Mal gouvernance dans certains ministères: le PM est-il sous-informé ou fait-il exprès ?

L’actualité économique nationale est marquée ces derniers temps par des affaires lugubres caractérisant le secteur des marchés publics. Les cas de malversations sont de plus en plus récurrents et la grogne monte en sourdine. L’affaire des pots de vin au MINEFID, dans le marché dit de Samsung, des diplômes sécurisés au MENA, le marché des 15 milliards au ministère en charge des transports, sont, entre autres, les cas plus en vue. Depuis des semaines, les agents du ministère en charge des infrastructures ne contiennent plus leur agacement. Ils manifestent ouvertement leur désapprobation de la gestion jugée scandaleuse qui est faite de cet important département ministériel.

Les problèmes soulevés par ces agents, preuves émanant de documents administratifs officiels à l’appui, sont assez graves et suffisamment interpellateurs. Curieusement, interpellé sur la question au cours d’un entretien accordé à la télévision Burkina Info, le Premier ministre semble banaliser la situation. A l’écouter, il ne s’agit que de simples dénonciations et il n’y a pas eu de poursuites judiciaires, donc il n’y a pas lieu de s’en inquiéter outre mesure. C’est à se demander si le Premier ministre mesure réellement la portée de ses propos. Que veut le Premier ministre avant de prendre cette situation au sérieux. Les preuves que les agents du ministère ont rendues publiques ne sont-elles pas assez suffisantes pour qu’on se préoccupe de cette situation ? Ailleurs, de telles preuves n’auraient-elles pas suffi pour que des gens démissionnent de leur poste ou que des sanctions soient prises? Quel signal veut-on envoyer à travers pareils comportements ? Quel changement véritable veut-on opérer avec une telle complaisance au sommet  de l’Etat ? Parlant de l’affaire des pots de vin, le PM semble dire qu’il attend toujours le rapport de l’ASCE-LC pour décider de la suite à donner à ce dossier. Pourtant, du côté de l’ASCE-LC, comme écrit dans l’une de nos précédentes éditions, on dit avoir déjà fourni au gouvernement, un rapport d’étape suffisant pour décider que la suite des enquêtes ne donnera pas lieu à un rapport destiné au gouvernement mais au parquet. Du reste, pour une enquête sur des faits de corruption, l’ASCE-LC elle-même ne saurait présager du temps que cela pourrait prendre. Si fait qu’attendre un tel rapport pour décider au niveau administratif est tout simplement impensable.

BYL

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