BRANCHEMENTS ONEA A TOUDOUBWEOGO : Grosse arnaque de plusieurs millions FCFA sur le dos des demandeurs

Il se passe encore des choses bien curieuses dans la gestion du service public de l’Office national de l’eau et de l’assainissement (Onea) hors lotissement. Dans notre édition n°254 du 15 au 31 janvier 2019, nous relevions que des dealers se trouvaient dans les tuyaux de l’Onea. Nous avions décrit des situations d’affairisme dans les zones non loties de Saaba. l’Onea avait même promis d’accentuer le contrôle afin d’extirper de ses tuyaux tous les affairistes. Plus d’une année après, des situations d’affairisme, voire d’escroquerie sont constatées à Toudoubweogo, dans l’arrondissement 4 de Ouagadougou. L’agence E.N.G.A, délégataire du service public de l’Onea, a instauré un système d’arnaque qui lui permet de retenir injustement 5 000 FCFA par ménage dès la phase d’enregistrement. Ce sont des milliers de ménages qui se sont déjà enregistrés à l’agence E.N.G.A. Inutile de dire que ce sont des millions FCFA engloutis sur le dos des demandeurs.

Comme nous l’avions déjà souligné dans nos colonnes, la gestion du service public de l’ONEA est confiée à des entreprises privées dans les zones non loties. L’ONEA offre le précieux liquide à des entreprises qui sont chargées de le redistribuer à travers les bornes fontaines et les branchements particuliers dans les ménages, au tarif appliqué par la nationale de l’eau. Cependant, cette forme de partenariat présente beaucoup d’insuffisances. Nous avons déjà révélé des cas avérés d’affairisme dans les zones non loties de Saaba. En son temps, disions-nous, il fallait débourser plus de 100 000 FCFA au lieu de 30 500 FCFA, pour avoir accès à l’eau. A Toudoubweogo, même si certains témoignages d’habitants font cas de situations similaires, une autre situation préoccupe.

Tout commence par les conditions d’enregistrement des demandeurs de branchements particuliers. Pour bénéficier d’un branchement particulier dans cette partie de Ouagadougou, le demandeur doit d’abord se faire enregistrer à l’agence E.N.G.A. En plus de la copie de la pièce d’identité, il est exigé une somme de 7 000 FCFA à payer séance tenante. Après paiement de ce montant, deux «reçus» de paiement sont délivrés par l’agence. Un premier reçu de type ordinaire, ne comportant aucune mention ni du nom ni du cachet de l’agence qui devrait matérialiser le paiement d’une somme de 2 000 CFA au titre des frais de visite technique. Un deuxième reçu, sinon un papillon, qui n’a pas l’allure d’un reçu, avec le cachet d’une autre entreprise dénommée «plomberie Wend-Panga», enregistre le paiement des 5 000 FCFA comme frais de matériels de raccordement.

C’est à ne rien comprendre. En effet, l’agence a recruté une autre entreprise pour la fourniture du matériel de plomberie ? N’a-t-elle pas la capacité de gérer ce service public ? Pourquoi l’agence a recours à une autre entreprise pour la fourniture du matériel pour les branchements alors que l’ONEA est censé en fournir et que l’entreprise devra facturer le branchement au prix de 30 500 FCFA aux demandeurs ? Selon des témoignages concordants, le montant de 7 000 FCFA représente les frais d’enregistrement. Le demandeur doit aussi verser 30 500 FCFA comme frais de branchement et souvent même plus, s’il souhaite avoir les branchements dans un délai raisonnable. Nous avons tenté de rentrer en contact avec le responsable de l’agence sans succès. Nos appels téléphoniques et nos messages sont restés sans suite.

A l’ONEA, l’on a du mal à comprendre cette situation. Son directeur clientèle, M. Siemdé, se dit surpris par ces conditions. Pour lui, ce qui est connu et accepté, il s’agit de 2 000 FCFA que des entreprises prennent pour les frais de visite de terrain. Qu’une entreprise se mette à récupérer en plus 5 000 FCFA pour du matériel de plomberie, il y a véritablement un problème. Témoigne-t-il. Si l’on croit aux propos du directeur de la clientèle, des enquêtes seront diligentées sur le terrain pour situer les responsabilités dans cette sombre affaire. En attendant, des milliers de demandeurs se sont déjà fait enregistrer sous cette formule.

Ce sont donc des millions FCFA qui entrent ainsi injustement dans les caisses de l’agence. Certains habitants n’hésitent pas à dénoncer la situation. Beaucoup d’ailleurs entendent s’organiser afin de demander le remboursement de cette somme de 5 000 FCFA, injustement perçue par l’agence. Affaire à suivre !

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Simplice Zongo
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