AFFAIRE LOTISSEMENT LITIGIEUX A KIERYAOGHIN (Komsilga) : L’ASCE-LC met la pression sur les acteurs

L’on se rappelle de cette affaire de lotissement à Kieryaoghin dans la Commune rurale de Komsilga, où la société immobilière, la Coopérative burkinabè de l’habitat (CBH), avait eu maille à partir avec les populations de ce village. Une mission d’investigation de l’Autorité supérieure de contrôle d’Etat et de Lutte contre la corruption (ASCE-LC) avait enquêté et produit son rapport. Des recommandations avaient été faites. Mais depuis, elles sont restées lettres mortes. Visiblement, rien n’a bougé depuis 2017. L’ASCE-LC a convié les acteurs pour remettre les choses en scelle. Mais ça traîne.

Au cours d’une réunion pour faire le point et rechercher les solutions avec l’ensemble des acteurs impliqués dans l’affaire du lotissement à Kieryaoghin, l’objectif principal était que le processus de lotissement engagé puisse suivre les règles en la matière. Mais auparavant, les acteurs devraient identifier les blocages afin d’y trouver des solutions pour la poursuite des travaux de lotissement. Et c’est là que le blocus se trouve. La CBH est-elle habilitée à effectuer un lotissement à Kieryaoghin ? Interroge le Maire de la Commune de komsilga. Mais il va plus loin. Il se demande pourquoi le ministère de l’Habitat a pu donner une autorisation à la CBH et pourquoi cette autorisation est d’ailleurs partielle.

Mais curieusement, il met en garde quant à un éventuel dessaisissement de la CBH du dossier de lotissement. Si cela arrivait, selon le Maire, la Commune se désengagerait pour la suite des travaux. Voilà qui bloque sérieusement la suite des travaux, puisque selon les populations, l’opération de CBH a été faussée dès le départ, avec des tentatives d’attribution ou même des attributions de terrain sans concertation avec les populations. Elles se posent en outre la question de savoir si véritablement, la CBH est en droit d’opérer un lotissement dans une localité.

A cette question, les cadres du ministère de l’Habitat expliquent. Pour eux, en principe, une coopérative ne saurait engager un lotissement. S’il advenait qu’elle le fasse, elle le fait uniquement pour ses membres et peut en faire bénéficier aux propriétaires terriens. Mieux, cela ne saurait excéder 52 ha. Pas plus.

Pourtant, le Conseil municipal avait octroyé 225 ha à la CBH. D’où donc la question de la légalité de la présence de la CBH à Kieryaoghin. Cette situation conforte les propriétaires terriens du village sur leur position, puisque la CBH avait installé des bornes sans aucune autorisation. Les positions suffisamment tendues ces derniers temps n’augurent pas une issue dans la quiétude. Cependant, un minimum de consensus se dégagerait entre les acteurs. Il s’agit d’expliquer une fois de plus la situation à l’ensemble de la population de Kieryaoghin afin qu’elles adhèrent, que la
Mairie sollicite une autorisation de lotir la superficie en cause, de signer une convention entre la Mairie et la CBH. Cette convention devrait faire ressortir que la CBH réalise les opérations techniques et la mise en place d’un comité de suivi composé de toutes les parties prenantes.

Depuis 2019 que lesdites recommandations ont été retenues, plus rien ne filtre. C’est toujours le statu quo ! En rappel, la CBH avait réussi, de concert avec certains Conseillers municipaux, à dégager un espace de 225 ha à Kieryaoghin en vue d’une opération de lotissement. Cependant, elle n’aura qu’une autorisation pour 52ha. Par la suite, elle a tenté d’implanter des bornes de délimitation d’espace, mais les conditions dans lesquelles l’occupation de l’espace se déroulait ont inquiété plusieurs personnes à
Komsilga. Elles s’y opposent.

Et voici les problèmes qui sont nés. Les habitants de Kieryaoghin auraient tout fait pour stopper l’occupation de leur espace mais c’était sans compter avec des complices de la CBH au sein du Conseil municipal à l’époque. L’affaire devenait de plus en plus difficile à gérer. Chaque camp se braque. La CBH tient à son espace parce qu’elle y a déjà investi. Les populations ne sont pas d’accord avec cette forme d’occupation et pointent du doigt même des autorités.

Finalement, l’ASCE-LC est saisie. Elle fait conduire une enquête du 14 au 17 mars 2017. Le rapport est sans concession. Non-mise en place d’une structure chargée du recensement des résidents des zones concernées par l’opération, nombre d’agents recenseurs non connu, période de recensement non déterminée, inexistence du coût de l’opération de recensement. Et la liste se poursuit : inexistence de pièces justificatives relatives aux dépenses, inexistence d’état de perception, inexistence de souches de carnet de reçus, les sommes collectées sont restées entre les mains d’un Conseiller, etc. Jusqu’où ira-ton ? Affaire à suivre !

Aimé NABALOUM
Ecrit par
Aimé NABALOUM
Voir tous les articles
Ajoutez votre commentaire

Aimé NABALOUM Ecrit par Aimé NABALOUM

Nous suivre sur…