AFFAIRE LOTISSEMENT ILLEGAL A BOULMIOUGOU : Qui bloque l’enquête de la police judiciaire ?

Dans nos précédentes parutions, nous nous sommes fait l’écho d’une tentative de lotissement à l’arrondissement 8 de Ouagadougou et précisément dans le quartier Nonghin, au secteur 35. Il s’agissait d’une opération de morcellement illégal de terrain, opérée par la société immobilière ATTP, en complicité avec certains élus locaux  de l’arrondissement. Nous relevions qu’à Koumdayonré, un autre quartier jouxtant Nonghin, toujours dans l’arrondissement 8 au secteur 35, des pratiques pas claires de la même société immobilière avaient été mises à nu. L’Autorité supérieure de contrôle d’Etat et de Lutte contre la corruption (ASCE-LC) s’est saisi  du dossier.

Des enquêtes avaient été diligentées par le Service régional de la police judiciaire (SRPJ) de Ouagadougou. Des auditions ont eu lieu et le Maire, Kassoum Simporé lui-même, a été entendu sur son implication probable dans cette affaire. Le Conseiller municipal et propriétaire de la société immobilière ATTP, Nikiéma Roger, a été également entendu, gardé à vue puis libéré le lendemain. D’autres Conseillers municipaux ainsi que des complices ont également fait l’objet d’audition dans la même procédure judiciaire. Les choses avaient donc commencé à bouger afin de situer les responsabilités dans ce lotissement clandestin et illégal.

Jusqu’où iront les responsables de ATTP ?

Selon des sources proches du dossier, les enquêteurs de la police judiciaire ont fait leur boulot en menant l’enquête préliminaire à terme. toujours, selon les mêmes sources, des preuves accablantes auraient été réunies. Le dossier serait sur la table du chef du Service régional de la police judiciaire. Depuis, plus rien quant à la suite à donner. Si l’enquête est bouclée, le rapport doit être transmis au Procureur pour la suite du traitement. Mais, visiblement, cela n’a pas encore été fait. Quelqu’un a-t-il mis le pied sur le dossier ou s’agit-il d’une simple lenteur administrative ? Il se susurre même qu’il existe des connexions insoupçonnées entre les présumés fautifs et d’anciens responsables municipaux. Ceci explique-t-il cela ?

Le responsable du Service régional de la police judiciaire confirme que le dossier a bien été traité par ses services mais n’en dira pas plus tant que sa hiérarchie ne lui en aura donné l’autorisation.

Du côté des victimes, cette lenteur dans la suite à donner à l’enquête n’est pas un bon signe. Pendant ce temps, les propriétaires de la société immobilière ne baissent pas les bras. Leur dernière trouvaille a été de rencontrer, à nouveau, les populations en vue de les rassurer, disent-ils, d’un démarrage très futur des travaux de lotissement. L’Autorité supérieure de contrôle d’Etat et de Lutte contre la corruption (ASCE- LC), qui a mené des investigations sur le dossier, est narguée. En panne d’arguments convaincants, des responsables de ATTP estiment pouvoir intimider le Journal Le Reporter. Des descentes sur les locaux du Journal ont été annoncées. Ils ont promis également d’apporter des preuves qui démentent nos articles antérieurs. Mais jusqu’au moment où nous couchions ces lignes, nous attendons toujours. Affaire à suivre !

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Salifou OUEDRAOGO
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