D’où sont venues les images macabres du front ?

L a nouvelle version du Code pénal burkinabè a été validée par le Conseil constitutionnel malgré les appels des organisations professionnelles des médias et des organisations de défense des droits humains. Pour  ces dernières, cette version est une offense à la liberté d’expression, un boulevard pour bâillonner à souhait les hommes de médias quand on le voudra. Soucieux du respect des règles républicaines, les contestataires de cette nouvelle version du Code pénal ont fini par faire avec : les sages ont décidé. Mais ça va faire débat toujours. Cette loi va continuer à diviser le pouvoir et ceux qui y voient une volonté politique déguisée. Au temps fort des débats sur la version révisée, certains ont expliqué que dans un contexte de lutte contre le terrorisme, la diffusion des images du front contribuerait à décourager les hommes en combat. Si l’on estime cela possible, il est bien évident que les journalistes et autres activistes des droits humains ne sont pas encore allés au front en plein combat.

Des journalistes de guerre, le pays n’en a pas encore enregistré des milliers. La nature a malheureusement une hideuse façon de rappeler aux vivants qu’elle tient une trajectoire de laquelle personne ne pourra se dérober ; il n’a pas fallu beaucoup de temps pour que cette nouvelle loi soit mise à l’épreuve et de façon violente. Les journalistes se sont réservés de piper mot à l’opinion comme le pouvoir le voulait, en attendant que celui-ci parle. L’on a suivi toute la cacophonie qui en est née. Et les images ont fini, malgré tout, par atterrir sur les réseaux sociaux. Sans que les activistes des droits humains et les journalistes aient allumé la moindre caméra. Qui les a emmenées là ? Que faire maintenant ? Quand les lois ne reflètent pas les aspirations des populations mais celles des dirigeants, elles finissent par ne plus avoir de valeur. Pensons-y !

Aimé NABALOUM
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