AFFAIRE D’ABUS SEXUELS SUR MINEURES A TAMPOUY : 10 fillettes de 9 et 12 ans victimes d’un prédateur de 56 ans

Au début du mois de mai 2019, une affaire de viol et d’attouchements sexuels sur des fillettes explose dans le quartier Tampouy de Ouagadougou. Le suspect, Chambon Jean Nicolas, s’invitait régulièrement dans les sphères intimes des écolières qu’il happait à travers des cadeaux déguisés. Interpellé au moment où il s’apprêtait à quitter le pays, son jugement est toujours attendu. La procédure judiciaire a pris une autre tournure. Une assistance judiciaire a été décidée au profit des victimes mais elle a encore  besoin de précisions. Inquiets, les parents des victimes craignent que le dossier ne connaisse un sort qui ne permettra pas de connaître la vérité.

La situation a ébranlé tout le quartier Tampouy et suscité l’indignation et la colère légitime des parents d’élèves et des autorités aussi bien municipales qu’éducatives. De tels faits ne sont pas nouveaux au Burkina, mais cette version donne des sueurs froides aux parents et même l’opinion dans son ensemble. Le suspect habitait non loin d’une école et faisait des élèves sa cible privilégiée. «Il nous invitait à visionner des films pornographiques sur son ordinateur dans sa chambre et nous demande si ça «mouille» ; il a «soulevé ma jupe et mis son doigt dans mon sexe», «il a caressé mes fesses et mes seins», «il a mis son sexe dans mon sexe», «il m’a fait sucer son sexe et à sucer pour moi aussi», «il m’a brutalisé et je n’arrivais pas à bien marcher». Quelle horreur !

Ces séquences de scènes infernales, naïvement décrites par des mineures, élèves de l’école primaire, se sont réalisées à Tampouy, dans la maison de Chambon Jean Nicolas, un expatrié âgé de 56 ans. Ce dernier, sous le couvert de travail de caricaturiste, accueillait dans sa maison, de nombreuses fillettes âgées de 09 ans, 11 ans, 12 ans et venant d’établissements scolaires divers du quartier. Une fois chez lui, elles étaient «flattées» par des chawarma, pizza, merguez, saucissons et autres friandises qui étaient mises à contribution pour abuser d’elles. Aussi, pour pouvoir tranquillement assouvir ses appétits sexuels, cet homme n’hésitait pas à proposer des sommes d’argent pour acheter le silence de ces victimes quand celles-ci esquissaient des intentions de dénonciation.

Pour le moment, 10 victimes identifiées ont accepté de rompre le silence. Sinon, à ce qu’on dit, elles sont nombreuses à être tombées dans les filets de ce prédateur. Mais certaines familles ont préféré tuer la souffrance de leurs enfants dans le secret.

Les dégâts sur les enfants sont énormes.

Au regard de ce qu’ils ont découvert, certains parents ont pris leur courage pour faire des tests de certaines maladies. Sans que nous ayons pu avoir la confirmation avec des parents d’élèves, l’une des victimes aurait eu une grossesse. Retirée de l’école, elle a été envoyée dans une autre ville où se trouveraient des parents à elle. Il reste encore difficile de savoir l’ampleur réelle de ces abus sexuels sur les fillettes, mais une chose est certaine, elles en seront marquées à vie.

Toujours est-il que le directeur de l’école dont sont issues les filles, avec l’accompagnement des parents de victimes, va déposer une plainte à la Brigade de gendarmerie de Sigh-Noghin, dans l’arrondissement 3 de Ouagadougou. C’est d’ailleurs cette plainte qui a permis de mettre très vite la main sur le nommé Chambon, car ce dernier s’apprêtait à quitter le pays, la nuit du jour même où la plainte a été initiée. Une procédure en flagrant délit est engagée contre lui pour viol et attouchements sexuels sur mineures.

Le procès, initialement prévu pour se tenir le 08 septembre 2019, a été ramené au 15 octobre 2019, puis finalement reprogrammé le 22 octobre 2019. Ce jour-là, le procès s’est tenu à huis clos, uniquement en présence des parents des victimes. Après les débats et au vu de la gravité des faits qui ont été requalifiés de crimes, la Chambre correctionnelle du Tribunal de Grande instance de Ouagadougou s’est déclarée incompétente pour connaître de cette affaire. Depuis cette date, c’est le silence. Les parents des fillettes ne voient rien venir. Ils avaient obtenu une assistance du Fonds d’assistance judiciaire et un Avocat devait les assister au procès.

Mais, selon eux, leur Avocat doit les avoir abandonnés ou oubliés et ne décroche plus les appels téléphoniques. Joint par nos soins, l’Avocat explique que l’affaire étant requalifiée de crime, il y a nécessité de passer par une instruction. Pour ce faire, le sieur Chambon a été mis sous mandat de dépôt et séjourne actuellement à la Maison d’arrêt  et de correction de Ouagadougou (MACO). Il a même été mis en examen. Une source au sein de la MACO confirme que l’intéressé y est détenu effectivement. Cependant, certains paramètres de l’assistance judiciaire devraient être précisés, car l’Avocat avait reçu mandat de défendre les victimes lors du procès en flagrant délit. L’affaire ayant pris une autre tournure, il sied que les responsables du Fonds d’assistance judiciaire, à nouveau, confirment la présence de cet Avocat aux côtés des filles.

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Un  employé et l’épouse Chambon, les deux boîtes noires de  l’affaire

C’est à la faveur d’accusations farfelues d’un employé de Chambon  Jean Nicolas contre les enfants que ces pratiques obscènes de ce dernier ont été découvertes par le directeur de l’école.  Dès que l’employé  a senti que l’affaire  prenait  des tournures pas du tout jolies pour son patron, il aurait voulu négocier un règlement à l’amiable.  Il ne voulait pas que l’af- faire soit portée devant les juridictions,n parce que, dit-il, son patron a un mal de cœur et risque de mourir en prison. Aussi, à ce qu’on dit, l’épouse Chambon aurait été témoin de certai- nes scènes des abus sexuels dont son mari s’est rendu coupa- ble  sur des mineures.  L’un  dans l’autre,  ces deux acteurs devront également répondre. Ils ont des choses à dire.

SZ

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