AFFAIRE VEUVE KIEMDE : Ils menacent désormais de tuer leurs contradicteurs!

Manifestement, la tension n’est pas prête de retomber dans l’affaire dite veuve Kiemdé contre sa belle-famille. Dans notre édition N°244 du 15 août dernier, nous revenions pour la nième fois sur cette affaire qui n’a que trop duré dans les couloirs de la Justice et ne finit pas de faire des gorges chaudes. Notre article a visiblement fait monter sur ses grands chevaux le beau-père de la veuve, le vieux Jacques Kiemdé. Celui-là même qui entend faire main-basse sur l’héritage de son défunt fils. Lui et ses hommes promettent désormais d’en découdre autrement avec leurs contradicteurs. Ils menacent d’attenter à la vie de la veuve et de tous ceux qui la soutiennent dans son combat.

Ils n’ont pas tardé pour mettre à exécution leurs menaces. Le samedi 1er septembre dernier, le pire a failli se produire dans l’une des cours litigieuses au quartier Bonheur-ville de Ouagadougou. Il s’agit d’une parcelle que la veuve dit appartenir à son défunt époux et sur laquelle ce dernier avait érigé trois mini-villas de son vivant. Le vieux Jacques Kiemdé revendique la propriété de cette parcelle, ainsi  que bien d’autres, dont il détient les documents quand bien même ceux-ci sont au nom du défunt. C’est ainsi que le vieux Jacques Kiemdé, appuyé de ses autres fils, ont placé des locataires dans les différentes maisons et récoltent les loyers à leur profit, en lieu et place de la veuve et de ses orphelins, qui croupissent dans l’indigence.

Face à cette situation d’injustice, la veuve, appuyée par un des ex- employés de son défunt époux du nom de Nazaire Démé, qui lui est resté loyal depuis lors, est allée voir les locataires de cette cour de Bonheur-ville pour expliquer la situation. Ils proposent aux intéressés soit de leur verser désormais les loyers, soit de libérer les maisons afin que la veuve place des locataires qui accepteront de lui verser le loyer. Les locataires optent de libérer les maisons. La date du 1er septembre est convenue par les deux parties pour la libération des maisons. Ce jour-là, dans l’après-midi, Nazaire Démé, accompagné par une connaissance, se présente sur les lieux. Il doit procéder au changement des serrures des portes après la sortie des occupants. C’est pendant qu’il était occupé à changer les serrures qu’un certain Tégawendé Kiemdé se présente sur place et tente de s’opposer au changement de serrures. Face à la résistance de Nazaire Démé et son accompagnant, il devient très furieux et s’en prend violemment à son vis-à-vis. Une rude bagarre déclenche sur place. Tégawendé Kiemdé n’hésite pas à se servir d’une pioche qu’il est allé chercher dans une cour voisine, pour vouloir en finir avec son adversaire. La lutte sera rude et Tégawendé, visiblement moins fort, ne parviendra pas à  ses fins.  Toutefois, Nazaire Démé s’en sortira avec des blessures, notamment au bras.

Jacques Kiemdé  dans tous ses états !

Il est allé déposer plainte au commissariat de police de Baskuy, dès le lundi 3 septembre. La police lui remet une convocation à remettre à  son agresseur, pour qu’il se présente au commissariat le lendemain. A l’heure indiquée, c’est le vieux Kiemdé Jacques, débarquant illico presto de Koudougou où il réside, qui se présente au commissariat avec l’agresseur et fait comprendre à la police que c’est lui qui a envoyé son fils Tégawendé Kiemdé d’aller faire ce qu’il a fait. C’est-à-dire, agresser l’autre. Il accuse Nazaire Démé d’être celui-là qui aurait donné du poison à Solange Bouda pour tuer son fils Feu Martin Kiemdé afin de s’emparer de son épouse et ses biens. Des accusations que Nazaire Démé dit comprendre difficilement. Selon lui, il était employé de Feu Martin Kiemdé. A la mort de ce dernier, vu la situation de sa veuve et de ses orphelins, il dit leur rester loyal afin de les aider à faire face aux problèmes qu’ils rencontrent. C’est ainsi, dit-il, qu’il les aide dans leurs courses pour recouvrer ce qui leur revient de droit. Pour cela, il serait rentré sans le vouloir dans le collimateur des contradicteurs de la  veuve qui lui en veulent à mort. Il dit être d’autant plus outré que le jour du décès de Martin Kiemdé, toute sa famille, ses frères y compris, auraient refusé d’approcher son corps. Il dit être celui-là qui a accepté de s’occuper du corps à la morgue. C’est lui qui l’aurait lavé et habillé, pendant que ces propres parents refusaient de s’approcher du corps. Il dit l’avoir fait par reconnaissance et par  loyauté pour son patron, avec qui il dit avoir entretenu de très bonnes relations. «Quelqu’un qui a tué quelqu’un peut-il accepter de faire ça ?» Se demande-t-il pétrifié.

Jusqu’où iront-ils ?

Finalement, l’audition au commissariat ce jour-là se résumera à un véritable «show» du vieux Jacques Kiemdé, particulièrement hystérique ce jour-là dans les locaux de la police. Il se serait présenté avec en main un exemplaire de notre numéro du 15 août. L’exhibant à la face de la police, il soutient que c’est ce journal qui écrirait des choses à son sujet et encouragerait la veuve à lui tenir tête. L’agresseur n’est pas entendu par la police ce jour-là. Après le «show» du vieux, l’officier de police aurait raccompagné les deux compères à la porte et aurait donné rendez-vous à l’agresseur pour le lendemain. Comme s’il était sûr d’une impunité garantie, il ne montre aucun signe de regret par rapport à ce qu’il a commis comme acte. Bien au contraire, il continue de proférer des menaces à son vis- à-vis à qui il aurait dit que «c’est pas fini»  et qu’il se tienne prêt… Il aurait aussi soutenu que c’est la veuve même qu’il recherche et que le jour où il mettra la main sur elle, ce sera fini pour elle. A noter que face à leurs menaces, la pauvre veuve est obligée de vivre dans une certaine clandestinité pour échapper à leur courroux. En  fin de compte, la police aurait enjoint Tégawendé de ne plus  approcher Nazaire Démé. Elle aurait aussi remis à l’infortuné le contact d’un officier de police qu’il devrait alerter en cas de nouvelle velléité de la part de Tégawendé. Le  dossier  suit son cours normal, rassure-t-on du côté de la police de Baskuy.

Contacté, Tégawendé Kiemdé se refuse  tout commentaire sur cette affaire. Il nous a dit qu’il allait se référer au vieux Jacques Kiemdé et nous revenir. Mais jusqu’à ce que nous bouclions ces lignes, nous n’avons plus eu de retour de sa part. Quant au vieux Jacques Kiemdé, joint au téléphone à Koudougou, il maintient que c’est bien lui qui a envoyé Tégawendé et entend toujours défendre ce qu’il considère comme ses biens à lui. Nous y reviendrons.

Y. Ladji BAMA
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Y. Ladji BAMA

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