AFFAIRE NORBERT ZONGO: La France doit prendre toutes les mesures pour éviter une fuite de François Compaoré

Le  21  février 2020, le  Premier  ministre français, Edouard Philippe,  a  enfin signé  le  décret d’extradition  de François,  recherché par  la Justice burkinabè pour  son implication présumée dans  l’assassinat de  Norbert Zongo et ses 3 compagnons, le 13  décembre 1998. Ce décret fait suite  à l’avis favorable de la Chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Paris  du 05  décembre 2018. Cette  décision  de la Cour d’appel a été  confirmée par  l’arrêt de  la Chambre criminelle de  la Cour  de  cassation  du  04  juin  2019 rejetant le  pourvoi formé par  ses Avocats. L’étau se resserre progressivement sur François  Compaoré. Les autorités françaises doivent veiller à ce qu’il ne fuie pas la France  pour  échapper à la Justice de  son pays.

L’on commençait à douter de la volonté des autorités françaises à respecter la parole donnée au peuple burkinabè par le Président Emmanuel Macron, lors de son séjour à Ouagadougou le 28 novembre 2017. Il avait affirmé que l’Exécutif Français ne ferait pas obstruction au traitement judiciaire du cas François Compaoré. Mais la Justice a fini sa part du travail depuis le 4 juin 2019, avec la décision de la Cour de cassation. Depuis cette date, il restait le décret d’extradition que devrait signer le Premier ministre. Il a fallu attendre huit mois. Face à cette lenteur de l’Exécutif français, environ 250 journalistes africains participant au Festival international de la liberté d’expression et de presse (FILEP), tenu à Ouagadougou en septembre 2019, avaient lancé un appel aux autorités françaises. Cet appel a été transmis le 13 décembre 2019 à l’Ambassadeur de France au Burkina, qui avait promis que le décret serait signé bientôt. Depuis le 21 février, c’est chose faite. Le décret a été enfin signé. François et ses Avocats ont droit à un recours devant le Conseil d’Etat contre ce décret. Comme il fallait s’y attendre, ils ont annoncé qu’ils feraient usage de ce droit. L’on est donc désormais suspendu à la décision du Conseil d’Etat. S’il est rejeté, François sera immédiatement extradable vers le Burkina, même s’il peut introduire  un ultime recours à la Cour européenne des droits. Mais selon les experts, un tel recours n’est pas suspensif de l’extradition. Tout dépendra de la volonté des autorités françaises.

Mais s’il obtient gain de cause, l’Exécutif français va devoir reprendre le décret en tenant compte des griefs que le Conseil d’Etat formulera. En tous les cas, tous ces recours ne concernent plus le fond du dossier. L’extradition de François Compaoré est actée avec la double décision de la Cour d’appel et de la Cour de cassation. Il reste des questions de forme. Le débat ne se situe donc plus sur la consistance des charges qui pèsent sur lui. L’ex-petit président doit donc venir se défendre devant la Justice sur ces charges. Mais il use, pour l’instant, de tous les moyens légaux pour ne pas répondre au juge.

Cependant, il faut craindre que s’il épuise ces moyens légaux, il n’use d’autres voies pour échapper à la Justice. La signature du décret est donc une nouvelle avancée dans cette affaire Norbert Zongo qu’il faut saluer à sa juste valeur. Toutefois, il n’est pas superflu, comme l’ont déjà fait certaines organisations, d’interpeller les autorités françaises sur le risque que le suspect François Compaoré ne fuie le territoire français pour échapper à son extradition. Bien de ses compatriotes pensent que si l’occasion lui est donnée, François Compaoré ne la ratera pas.

C’est ce qu’il fait depuis 1998 et il serait surprenant qu’après 22 ans d’impunité, il attende sagement son extradition sans chercher à se barrer. En tous les cas, il est sous la responsabilité des autorités  françaises et si cela arrivait, elles en assumeront l’entière responsabilité.

Nerwatta KAFANDO

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