rock

SITUATION SECURITAIRE ET POLITIQUE AU BURKINA FASO : Les rendez-vous manqués du Président Kaboré avec l’Histoire

L’attaque du détachement militaire de Koutougou (135 km de Djibo) dans la région du Sahel, au petit matin du 19 août  2019, qui a fait 24  morts  dans  les rangs  des forces  armées nationales, a suscité et  continue de  susciter une  vague d’indignations, de réprobations générales et de ressentiments chez presque tous les acteurs  de la vie publique au  Burkina Faso.  L’onde  de  choc a engendré une  montée de  tension dans  les rangs, avec une mutinerie heureusement  circonscrite au Camp Guillaume de Ouagadougou. A l’occasion, l’on  a pu voir  circuler sur les réseaux sociaux, des appels à la sédition, voire au putsch. Cette attaque a, une fois de plus, révélé les graves divergences qui divisent la société burkinabè. Elle traduit cette  incapacité des gouvernants à rassurer mais aussi à incarner l’autorité de l’Etat, la responsabilité et  surtout la légitimité requises en pareilles circonstances pour parler et motiver la troupe et apaiser les angoisses  et les souffrances du peuple. Elle a également révélé la face hideuse de certains Burkinabè qui, au nom de leurs ambitions ou intérêts, se réjouissent des malheurs qui frappent durement leur pays.

Depuis 4 ans maintenant que le pays subit des attaques terroristes, l’on assiste aux  mêmes scénarios. Aux premiers moments, c’est d’abord, l’indignation collective, les déclarations de compassion et autres soutiens aux Forces de défense et de sécurité (FDS) engagées dans cette lutte contre les forces du mal. Ensuite, viennent les accusations et autres invectives. Et puis chacun retourne à ses vieilles habitudes. En 4 ans, plusieurs centaines de Burkinabè sont tombés. La terreur a envahi presque toutes les régions du pays. Des villages entiers ont été désertés par leurs habitants sous la menace terroriste. Des centaines de milliers de citoyens vivent désormais dans des camps de déplacés, chez des hôtes ou  dans des écoles et autres sites temporaires. Plus de 2000 écoles sont fermées, plus d’un demi-million d’enfants voient leur scolarité désormais compromise. Comme nous l’avions écrit dans notre édition N°267 du 1er au 15 août 2019, « il faut craindre que le pire ne soit à venir ». Tout  porte donc à croire que la comptabilité  macabre  est loin  de s’estomper. tant  que les Burkinabè,  du sommet à la  base,  ne  prendront   pas toute la mesure de la situation en s’imposant des attitudes et des comportements en phase avec la nouvelle donne, tous les efforts de lutte contre le phénomène terroriste ne seront jamais à la hauteur des défis.

La responsabilité première incombe aux autorités en place, en l’occurrence au Président Roch Marc Christian Kaboré et à son gouvernement. En tant que chef de l’Etat, il a la responsabilité de mobiliser toutes les énergies, les génies, les hommes et les moyens indispensables pour le combat qui a été imposé au peuple burkinabè. C’est lui qui doit imprimer la cadence de la marche triomphale contre l’ennemi. Il doit trouver les moyens de motiver, mobiliser et engager ses concitoyens, chacun à son niveau de responsabilité et de capacité d’action. En somme, le président du Faso doit pouvoir construire une union sacrée autour de la défense de la patrie face au péril terroriste.

Seulement, peut-on encore compter sur lui pour sortir le pays du risque d’effondrement ? Au vu de ce qui a été donné de voir sur la gouvernance du pays depuis bientôt quatre ans, l’on peut affirmer sans crainte de se tromper que ce pouvoir ne s’est pas encore montré à la hauteur des défis et des exigences. Ni le choix des hommes et des femmes qui animent l’action  publique, ni la vision qui la sous-tend ne rassure pas sur ce plan.

