FILIERE COTON : Des boursiers de 2013 toujours en stage

Ils ont été recrutés en 2010 par le ministère de l’Industrie et du Commerce de l’époque pour suivre une formation en industrie textile. Ils étaient vingt (20) jeunes qui devraient être formés en Inde pour un projet piloté par un groupe textile indien dénommé ALOK INDUSTRIES LIMITED. Ils s’envoleront finalement en 2013 pour le Mali, pour effectuer leur formation. Trois ans après et de retour au Burkina, ces jeunes diplômés semblent être délaissés. Difficile pour la plupart d’entre eux, de trouver un emploi décent et pérenne. Le stage, commencé en 2016, se poursuit à la SOFITEX pour certains.

En 2009, dans le cadre d’un projet d’installation d’un groupe textile indien spécialisé dans la transformation du coton au Burkina Faso, le ministère de l’Industrie, du Commerce, de l’Initiative privée et de la Promotion de l’artisanat (MICIPPA) de l’époque, avait mandaté l’Agence nationale pour la promotion de l’emploi pour le recrutement de jeunes bacheliers. Ces jeunes devraient être formés en Inde dans les métiers du textile pendant deux ans. Le test de recrutement a eu lieu le 11 août 2009. Les résultats ont été publiés un an après, soit le 10 août 2010. Les nouvelles recrues seront convoquées par le ministère le 5 octobre 2010 pour les formalités de demande de visa. Ils l’ont fait et ont même supporté les frais. Le Secrétaire permanent de la filière coton libéralisée à l’époque, Wilfried Yaméogo, actuel Directeur général de la SOFITEX, était l’un des interlocuteurs des jeunes recrus.

Malheureusement, le voyage en Inde n’aura plus lieu, près d’un an après. Confus, les jeunes décident alors de comprendre la situation. Ils s’adressent au ministère du Commerce et au Secrétariat permanent de la filière Coton. Aucune information ne fuitera. Face à eux, il n’aura personne pour leur expliquer ce qui s’est passé. Ils décident alors de changer d’interlocuteur dans l’espoir de se faire entendre. C’est dans ce sens qu’ils envoient une correspondance au Médiateur du Faso et au Premier ministère le 28 novembre 2010, dans laquelle ils expliquent leur situation. Malgré cette interpellation, la situation ne connaîtra pas d’évolution.

En septembre 2013, les jeunes sont convoqués par le Secrétariat permanent de la filière coton libéralisée. Là, ils s’entendront dire que leur formation, initialement prévue pour se tenir en Inde, aura finalement lieu à Ségou, en territoire malien. Cette fois-ci semble être la bonne, même si la destination initiale n’a pas été retenue. C’est ainsi qu’en octobre 2013, soit trois ans après leur admission au test de recrutement, ils s’envoleront pour la formation au Mali. Ils sont maintenant au nombre de quatorze à partir. Les six autres candidats se sont désistés. Après trois ans de formation dans les métiers du textile, ils rentrent, les uns avec le Master et les autres avec la Licence en technologie textile. Ils effectuent, pour la plupart, leur projet de fin d’étude à la SOFITEX et à la FILSAH.

Puis en novembre 2016, la plupart de ces nouveaux diplômés ont été placés en position de stage à la SOFITEX. Depuis lors, c’est-à-dire plus de deux ans après, c’est le même statut qu’ils conservent jusqu’aujourd’hui, avec 75.000 FCFA par mois comme frais de stage. Ces jeunes estiment que ces revenus ne leur permettent pas de joindre les deux bouts. En plus, ils ont le sentiment qu’ils ont été abandonnés par l’Etat, car, selon eux, aucune perspective ne se profile à l’horizon quant à leur avenir professionnel.

Contacté, le Directeur général de la SOFItEX et ancien Secrétaire permanent de la filière coton libéralisée, Wilfried Yaméogo, tente de rassurer. Il  soutient qu’ils en sont conscients et affirme que c’est une situation qui va trouver son dénouement dans les mois à venir. «Avec les unités industrielles qui sont sur le point de s’installer, je pense que ce problème sera résolu d’ici-là », a-t-il affirmé.

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Salifou OUEDRAOGO
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