AFFAIRE AFRICA EQUIPMENT CONTRE JOSUE NEGOCE : Josué Negoce attaque Africa Equipement en justice

Dans notre précédente parution, nous faisions cas d’une affaire de vente de 10 camions qui a viré au cauchemar pour l’acheteur. Josué Négoce avait, selon le contrat, versé en acompte, 81 millions FCFA, soit 30%  des 200 millions FCFA correspondant au coût des camions. Ayant renoncé à l’achat parce que les délais se rallongeaient sans qu’il ait ses camions, il a réussi à se faire rembourser 30 millions FCFA. Mais le remboursement des 51 millions FCFA restants s’avère un chemin de croix. Après avoir tout tenté, finalement, c’est le juge qui devra trancher de l’affaire.

Tout était pourtant bien parti, sur la base de la confiance et d’un contrat signé entre les deux hommes d’affaires. Mais hélas ! La société Africa Equipment avec qui Josué Négoce a commandé les camions en Chine a fait comprendre l’impossibilité de rembourser le reste de l’acompte à Josué Négoce. Les deux parties se sont transportées au Service régional de la police judiciaire (SRPJ), communément appelé «commissariat de Wemtenga», afin de pouvoir trouver un terrain d’entente. Malgré tout, aucun geste allant dans le sens de la résolution de ce problème ne sera  trouvé entre les deux patrons de société. 

Les flics du SRPJ auraient tout tenté pour faire rembourser l’argent. Mais rien ! Selon certaines indiscrétions, au commissariat de Wemtenga, «c’était trop fort» pour les flics. En tous les cas, depuis avril 2019 que l’affaire a été exposée au commissariat, rien n’a véritablement bougé. L’enquête aurait pratiquement été « prise en otage ». Par qui ? Et au profit de qui ? Qui  a donc mis le pied sur cette affaire, empêchant toute enquête ?

A en croire l’Avocat de Patrick Monnier, le patron de Africa Equipment  comme il est dit dans le précédent article, cela s’explique par le fait qu’il s’agit d’une affaire commerciale. Ce serait, selon lui, pour cette raison qu’il a requis que le commissariat  se départisse  de l’affaire. Il aura donc réussi un grand coup. La société Africa Equipment est, par la suite, restée sur sa position de non-remboursement en usant d’un autre prétexte selon lequel, le reste de l’acompte aurait été utilisé pour les frais de parking des camions après leur fabrication. De ce fait, il n’est donc plus question de reliquat d’acompte, selon eux.

Face aux explications sans gain de cause et une infructueuse gestion du dossier au commissariat de Wemtenga, Josué Négoce a fini par porter plainte auprès du Procureur du Faso. Il a déposé une plainte contre Patrick Monnier, nous apprend- on.

Des  tournures floues

Une source que nous avons pu avoir confirme également un autre pan de ce que nous écrivions dans le précédent article : la société chinoise aurait encaissé 20% au lieu des 30% versés par Josué Négoce. Comment cela a-t-il pu se passer ? En fouillant encore plus, on découvre que les 20% ont été versés par une société belge à la société de fabrication pour le compte de Africa Equipment. En clair ! Le contrat a été signé entre Josué Négoce et Africa Equipment, suivi du versement des 30% du montant de la commande à Africa  Equipment.

Africa  Equipment à son tour, vire les fonds sur le compte de la société belge DAFRIK. C’est cette société belge DAFRIK qui fera la commande avec l’usine chinoise en ne versant que 20% du montant du contrat. Que de contorsions ! Pourquoi Africa Equipment n’a pas commandé directement les 10 camions avec l’usine chinoise ? Quand on gratte encore plus cette affaire, on découvre bien d’autres curiosités.

Africa Equipment = DAFRIK ? En effet, la société Africa Equipment basée à Ouagadougou a pour gérant, Patrick Monnier. Il se trouve que c’est  également ce dernier qui est le gérant de la société DAFRIK en Belgique. Dans ces deux sociétés, Patrick Monnier partage les actions avec l’homme d’affaire burkinabè, Djibril Kanazoé. En rappel, au moment de la signature du contrat entre Josué Négoce et Africa Equipment, Patrick Monnier a fait comprendre à Josué qu’il devait patienter, le temps qu’un de ses partenaires arrive. C’est ce jour, disions-nous, que Josué a fait la connaissance de Djibril Kanazoé. Si Patrick Monnier a préféré attendre l’arrivée de Djibril Kanazoé, ceci explique cela : ils sont les deux boss de Africa Equipment.

Une autre précision non moins importante est que dans la société belge, DAFRIK, société qui a commandé les camions en Chine pour Africa Equipment, Djibril Kanazoé et Patrick Monnier partagent les actions, avec Djibril Kanazoé comme actionnaire majoritaire à hauteur de 60%, contre 40% pour Patrick Monnier.

Ceci explique donc cela

Au regard de ces connexions entre Patrick  Monnier et Djibril Kanazoé, on  peut alors comprendre pourquoi le sieur Monnier a pratiquement exigé que Josué attende l’arrivée de Djibril  avant les signatures  sur le contrat. On comprend également pourquoi, lors de la convocation de Patrick Monnier au commissariat de Wemtenga, Djibril Kanazoé s’y est rendu, même s’il n’a été autorisé à prendre part aux confrontations, n’étant pas le signataire du contrat. Les affaires de Patrick Monnier étant en danger, celles de Djibril Kanazoé le sont également. Si Djibril Kanazoé a pu également signifier, sans hésitation, à Josué que le reliquat de l’acompte ne sera pas payé, on peut également se faire une idée de son rôle au sein de Africa Equipment.

Cependant, une question reste entièrement sans réponse : pourquoi cette gymnastique pour commander des camions en Chine en passant par une société belge ? Africa Equipment et DAFRIK veulent-elles cacher quelque chose ? Manifestement, il y a des choses qui restent encore floues. Affaire à suivre !

Aimé NABALOUM
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