Dans un contexte d’extrême fragilité, on ne peut pas gouverner avec des copains et autres prébendiers qui créent, marquent et défendent leurs « territoires » au sommet de l’Etat, provoquant ainsi des clivages inutilement dangereux  dans la gestion du pouvoir. Au risque de nous répéter, le président du Faso est très mal entouré. Et l’essentiel du pilotage à vue de l’Etat vient de son refus de faire appel à des hommes et des femmes d’honneur, capables de don de soi et d’engagement patriotique sans faille au service du pays. tant qu’il ne s’affranchira pas de ce cercle trop restreint d’incontournables qui touchent à tout sans en avoir ni la science, ni la volonté de réussir des exploits pour le pays, il brillera toujours par  l’inaction ou les réactions décalées des exigences du moment.

Apprendre enfin que la sanction fait partie des obligations du bon chef

En outre, le Président Kaboré doit enfin apprendre à sanctionner les brebis galeuses de sa galaxie. Sa gouvernance en 4 ans est caractérisée par une succession de scandales de gestion, les uns aussi révoltants que les autres. Ces scandales ont fini par convaincre bien des Burkinabè qu’il ne sert à rien de  se battre  pour un pays dont  les dirigeants semblent avoir fait de l’impunité des malversations et autres enrichissements illicites, un pan essentiel de leur  gestion des affaires publiques. Ils ont, certes, tort, mais c’est une attitude humaine compréhensible et même excusable. Pendant que le pays subit de lourdes   pertes  sur  tous  les plans  (humains, économiques, socioculturels, institutionnels), certains acteurs investissent leur génie et leur ardeur dans l’enrichissement personnel à tout prix. 

Le Burkina des affaires continue allègrement d’étouffer, lentement mais sûrement, l’intégrité et l’âme de guerrier qui sommeillent en chaque Burkinabè. Le plus grand mal que Blaise Compaoré a fait au Burkina Faso, rappelons-le, c’est d’avoir patiemment et savamment distillé dans la conscience collective des Burkinabè, la primauté de l’avoir sur l’être, du bien-être individuel sur l’intérêt général. Malheureusement, en lieu et place de la rupture avec l’enrichissement personnel et égoïste comme fondement de l’action humaine, Roch Kaboré semble finalement se résigner à perpétuer cette culture de la prédation et de la course folle  à la fortune par tous les moyens, avec ses conséquences en termes d’injustices sociales et de révoltes tous azimuts.

Avec une telle gouvernance, l’on ne peut pas espérer construire la dynamique nationale indispensable à la restauration de l’ordre  et la discipline sans laquelle aucune œuvre de construction collective n’est possible. Il ne s’agit pas ici de dire que tous les autres politiciens qui s’excitent et critiquent sans concession sont les hommes et les femmes qu’il faut à la place de Roch Kaboré et compagnie. 

Il s’agit surtout d’affirmer que ce pouvoir, par son manque de vision, de projet réel mais surtout de capacité et de volonté d’impulser une nouvelle approche  de l’action publique, ne peut être porteur d’une nouvelle dynamique collective de restauration de l’Etat et de son autorité. Ce pouvoir donne l’impression de reposer tout son espoir et l’avenir de tout un peuple sur la divine providence ou sur des individualités. Malheureusement, une telle option ne peut aboutir à des résultats probants et durables.

Un démenti mortel des sorties trop optimistes des autorités

L’attaque du détachement militaire de Koutougou et les réactions qui s’en sont suivies, y compris la mutinerie au camp Guillaume, illustrent éloquemment la profondeur de la crise de confiance entre les gouvernants et les gouvernés. Elle est intervenue après plusieurs incursions dans plusieurs villages dans les régions du Sahel, du Centre-Nord et du Nord qui ont accru le flux des déplacés internes. Elle est intervenue surtout dans un contexte où se mène une opération militaire de grande envergure (l’opération Ndoofu) qui est censée démanteler les bases terroristes et neutraliser les forces du mal dans les régions du Sahel et du Nord. Enfin, elle est intervenue à un moment où les plus hautes autorités politiques pensaient que les forces armées et les casernes militaires étaient désormais prémunies, ou tout au moins, prêtes à repousser toute attaque.

