MONDE DES AFFAIRES : Une nouvelle Chambre de commerce vient de voir le jour

Il se susurrait depuis quelques temps que le monde des affaires pourrait connaitre un chamboulement majeur. Mais il était difficile de savoir exactement ce que cela pouvait bien signifier. En effet, nous apprenons que des acteurs du monde des affaires burkinabè, des leaders économiques, ont mis sur pied une association dénommée «Chambre de commerce et  d’industrie du Burkina Faso», en abrégé CCI-BF. Sans nul  doute, cette nouvelle structure va bousculer des assises vieilles de plusieurs décennies et même d’avant les indépendances. C’est une véritable onde de choc dans le milieu des affaires, une bombe lancée dont les initiateurs semblent avoir la pleine conscience et entendent mener jusqu’à terme l’ambition.

L’information n’est plus une rumeur. C’est acté ! La déclaration d’existence de l’association «Chambre de commerce et d’industrie du Burkina Faso (CCI-BF)» a été faite le 28 avril  2020 auprès des services habilités. C’est à la suite d’une Assemblée générale tenue le 25 avril 2020 à Ouagadougou, qu’un groupe d’hommes d’affaires a porté sur les fonts baptismaux cette nouvelle structure. Selon des documents officiels que nous avons pu consulter, les objectifs de cette structure sont suffisamment clairs : être la structure représentative et défenseur des intérêts économiques et de services des Burkinabè. Il s’agira alors pour cette Chambre «d’assumer son rôle institutionnel de représentation et de défense des intérêts généraux du commerce, de l’industrie et des services du Burkina Faso», peut-on lire dans les textes fondateurs. La raison est d’ailleurs toute simple,  selon eux : il y a un vide juridique.

C’est ainsi que, «conscients du vide juridique institutionnel inacceptable qui prévaut au Burkina Faso en matière de défense, de consultation, d’administration et de représentativité des intérêts généraux du commerce, de l’industrie et des services, auprès des pouvoirs publics burkinabè et étrangers et des institutions financières, communautaires nationales  et internationales» que la nouvelle Chambre de commerce est née.

Par  ailleurs, les textes fondateurs de la structure stipulent, après analyse, que le Burkina Faso ne dispose pas officiellement de sa propre Chambre de commerce. La structure existante ne serait rien d’autre, selon eux, qu’une Chambre consulaire héritée de la colonisation et qui demeure un outil colonial qui ne sert que les intérêts des acteurs non nationaux. Mieux, expliquent ces «pionniers de la vraie Chambre de commerce», la  base légale ne repose nullement sur la Constitution burkinabè, mais plutôt sur un Arrêté du gouvernement général de l’Afrique occidentale française (AOF). La structure qui date de 1948 est-elle légale ? Légitime ?

Pour sûr, les précurseurs de la nouvelle Chambre de commerce fondent leurs arguments sur le fait que l’Assemblée consulaire déjà existante «tire manifestement, la source de son pouvoir institutionnel dans la branche coloniale du Droit règlementaire français, à savoir l’Arrêté n°2682/SEC/3 du 11 juin 1948, adopté par le gouvernement général de l’Afrique occidentale française (A.O.F). D’où la question, où se trouve la référence à la Constitution burkinabè ? Pour l’instant, les initiateurs connus sont le président Ferdinand Ouédraogo, le Secrétaire général Martin Sawadogo et le trésorier national, Binjamin Balima. Nous y reviendrons !

Aimé NABALOUM
Ecrit par
Aimé NABALOUM
Voir tous les articles
Ajoutez votre commentaire

Aimé NABALOUM Ecrit par Aimé NABALOUM

Nous suivre sur…