argent cfa

BOBO-DIOULASSO : Un militaire accusé d’avoir volé plus d’un million FCFA de son voisin

L’on aurait cru à une de ces affaires de cours communes dans les quartiers, ces bagarres à la limite ordinaires. Malheureusement, ce n’est pas de cela qu’il s’agit mais d’une vraie bagarre entre deux anciens «bons voisins». Ils habitaient tous dans la même cour au quartier Sarfalao de Bobo-Dioulasso. Puis un jour, l’un remarque l’absence de sa carte bancaire dans sa chambre et des mouvements sur son compte bancaire. Pas la peine de chercher loin : c’est son voisin, détenteur du double de la clé de sa maison. Il l’accuse mais celui-ci ne va pas se laisser faire. L’affaire est en Justice.

Ils étaient de bons voisins habitant la même cour à Sarfalao, un quartier de
Bobo-Dioulasso. L’un est militaire travaillant au camp Ouezzin Coulibaly de Bobo-Dioulasso et l’autre est chauffeur dans une société d’Etat dans la même ville. L’ambiance dans la cour était bien belle du fait de la bonne entente qui régnait entre tous les habitants de cette cour. Du reste, les deux
s‘entendaient très bien. Du fait de la nature des activités des deux, ils étaient régulièrement absents ou revenaient de leur service très tard dans la nuit.

Puisque la confiance sentait comme un parfum de bonheur, ils se fréquentaient ; chacun pouvait entrer chez l’autre sans se faire prier. Et preuve que les deux voisins se faisaient mutuellement confiance, il arrive que le chauffeur B.H. confie les clés de sa maison à son voisin N.B., le militaire, quand il sait qu’il ne reviendra pas le même jour. L’objectif étant que quand il n’est pas là, N.B. assure la sécurité des lieux jusqu’à son retour. Aussi, l’un pourrait vérifier s’il n’y a pas d’intempéries dans la maison de l’autre et vice versa.

Ainsi vivaient-ils, en parfaite symbiose. Comme s’il fallait que tout chamboule, les relations entre les deux hommes vont prendre un grand coup de froid. Mais chacun se défend. La raison ?

Nous étions en janvier 2015. Le chauffeur, un jour, constate que des choses ont bougé dans sa chambre à l’endroit où il dépose sa carte bancaire ainsi
qu’à celui où se trouve le code. Mais, il ne va pas prêter trop d’attention à cela. Il banalise même. Erreur ! Il avait pourtant, pour plus de sécurité, séparé les endroits où étaient gardés la carte et le code. C’est le 27 janvier 2015 qu’il constate que sa carte bancaire avait été frauduleusement soustraite de la chambre. Elle ne se trouvait plus à l’endroit habituel. Mais sa plus grande surprise sera de constater que la somme de 1.800.000 FCFA a été retirée de son compte. Un vrai mystère. Il explique avoir obtenu il y avait peu de temps, un prêt bancaire en vue de s’acheter une parcelle. C’est cette somme qui venait de disparaitre.

L’obtention de son prêt, il dit avoir même mis son voisin dans les secrets. Il alerte la gendarmerie qui promet d’enquêter, sinon elle demande au chauffeur de piéger son voisin afin qu’il soit pris la main dans le sac. L’exercice s’est avéré difficile pour le chauffeur B.H. Parallèlement, il demande son relevé bancaire à l’agence de la banque sur place à Bobo. Le
constat est clair. Au total, neuf retraits par carte ont été faits à hauteur de 200.000 FCFA par retrait. Pendant que l’enquête se menait à la gendarmerie, B.H va constater un autre retrait le 25 avril 2015 d’un montant de 100.000 FCFA cette fois-ci.

Là, voici ce qui se serait passé. Soupçonnant son voisin, il aurait laissé la carte dans la maison pour s’absenter, le temps de voir le comportement de son voisin qui était là. C’est ce laps de temps qu’une autre opération sera effectuée. Il accourt à la maison et constate que son voisin est absent. Les
soupçons se renforcent. Il demande une confrontation avec plusieurs personnes dans la cour. Au cours de cette confrontation, l’un des cohabitants informe qu’il a surpris N.B dans sa maison sans qu’il n’ait
une raison d’y être.

Alors, N.B. s’engage à régler l’affaire à l’amiable en remboursant l’argent de son voisin. Seulement, il refuse de signer la reconnaissance de dette. Finalement, la gendarmerie va entendre le soldat et transférer le dossier au
Parquet. Le soldat N.B. va nier en bloc l’ensemble des accusations. Et affirme n’avoir pris ni la carte, ni le code, encore moins effectuer des opérations. En première instance, le juge a estimé que le soldat n’aurait pas commis ces faits. Pour les juges de première instance donc, N.B. est innocent.

Non content de cette décision, B.H. interjette appel au motif que la décision pèche gravement, dans la mesure où la preuve de la soustraction pouvait être apportée par la banque. Pour lui, il ne comprend pas pourquoi le juge n’a pas requis le témoignage de la banque pour faire ressortir le contenu des vidéos de surveillance. L’affaire est toujours en instance et attend un verdict qui devrait faire savoir la vérité et toute la vérité. Affaire à suivre !

Aimé NABALOUM
Ecrit par
Aimé NABALOUM
Voir tous les articles
Ajoutez votre commentaire

Aimé NABALOUM Ecrit par Aimé NABALOUM

Nous suivre sur…