Mais l’envergure de cette attaque en termes de nombre des assaillants et de puissance de feu rappelle dramatiquement que face à ces groupes terroristes, rien n’est acquis d’avance et qu’il ne faut jamais sous-estimer leurs capacités de nuisance et à se réorganiser. Mieux, elle indique clairement que les forces de défense et de sécurité doivent désormais se préparer psychologiquement et techniquement à toute éventualité et en tout temps. Il va falloir prendre toutes les dispositions pour interdire, par exemple, l’usage des téléphones portables et des réseaux sociaux pendant les périodes de service.

Cette même vigilance est recommandée à tout le peuple. Il ne sert à rien de verser des larmes de crocodile à chaque attaque terroriste, de lancer des souscriptions ou des levées de fonds pour soutenir les FDS. Le contexte exige bien plus de sacrifice que ça. Chaque Burkinabè, à son niveau de responsabilité, peut contribuer en veillant à ne pas poser des actes de nature à encourager ou soutenir les terroristes ou à entraver l’efficacité de l’action des FDS par quelque manière que ce soit. Ce qui a provoqué la colère de certains Burkinabè de bonne foi suite à cette attaque, c’est justement le sentiment quasi partagé qu’elle a surpris aussi bien les soldats que la haute hiérarchie militaire et les autorités politiques, tant dans sa survenue que dans son ampleur. Et ce n’est pas la première fois. Le Premier ministre, Christophe Dabiré, l’avait, du reste, fait remarquer lors de sa dernière sortie médiatique sur la Radiotélévision du Burkina (RTB). En effet, il a affirmé que les attaques terroristes avaient drastiquement baissé et visaient désormais plus les civils et des patrouilles mobiles. Il a été suivi, quelques jours plus tard, par le premier vice-président du parti au pouvoir et ancien ministre de la Sécurité, Clément Sawadogo, pour qui les FDS ont pris le dessus sur les terroristes. L’attaque de Koutougou qui a été suivie d’autres attaques de casernes en l’espace d’une semaine, dément mortellement ces sor- ties trop optimistes qui témoi- gnent de la non-maîtrise de la réalité du terrain par les tenants du pouvoir.

Prendre enfin la mesure réelle de la situation et de ses implications politiques

Certes, le problème du terrorisme n’est pas exclusivement burkinabè. Il sera illusoire, voire démagogique, de faire croire que ce qui arrive au Burkina Faso est la faute exclusive des autorités actuelles. Ce qui leur est reproché, c’est l’impression de tâtonne- ment, d’indécision, de la non- maîtrise des réalités dans leur action contre le terrorisme. Les Burkinabè attendent de leurs gouvernants qu’ils se montrent plus proactifs, plus engagés et plus déterminés, avec des actions de poigne et une volonté clairement affichée  de  doter  les  FDS de moyens humains, techniques et matériels à la hauteur du danger. Ils attendent aussi une célérité dans la prise en charge des blessés et des familles des soldats tombés au  front.  Malheureusement, ils ont le sentiment que ces gouvernants ne font pas assez, pire, qu’ils font preuve d’insouciance et de légèreté dans la gestion de la crise sécuritaire. Surtout quand le président du Faso a, pendant 3 ans, confié les ministères en charge de la défense et de la sécurité à des personnalités qui n’ont ni le profil de l’emploi, encore moins les capacités et la neutralité indispensable à la gestion de ces questions stratégiques dans un contexte d’extrême gravité.

Pire, il a failli à l’impérative réforme des Forces armées nationales, longtemps politisées et déstructurées par  un système politique qui a préféré se doter d’une garde prétorienne au lieu d’une armée républicaine. L’armée héritée du pouvoir Compaoré n’est pas une armée républicaine et combattante. Elle était dirigée par un commandement embourgeoisé et affairiste, tutoyant le luxe et le confort insultant, alors que la grande masse de la troupe  avait  du mal à joindre  les deux bouts, condamnée, pour la  majorité de ses éléments, à rechercher la fortune dans les jeux de hasard ou dans les missions internationales. Autant le pouvoir actuel n’a pas eu le courage et la volonté de réformer l’Administration et la Justice, autant il n’a pas osé la réforme de l’armée. Or, sans cette réforme en profondeur, il serait vain d’espérer renforcer et légitimer le commandement et restaurer l’ordre et la discipline dans les rangs, d’améliorer les conditions de vie et de travail de tous les éléments des FDS. Bien au contraire, l’on risque de n’être pas à la hauteur du défi de l’efficacité dans la lutte contre le terrorisme.

