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AFFAIRE SYNDICALISTE CHASSE DE LA MINE D’OR DE HOUNDE : La Direction générale sur les traces iniques des Ressources humaines

Visiblement, au nom de l’ambiance d’intimidation entretenue par l’administration pour imposer un protocole d’accord modifiant substantiellement le droit des travailleurs sur la mine, certains acteurs de cette administration n’ont pas hésité à franchir le Rubicon. Outre les manquements déjà relayés dans nos colonnes, nous avions, récemment, révélé des actes méprisants, posés par le Directeur des Ressources humaines (DRH) adjoint de la mine, Bourahima Moné, à l’encontre du Secrétaire général du SYNTRAGMIH, Kiema Hamadou. Maintenant, c’est la Direction générale qui se fend d’une lettre de mise à pied conservatoire en attendant l’avis de l’Inspection du travail sur le licenciement envisagé. Comment peut-on descendre aussi bas dans le respect de la législation du travail ?

L’on reste songeur face à ce qui se passe actuellement sur la mine d’or de Houndé. Comme nous l’avions déjà révélé dans nos précédentes parutions, le contenu de la rencontre dite d’explication initiée par le DRH adjoint à l’encontre de Kiema Hamadou, Secrétaire général du syndicat des travailleurs de la géologie, des mines et des hydrocarbures (SYNTRAMIGH), a eu au moins le mérite de mettre à nu toute la souffrance de la législation du travail au Burkina Faso sur la mine. Les mots prononcés à l’occasion étaient bien forts et les phrases, dénuées de tout fondement, narguaient allègrement les règles élémentaires sur le droit des travailleurs. A la fin de la rencontre, Kiema Hamadou, écrivions-nous, a été débarrassé de ses matériels de travail et conduit hors des locaux de la mine, sans aucune forme d’explication, encore moins de procédure prescrite par la loi en la matière.

Certains acteurs avaient vite fait d’espérer qu’au nom du respect des principes fondamentaux régissant la protection du travailleur, la Direction générale allait recadrer les agissements, du DRH adjoint et réinsérer Kiema Hamadou. Mais, elle se contentera de suivre la logique du DRH adjoint en chargeant l’infortuné dans une lettre de notification de mise à pied. Insultes à la Direction, mensonge caractérisé, violation des valeurs de l’entreprise, abus de sa fonction de délégué, ce sont là des griefs retenus contre le sieur Kiema. Ce dernier, qui n’a envoyé qu’un message vocal à son collègue travailleur, par ailleurs Secrétaire général d’un autre syndicat sur la mine, se trouve aujourd’hui être traité de tous les péchés d’Israël par l’administration.

Toute chose que la Direction générale va donc accepter difficilement. Pour elle, un délégué syndical ne peut pas transmettre des messages aux employés sans demander l’autorisation de l’employeur. Elle va donc qualifier cela «d’actes de déloyauté qui peuvent avoir un impact négatif considérable pour la mine et pour l’ensemble du personnel». Ainsi, sous le prisme de la rupture de confiance entre l’employé et l’employeur, elle a notifié à l’intéressé une mise à pied conservatoire, en attendant l’autorisation de l’Inspection du travail pour le licencier.

Il faut noter que ce dernier, ayant été chassé de la mine le 14 avril 2020 par le DRH adjoint et ne comprenant pas la situation, convaincu d’un coup monté contre sa personne par le DRH adjoint, s’est vu obligé d’adresser une lettre à la Direction générale pour avoir des explications sur sa situation. Ce sera suite à cette demande que la Direction générale de la mine lui a notifié, le 21 avril, la lettre de mise à pied conservatoire par la poste. Les regards sont désormais tournés vers la Direction régionale du Travail et de la Protection sociale  des  Hauts-Bassins qui, une fois de plus, aura la responsabilité de ramener la société dans le champ de la législation burkinabè.

En attendant, la grève de faim qui avait été décrétée par les travailleurs pour exiger non seulement la réintégration de Kiema et bien d’autres camarades injustement licenciés, mais aussi le départ immédiat du DRH adjoint, a été arrêtée. Selon des sources sur place, l’administration aurait intimidé les travailleurs en menaçant de mettre à la porte ceux qui refuseraient de manger. Mais à ce qui se dit, d’autres actions pourraient être mises en œuvre par les travailleurs. Affaire à suivre !

Simplice ZONGO / Sié KAMBOOU

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