Ayons peur des Burkinabè qui souffrent !

Des Burkinabè fuient les atrocités du terrorisme après que des autorités de ce pays,à un certain moment, ont flirté avec des chefs terroristes. Des Burkinabè ont faim et auront faim parce que la saison n’a pas été bonne ou qu’ils n’ont pas cultivé. Des champs ont été vendus à d’avides promoteurs immobiliers pour avoir de l’argent «frais». Des Burkinabè consomment en masse des produits alimentaires impropres parce qu’il y a eu, sur une route, le laxisme ou la corruption dans le contrôle des importations et parce que certains de leurs compatriotes veulent s’enrichir à tout prix. Ces Burkinabè-
là souffrent.

Des Burkinabè n’arrivent pas à avoir une éducation de qualité parce que des enseignants mécontents de leur traitement par leur ministère sont en grève. Des Burkinabè n’ont pas les soins de santé adéquats parce que les agents de santé sont en grève. Ces derniers sont en grève parce que leurs conditions de vie et de travail ne favorisent pas leur meilleur rendement et que le gouvernement n’écoute pas leurs doléances.

La grande masse silencieuse de Burkinabè souffre dans leur chair. Mais cela n’émeut personne. Ils souffrent et chacun ne voit que son intérêt personnel et individuel. Norbert Zongo l’avait dit : «Il y aura un moment où dire qu’un Burkinabè souffre, c’est normal. C’est comme si je dis, je bois de l’eau». et nous y voilà ! Nous y sommes. Le constat est là. Patent ! Les
Burkinabè souffrent et c’est normal ! et là, il faut avoir peur. Il faut avoir peur de ces Burkinabè qui souffrent, car ils risquent, à un certain moment, de ne plus souffrir. Quand ils vont décider de ne plus souffrir, ceux qui pillent, fraudent, s’enrichissent sur le dos des pauvres petites gens vont payer cash le prix de leur compromission, de leur gourmandise et de leur mépris d’hier !

Malheureusement, ils ne seront pas les seuls à payer. Nous allons tous payer si on les laisse continuer. «Ce ne sont pas ceux qui font le mal qui rendent le mal insupportable, mais ceux qui regardent et laissent faire». Disait einstein. Et Norbert Zongo d’ajouter que «le pire n’est pas la méchanceté des gens mauvais, mais c’est le silence des gens bien».

Aimé NABALOUM
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