Par ailleurs, la lutte contre le terrorisme n’est pas seulement militaire. L’on pourrait même dire que l’action militaire est le dernier recours quand toutes les autres n’arrivent pas à éviter le crépitement des armes.

La lutte contre le terrorisme est avant tout une bataille de l’éducation, de la vie en société et des renseignements. Elle repose, en première ligne, sur une étroite collaboration des populations avec les pouvoirs publics et les FDS. Malheureusement, cela semble être  le  talon  d’Achille  de  la lutte contre le terrorisme au Burkina Faso. Pour le réussir, il faut créer un climat de confiance et de protection des populations contre d’éventuel- les représailles des groupes terroristes. Or, il y a beaucoup de choses à dire et à déplorer, tant dans l’attitude des autorités, des FDS, des acteurs poli- tiques, de la société civile que des  populations.  Chacun  de ces acteurs ne semble pas reconnaître l’importance de l’action des autres dans la chaîne des efforts contre le terrorisme. Certains, notamment les acteurs politiques, n’hésitent pas à recourir à des raccourcis en pointant la responsabilité de ceux qui sont au pouvoir dans la recrudescence des attaques terroristes.

D’autres en font les responsables exclusifs. En témoigne, entre autres, la sortie précipitée de l’Union pour le progrès et le changement (UPC) aux premières heures de l’attaque de Koutougou, accusant ouvertement le gouvernement d’incompétence et exige sa démission. Mais dès le lendemain, la déclaration du chef de file de l’opposition politique dont le patron n’est autre que le président de l’UPC, a apporté un bémol à cette sortie de route de ce parti.

Comme l’a si bien dit Jean-Baptiste Placca, dans une de sa chronique du 22 juin 2019 sur Radio France  internationale (RFI),  « Ceux qui aspirent à gouverner ne sont pas obligés de mentir à leurs concitoyens juste parce qu’ils n’ont pas la  patience d’attendre la fin d’un mandat  octroyé par leur peuple à leurs adversaires (…) Ceux qui ont la responsabilité des nations devraient en faire toujours plus, et ils n’en feront jamais assez, tant  que demeurera  sur leur  territoire, une seule poche de ce type de calamité. 

Pour autant, un responsable politique vraiment responsable ne devrait pas faire  commerce des souffrances des populations, en suggérant qu’il suffirait de dégager ses adversaires politiques du pouvoir,  pour que se résorbe ce mal, parce que lui aurait pris leur place. »

Certains Burkinabè sont tombés sur la tête. Devenus subitement des parangons de la vertu ou des contestataires indomptables, ils se font le malin plaisir de tout peindre en noir tant que ce n’est pas fait selon leurs désirs ou ceux de leurs mentors peu scrupuleux. Ils sont prêts à manipuler  des sans-emploi sans foi  ni loi  et appâtés par le gain facile pour déverser des insanités sur les réseaux sociaux au prétexte qu’ils veulent le changement.

Il ne suffit pas d’avoir des mauvais dirigeants pour faire une révolution. Il faut avoir des révolutionnaires qui s’assument et portent fièrement leur idéologie et leur projet poli- tique à visage découvert. L’insurrection populaire d’octobre 2014 et la gestion de la suite en est une parfaite  illustration. Finalement, ce sont le MPP et ses dirigeants qui ont su tirer profit de l’absence de pro- jet politique véritable qui sous- tendait la lutte du peuple contre la modification de l’article 37.

