’aéroport d’Addis-Abeba. De retour d’un voyage de presse organisé par l’Ambassade de Chine à Ouagadougou (nous y reviendrons dans notre prochaine édition), nous avons été témoins de l’explosion de colère de compatriotes dans cet aéroport. Ils avaient à leurs côtés, des frères nigériens également victimes «du mépris» de la compagnie aérienne. Ils sont venus de plusieurs destinations : Dubaï, Djedah (Arabie  Saoudite), Chine et d’autres  pays africains. Ils sont pour la plupart commerçants ou pèlerins. Ils étaient plus de la centaine, des hommes et quelques femmes. Certains d’entre eux se sont retrouvés en transit à Addis depuis le 29 août, soit 48 heures plus tôt. Le transit se prolonge indéfiniment à leurs yeux, du fait des reports sans aucune explication de la suite de leur voyage en direction de Ouagadougou.

Arrivée aux environs de 8 heures ce samedi dans la capitale éthiopienne, en provenance de Chine, la délégation de journalistes a été divisée en deux groupes et conduite dans deux hôtels différents qui ont en commun de manquer de commodités. Le vol pour Ouagadougou était prévu pour 21 heures. Aux environs de 16 heures, l’un des deux groupes a été informé du report du vol, tandis que pour l’autre, l’hôtel était pressé de récupérer ses chambres. Après concertations, la décision a été prise de se rendre à l’aéroport pour constater la confirmation du report et au besoin, négocier pour être regroupés dans un hôtel disposant d’un minimum  de commodités, d’autant plus que tout le monde avait enregistré ses bagages directement sur Ouaga depuis la Chine et n’avait aucune tenue de rechange ni de kit de toilette.

A la surprise générale, arrivé à l’aéroport, le vol était bel et bien programmé sur les tableaux d’affichage électronique de l’aéroport. Tout le monde accomplit les formalités d’usages et se rend en salle d’embarquement. Là, les journalistes retrouvent de nombreux compatriotes et des Nigériens qui attendaient l’heure d’embarquement. Le vol devait faire Addis-Ouaga via Niamey. A l’heure de l’embarquement, le rang  se forme et tout le monde attend l’ouverture des portes pour embarquer. Surprise, à 20h45mn, heure d’embarquement : le tableau affiche «vol annulé». Une bande sonore annonce sa reprogrammation pour le lendemain à 6 h45mn.  Les passagers sont invités à passer aux guichets de la compagnie  pour retirer des bons d’hébergement. Mais la colère des passagers ne s’est pas fait attendre. « trop, c’est trop », commencent à crier plusieurs d’entre eux.

Très rapidement, la décision a été prise de ne pas quitter l’aéroport sans la certitude d’avoir un vol le lendemain. Certains d’entre eux vivaient la même scène depuis trois ou quatre jours et refusent de subir indéfiniment cette injustice. Ils veulent rentrer chez eux. Pour se faire entendre, ils décident de bloquer les autres vols. Ils se divisent en plusieurs groupes  et  bloquent les portes des vols en cours d’embarquement. Au moins 4 vols ont été retardés en quelques minutes. Les agents font appel à la police qui est apparue sans intervenir.

Finalement, s’ouvrent des négociations. La compagnie  propose de programmer deux vols le lendemain dimanche, respectivement à 6 h et à 10 h, pour faire partir tout le monde. En outre, un dédommagement de 200  dollars américains par personne leur a été proposé. Cette offre a été acceptée et les vols pouvaient reprendre. Au petit matin de dimanche, le premier vol a effectivement décollé. Un gros porteur qui semble avoir embarqué tous les frondeurs et bien d’autres a été affrété.

Cette manifestation de la colère a permis de « dénoncer le mépris dont sont victimes les passagers burkinabè et nigériens. Chaque fois, ce sont nos vols qui sont annulés », martèle un commerçant habitué de cette compagnie. Ils espèrent que ce sera la dernière fois qu’ils subissent de tels désagréments de la part de la compagnie.

B.O

Boureima OUEDRAOGO
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Boureima OUEDRAOGO

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