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AFFAIRE PRIMES DE MERCENAIRES BURKINABE EN COTE D’IVOIRE : Le dossier désormais entre les mains du ministère de la Défense

Dans notre parution du numéro 282 du 15 mars 2020, nous faisions cas d’anciens militaires burkinabè qui, en 2010, avec la crise post-électorale ivoirienne, avaient été sollicités comme «mercenaires». Au nombre de 16, ils avaient été recrutés en fin novembre 2010 pour un contrat de 10.000.000 FCFA par mois. Ce contrat avait été conclu entre les combattants burkinabè et un intermédiaire chargé du recrutement. Nous relations que leur mission qui était d’installer le président ivoirien Alassane Dramane Ouattara au pouvoir avait été atteinte. Mais de retour au bercail, plusieurs années après, ces vétérans broient du noir. Le paiement de leur reliquat n’est toujours pas effectif. Des démarches ont été entreprises par ces derniers. Une rencontre a été tenue avec l’Attaché militaire de l’Ambassade de Côte d’Ivoire au Burkina. Mieux, le ministère de la Défense nationale et des Anciens combattants du Burkina aurait été mis au parfum du mouvement d’humeur de ces anciens combattants. Et jusque-là, aucune autorité n’a encore pris langue avec eux. Ils n’entendent pas rester silencieux.

Ces vétérans, expérimentés et rompus aux maniements des armes, avaient participé activement avec les rebelles ivoiriens à installer au pouvoir, le Président Alassane Dramane Ouattara. Comme nous l’avions souligné, avant leur départ pour la Côte d’Ivoire, un contrat de 10 millions FCFA par mois leur avait été proposé. La mission ayant duré finalement 45 jours. Par conséquent, la somme de 15 millions FCFA devait leur revenir. Mais au décompte final, ils recevront seulement 7 millions FCFA. Le reliquat  est donc de huit millions FCFA.

Rentrés au bercail depuis le 22 mars 2011, ils vont constater amèrement le non-respect du contrat par les autorités ivoiriennes. En effet, plus de huit ans après, c’est la croix et la bannière pour ces vétérans. Difficile de rentrer en possession de leur dû. Pourtant, des démarches ont été entreprises par  ces vétérans avec les responsables impliqués dans la crise. Mais jusque-là, leur problème n’a pas connu de résolution. En effet, dans leurs séries de rencontres, un tête-à-tête a eu lieu entre leur délégation et un responsable de l’Ambassade de Côte d’Ivoire au Burkina. C’était précisément le 24 octobre 2019, dans l’enceinte de l’Ambassade ivoirienne au Burkina.

Selon nos informations, il s’agit de l’Attaché de Défense de l’époque. Lors des échanges, les anciens combattants ont soutenu avoir rappelé à l’Attaché de Défense les raisons de leur présence. Ils ont rappelé à l’hôte du jour le non-règlement par la partie ivoirienne de leur dû estimé à 8 millions FCFA chacun. Toujours selon nos informations, ils auraient menacé de se faire entendre bruyamment si le problème ne trouvait pas de solution. L’Attaché de Défense leur aurait promis d’entrer en contact avec le président ivoirien afin de résoudre le problème. Par la suite, une proposition de 3 millions F CFA aurait été promise à ceux qui ont fait deux missions et 1.500.000 FCFA pour ceux ayant exécuté une seule mission. Cette proposition ne va pas rencontrer l’assentiment des ex-mercenaires. Elle sera refusée par la délégation au prétexte qu’elle est insignifiante par rapport au reliquat.

Les choses commencent à se compliquer. Par la suite, les ex-mercenaires s’entendront dire par l’Ambassade ivoirienne que l’affaire ne serait plus à  leur niveau ; désormais, ils devront s’adresser au ministère de la Sécurité et à l’Etat-Major général des armées du Burkina. Les vétérans décident de prendre langue avec ces différentes institutions pour comprendre. Au ministère de la Défense, on affirme que l’on n’est pas au courant du dossier. Le ministère de la Sécurité semble avoir été mis au parfum du dossier, mais n’en dira pas plus.

Voyant la menace de protestation des vétérans imminente, l’Attaché de Défense de l’Ambassade de Côte d’Ivoire va agir. Il va saisir l’Etat-Major de la Gendarmerie nationale du Burkina pour l’informer de la rencontre tenue par lui avec les «mercenaires burkinabè». L’information sera remontée au sommet de la hiérarchie militaire, apprend-on. En effet, la Gendarmerie nationale, après avoir été informée de la situation par l’Ambassade ivoirienne, a tenu, à son tour, à la mettre officiellement au parfum du ministère de la Défense du Burkina.

Dans une note datant du 27 novembre 2019, adressée au ministère de la Défense nationale et des Anciens combattants, la Gendarmerie nationale rend compte de l’entrevue entre «les mercenaires» et l’Attaché de Défense ivoirien. Dans ladite note, elle explique les faits et demande que le problème soit pris au sérieux et qu’une solution soit trouvée. «Des personnes se présentant comme d’anciens militaires burkinabè sont venues à l’Ambassade de Côte d’Ivoire pour manifester et réclamer des sommes qui leur seraient dues », explique la note de la gendarmerie. «En tout état de cause, il serait souhaitable que des mesures soient envisagées pour éviter que l’ordre soit à nouveau troublé à l’Ambassade de Côte d’Ivoire par ces manifestants», peut-on lire dans la note adressée au ministère de la Défense nationale et des Anciens combattants par la gendarmerie.

Plus de quatre mois après, apparemment, cette note n’a visiblement pas eu d’écho au niveau du ministère de la Défense nationale. De sources sûres, les «anciens mercenaires», remontés, attendent toujours et ne comptent pas laisser tomber leur reliquat.

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Salifou OUEDRAOGO
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