Au-delà des vœux, quel engagement individuel et collectif pour un monde heureux ?

L’année 2020 aura marqué l’humanité de son empreinte indélébile de successions de heurts et de malheurs. Toute la planète s’est vue contrainte de se barricader et de se masquer face à la pandémie du Coronavirus qui a ôté près de 2 millions de vies. Que d’anonymes et de grandes figures politiques, artistiques, sportives et de l’économie ont été emportés par ce virus. Parti de la Chine, le Coronavirus continue d’inquiéter le monde avec des découvertes régulières de nouvelles variantes plus contagieuses. Autant dire que malgré l’administration des vaccins dans plusieurs pays surtout occidentaux, le monde n’est pas encore à l’abri de dangereuses mutations du Coronavirus.

L’Afrique est incontestablement le continent le moins touché, même si certains pays, notamment, l’Afrique du Sud et le Maghreb, sont durement frappés. L’Organisation mondiale de la santé y avait prédit une hécatombe en 2020. Mais globalement, l’Afrique a fait montre d’une extraordinaire résilience naturelle. En Effet, avec des fortunes diverses et des niveaux d’organisation qui laissent parfois à désirer, la plupart des Etats tentent tant bien que mal de limiter les dégâts. Au Burkina Faso, la gestion de cette pandémie a frôlé parfois la catastrophe, mettant à nu la triste réalité d’un système sanitaire à l’image de la gouvernance globale du pays : le pilotage à vue de l’action publique.

Comme bien d’autres pays africains, le Burkina Faso s’est embarqué dans cette urgence mondiale de Covid-19 qui n’est pas forcément sa plus grande
priorité, même dans le domaine sanitaire. D’autres maladies continuent de
tuer beaucoup plus que la Covid-19 mais ne bénéficient malheureusement
pas de la même mobilisation et du même engagement des pouvoirs publics. En outre, le terrorisme continue de frapper le pays de plein fouet, faisant plus d’un millier de morts en 5 ans et plus d’un million de déplacés internes. Ces deux fléaux (la pandémie du Coronavirus et le terrorisme) ont naturellement plombé l’économie nationale. Bien des secteurs en portent les stigmates.

Enfin, l’année 2020 a été marquée au pays des Hommes intègres par un processus électoral laborieux dont l’issue a laissé planer de sérieux doutes sur sa crédibilité et sa transparence. Fort heureusement, ce processus a permis, malgré tout, d’éviter un vide institutionnel et de remettre la classe politique face à ses propres réalités.

Après une telle année de remise en cause de bien des certitudes, de craintes permanentes du chaos, bien des Africains, en général, et des Burkinabè, en particulier, font toujours preuve de résilience qui maintient l’espoir. Ils sont
entrés dans la nouvelle année 2021 avec des craintes, certes, mais beaucoup d’espoirs aussi. D’abord, l’espoir d’en finir avec ce virus qui rend malades tous les secteurs de la vie humaine. Ensuite, l’espoir de voir émerger un monde plus conscient de ses vulnérabilités et de l’impérieuse nécessité d’une solidarité internationale véritable. L’espoir aussi de voir le monde entier reconnaître la résilience de l’Afrique et de ses peuples là où les systèmes sanitaires des puissances mondiales se sont écroulés. Mais c’est
surtout l’espoir de voir la gouvernance de nos pays changer radicalement
pour enclencher une réelle amélioration continue des conditions de vie des
populations.

Au Burkina Faso, l’année 2021 marque l’entame du deuxième mandat du Président Kaboré, après sa réélection en fin 2020. Les Burkinabè espèrent que ce dernier quinquennat verra l’Exécutif mouiller véritablement le maillot sur les chantiers du développement, de la bonne gouvernance et de
la mobilisation de tous les acteurs, toutes catégories confondues dans la construction de l’édifice commun. Mais tout le monde devra jouer sa partition. Au-delà des vœux, chacune et chacun devraient s’investir à son plus petit niveau pour rompre avec la facilité qui consiste à ne voir le changement que chez les autres, notamment, les gouvernants.

Le changement ne s’opérera réellement que lorsque les citoyens prendront conscience de leurs rôles et responsabilités dans la gestion des affaires de l’Etat, la moralisation de la vie publique, le refus de la courte échelle, etc. Pour construire un monde plus heureux, il faut rêver au-delà de son confort personnel, pour prendre en compte la contribution que l’on peut apporter individuellement et collectivement à l’édification d’une société de paix et de progrès. C’est à cet engagement que nous invitons les Burkinabè et les Africains.

En ce début d’année, nous voudrions donc souhaiter une bonne et heureuse
année 2021 à tous nos lecteurs, à tous les Burkinabè, à tous les Africains, aux peuples du monde entier. Nous formulons à l’endroit de tous les vœux de santé, de succès et de plus d’engagement pour un monde plus juste et plus heureux.

Boureima OUEDRAOGO
Ecrit par
Boureima OUEDRAOGO

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