Affaire réseau terroriste de Kilwin: Que devient l’enquête ?

Un présumé recruteur de djihadistes a été abattu très tôt dans la matinée du 23 octobre 2016 à Kilwin, après avoir été traqué toute la nuit. Ils étaient au départ de la traque, un groupe d’au moins quatre personnes, et finalement, c’est un seul qui finira par être rattrapé et abattu lors des échanges de tirs. La suite, on la connait. Un important lot de matériel a été retrouvé dans des domiciles servant de cache aux recruteurs en plus d’une dizaine de personnes, dont des mineurs interpellés au cours de l’opération.

Dans notre parution n°201 du 1er au 14 novembre 2016, nous retracions les péripéties de la fameuse nuit du 22 au 23 octobre 2016 au cours de laquelle a été abattu le présumé terroriste.

Dès les premières heures de la fin de l’opération, au petit matin du 23 octobre 2016, toutes les autorités sécuritaires étaient sur les lieux. Du ministre d’Etat Simon Compaoré au DG de la Police nationale, Lazare Tarpaga, en passant par la police scientifique, les experts en déminage d’explosifs, visiblement, tout le monde avait son mot à dire. Les enquêteurs recevront par la suite, la visite du chef d’Etat-Major général des armées de l’époque, le Général Pingrenoma Zagré. Le parquet était également présent dès le début pour entamer son enquête. Toutes ces personnalités avaient pratiquement reconnu que l’homme abattu était très peu ordinaire et les découvertes avaient convaincu tout le monde que quelque chose se tramait contre le pays.

Mais aujourd’hui, ils sont nombreux à se demander ce que devient l’enquête. Beaucoup s’inquiètent même ; ce d’autant plus que les informations des renseignements généraux devraient conduire l’enquête sur une piste sérieuse à Bobo-Dioulasso. Le DG de la police l’avait dit ce jour-là. Les enquêtes sont menées par plusieurs entités et c’est là que les doutes et les incertitudes de certaines personnes imprégnées du dossier se renforcent. Les enquêtes à l’issue du démantèlement ont été engagées par la police. A ce jour, on dénombre que trois enquêtes sont menées sur la même affaire.

Une première enquête est conduite par le Service régional de police judiciaire (SRPJ) de Ouagadougou, une deuxième par le Commissariat central de police de Ouagadougou (CPO) et la troisième par la Sûreté de l’Etat. Toutes devront rendre les résultats de leurs investigations au Procureur du Faso pour suite à donner. Mais depuis lors, rien ne filtre. Qui coordonne ces trois enquêtes ? Difficile de le dire. Chacune va à son rythme et vers où elle veut. Ne vont-elles pas se marcher dessus ? En tout cas, il y a fort à craindre pour ces enquêtes qui risquent de s’entremêler et de rester sans suite. Pour certains, communiquer sur la question n’est pas une préoccupation pour l’heure, semble-t-il, afin de ne pas apeurer les populations. Seulement, l’enquête elle-même piétine. Quatre mois après, rien ne filtre et aucune information n’est donnée. A-t-on besoin d’autant de temps pour mener une enquête et aboutir aux premières conclusions dans une affaire où les preuves sont à portée de main ? Quelque chose ne va pas !

Aimé NABALOUM

Avatar
Ecrit par
Le Reporter
Voir tous les articles
Ajoutez votre commentaire

Avatar Ecrit par Le Reporter

Nous suivre sur…