Finalement, le gouvernement fait face à plusieurs fronts de combats, rendant le pays pratiquement ingouvernable. Pris entre des revendications sociales qui paralysent presque tous les secteurs de l’administration publique,  des luttes politiques sans concession et la lutte contre le terrorisme, le pouvoir peine véritablement à sortir la tête de l’eau. Résultat : le pays n’est pas gouverné. Il peut s’effondrer à tout moment. Et ce n’est pas alarmiste de l’affirmer.

Il n’y a que le pouvoir et ses tenants et malheureusement, leurs adversaires politiques, qui ne se rendent pas compte de la gravité et de la précarité de la situation. Contrairement à ce que certains pensent, si le pays s’écroule, personne ne s’en sortira indemne. Tous les ambitieux politiques, connus ou non,  qui tirent sur tout ce qui bouge, espérant pouvoir faire tomber ce pouvoir fragile, pourront le regretter amèrement.

L’heure est grave ! Comme dirait Norbert Zongo, « nul ne peut avoir un avenir dans un pays qui n’en a pas ». Certains Burkinabè, de plus en plus nombreux, continuent de rêver d’un avenir personnel sans lien avec celui du pays. Ils n’aiment pas leur pays, pour ne pas dire qu’ils s’en foutent de son avenir. Certains sont même prêts, comme Norbert Zongo l’avait fait remarquer,  «à brûler le pays pour chauffer leur café ». tous les hommes et femmes de bonne foi, tous les patriotes convaincus doivent désormais s’engager dans l’urgence de sauver le Burkina Faso.

Comme nous l’avons toujours écrit, il appartient au président du Faso de prendre les choses en main. C’est lui qui est, de par la Constitution, le garant de l’unité nationale, de la sécurité de tous les Burkinabè et tous ceux qui leur font l’amitié de vivre sur ce territoire des hommes jadis intègres. Il a les moyens légaux de mobiliser toutes les composantes de la société burkinabè à cet effet. Pour y arriver, il doit se donner les moyens de se débarrasser de toute suspicion de calcul politique qui pourrait susciter des réticences des autres.

Dans cette perspective et en lieu et place de la campagne électorale déguisée pour la présidentielle de 2020, le Président Kaboré doit courageusement renoncer au second mandat et consacrer le reste de son mandat actuel à rattraper les rendez-vous manqués avec l’histoire. Sans doute que ses partisans  le poussent à y allez, à ne pas écouter les sirènes des «prophètes de l’apocalypse et des jaloux ».

Le Président Kaboré doit s’élever au-dessus des passions, des ambitions, des peurs et des craintes individuelles des hommes et des femmes qui voient l’avenir en noir sans lui. Sa seule boussole doit être la restauration  de l’Etat de droit et de son autorité, de la paix sociale à travers des réformes en profondeur de l’Administration,  de l’armée, de la  Justice. Il pourrait  ainsi marquer l’histoire dans le bon sens. S’il persiste à briguer  le second mandat  en organisant les élections dans le contexte de fragilité institutionnelle, politique  et sociale actuelle, il est fort à parier qu’il n’enfonce le pays dans une crise structurelle jamais atteinte et qui finira par lui exploser à la face. Ce n’est pas une prophétie du malheur. C’est juste un constat de la courbe de l’évolution de la société burkinabè qui est désormais sur une pente glissante vers le précipice. Savoir s’arrêter à temps est un acte de courage et de lucidité poli- tique, mais surtout une grande marque de la qualité d’homme d’Etat. C’est ce qui a manqué à  Blaise Compaoré. La suite, on la connaît. Un homme prévenu en vaut deux !

Boureima OUEDRAOGO
Ecrit par
Boureima OUEDRAOGO

Lorem ipsum dolor sit amet, consectetur adipiscing elit. Nunc rhoncus sagittis tortor, a posuere tellus cursus suscipit. Pellentesque euismod aliquam lectus vel aliquet.

Voir tous les articles
Ajoutez votre commentaire

Boureima OUEDRAOGO Ecrit par Boureima OUEDRAOGO

Nous suivre sur…