AFFAIRE SOCIETE DE SECURITE PRIVEE WEND-PAANGA : Et pourtant, les problèmes demeurent entiers

Dans notre parution numéro 283 du 1er avril 2020, nous évoquions les traitements de misère que subissent les travailleurs de la société  de sécurité Wend-Paanga. Ils dénoncent une sécurité sociale de façade, des salaires de misère et des coupures intempestives dont ils sont victimes. Nous avions tenté d’avoir la version des premiers responsables de la société, sans succès. Ce n’est qu’après parution que le Directeur général de la société a cru bon d’apporter un droit de réponse. Pourtant, le problème demeure entier.

Les traitements subis par les travailleurs de cette société de gardiennage sont de nature inacceptables. Las de subir les micmacs de la Direction et les comportements qui portent atteinte à leur travail et à leur dignité, ils n’ont pas manqué de rendre leur situation publique. L’épineuse question à laquelle font face les travailleurs demeure celle de l’assurance maladie. Dans notre premier article, nous en faisions cas. En effet, nous soutenions qu’à l’arrivée du nouveau Directeur général, un nouveau barème de l’assurance maladie des travailleurs et de leurs familles qui donne les nouveaux montants des soins pris en charge avait été proposé aux travailleurs. Ce nouveau barème entérinait une diminution drastique des montants alloués à plusieurs soins.

Dans sa version des faits, le Directeur général crie au scandale et dément ce qu’il considère comme des accusations contre sa société. Tout de même, la préoccupation demeure. A propos de cette assurance maladie des travailleurs de la société, et pour le Directeur général, il s’agit d’un bilan général sur la consommation annuelle qui a été fait préalablement par l’assureur avant d’être transmis par la suite à la Direction générale. Il ajoute que c’est sur cette base de consommation annuelle qu’un nouveau contrat de prise en charge était proposé aux travailleurs.

Mais, une chose reste incompréhensible: c’est le contenu du nouveau contrat d’assurance maladie que l’actuel directeur avait proposé aux travailleurs et rejeté par ceux-ci. Pourquoi ? En effet, le document intitulé «barème des prestations», qui faisait allusion au nouveau contrat d’assurance maladie dont nous avons pu obtenir copie, donne les nouvelles prestations concernées ainsi que les nouveaux montants des soins pris en charge. Dans ce nouveau barème, environ dix prestations de soins qui étaient prises en charge et beaucoup sollicitées par les travailleurs dans l’ancien contrat ont été supprimées.

Pire, certains montants ont été réduits jusqu’à la moitié. Par exemple, les frais de prise en charge liés à l’accouchement des épouses des travailleurs ont connu des diminutions drastiques. En effet, la prise en charge de l’accouchement par voie normale, qui était fixée à 350 000 FCFA dans l’ancien barème, est à 100 000 FCFA dans le nouveau. Celle de l’accouchement par césarienne a subi le même sort.

Ces changements au niveau de l’assurance maladie voulus par le Directeur général ont-ils tenu compte de la consommation annuelle des travailleurs ? Difficile de s’en convaincre. En tous les cas, après la protestation vigoureuse des travailleurs, le nouveau barème a été immédiatement retiré par la Direction et remplacé par l’ancien barème.

Un autre fait curieux que les travailleurs disent ne pas comprendre, c’est le choix de la banque, imposé à certains travailleurs par la société en cas de prêt bancaire. En effet, la Direction générale aurait obligé certains travailleurs à s’affilier à une banque de la place. Curieux ! Les travailleurs affirment ne pas comprendre également le taux d’intérêt de 12% appliqué par la banque sur les différents prêts qui leur sont accordés.

En rappel, le Directeur général était bien partant pour un rendez-vous le 13 mars 2020, afin de s’expliquer. Entretemps, il se rétracte. Il a donc été convenu que le DG Nicolas Tondé fasse une nouvelle proposition de rendez-vous. Mais il ne l’a jamais fait! Les appels et les messages n’ont pas eu de réponse. Attendait-il la publication de l’article pour se prononcer ? Pensait- il en empêcher la publication en faisant traîner un hypothétique rendez-vous ? Affaire à suivre !

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Salifou OUEDRAOGO
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