PAIEMENT DES 75 MILLIONS DES TAXES TNT : Les télévisions privées pleurent

Le Conseil des ministres du 18 septembre 2019 annonçait que les éditeurs privés de services de télévision devraient verser la somme de 75 millions FCFA par an pour s’offrir une couverture télévisuelle nationale et ce, dès le 1er janvier 2020. Cette décision du gouvernement n’a pas été du goût des médias télévisuels qui reprochent au gouvernement un manque de concertation et une non-prise en compte de leurs suggestions. Ils estiment
que les coûts sont exorbitants pour les télévisions privées et vont finir par provoquer des tensions économiques et financières dans leurs entreprises. Pourtant, ils ont leur place dans la promotion du Burkina et de ses valeurs.

Elles ne refusent pas de payer des droits à l’Etat. Cependant, elles ne comprennent pas comment le gouvernement a pu bien les traiter de la sorte. Au départ, des négociations étaient en cours afin de trouver la solution pour le paiement des droits et autres taxes afin de ne pas « tuer » les télévisions privées. Mais leur surprise fut grande de constater que le gouvernement, sans terminer véritablement les discussions, est même passé outre les avis des télévisions privées, en allant jusqu’à fixer le montant de 75 millions FCFA par télévision privée pour avoir accès à la TNT.

Selon l’Union burkinabè des éditeurs de services de télévision (UBESTV), ce ne sont pas les occasions d’interpellation qui ont manqué. Mieux, le chef
du gouvernement lui-même a été interpellé dans une lettre en 2017 afin que les préoccupations des télévisions privées soient prises en compte. Malheureusement, c’est à la surprise générale qu’elles constateront que le montant de 75 millions FCFA a été retenu au lieu de 20 millions FCFA tels que proposés par les télévisions privées. « Nous avons été très surpris, pour ne pas dire abasourdis, par cette information. Nous nous attendions, certes, à payer un montant donné pour accéder au multiplex de la TNT, mais pas à
ce montant », explique l’UBESTV.

Pour l’Union burkinabè des éditeurs de services de télévision, les membres savaient que le comité de pilotage sous le leadership du Premier ministre « a initié plusieurs rencontres en vue de trouver un tarif abordable pour la chaîne. Nous n’avons pas été directement associés à ces rencontres, mais nous avons fait part de nos propositions à notre ministre de tutelle, à savoir le ministre de la Communication. Cette proposition était de 20 millions FCFA par an. Entre ce montant que nous proposions et celui décidé par le comité de pilotage que vous (ndlr : le Premier ministre) présidez, l’écart nous semble abyssal ».

L’UBESTV craint même le pire.

« Avec les tarifs que vous comptez pratiquer, nous craignons que l’on ne fasse courir le risque d’une contre-performance des éditeurs privés de services de télévision, voire leur extinction », estime l’Union. Au regard de la situation bien connue des télévisions privées, l’Union fait des propositions au gouvernement afin que la charge soit plus ou moins supportable. Il s’agit d’un échelonnement du paiement des 75 millions FCFA sur trois années, d’une exonération fiscale de trois ans, de l’apurement diligent des créances publiques dues aux éditeurs privés de télévision, de l’imposition d’un cahier de charges aux médias publics, de la relecture de la clé de répartition de la subvention de l’Etat, du règlement du préjudice subi du fait du retard enregistré dans le lancement de la TNT, d’un dédommagement des chaînes traditionnelles. Affaire à suivre !

Aimé NABALOUM
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