CENTRE DE LECTURE PUBLIQUE ET D’ANIMATION CULTURELLE DE KOMBISSIRI : De forts soupçons de mauvaise gestion

La gestion du Centre de  lecture publique et d’animation culturelle (CLPAC) de Kombissiri ne fait pas l’unanimité. Depuis un certain temps, les personnes en charge de sa gestion sont à couteaux tirés. Le gestionnaire principal est soupçonné d’une gestion quelque peu scabreuse. Qu’en est-il ?

Le CLPAC est mis en place par le ministère de la Culture, confié à la Commune et géré par un personnel bénévole au départ. Ce comité est composé de plusieurs acteurs, dont la Direction provinciale de l’Education nationale et le Conseil municipal, entre autres. Depuis l’année 2017 au moins, les personnes commises à la gestion du CELPAC de Kombissiri sont dans un tiraillement qui en dit long sur sa gouvernance. Le courant passe très peu et c’est peu de dire. Le centre connait des difficultés de plusieurs ordres: administratifs, matériels, communicationnels et financiers. Selon le rapport de 2018 que nous avons pu consulter, le centre connait de nombreuses difficultés. Les gestionnaires du centre étaient au nombre de trois. Le sieur Compaoré Emmanuel qui est là depuis la création du CELPAC comme animateur principal et deux collaborateurs que sont dame Ouédraogo Safietou et Ouédraogo Adama. Ce dernier a pris une disponibilité. Et d’emblée, le rapport en question souligne que Compaoré Emmanuel, par ailleurs animateur principal, a été admis à la retraite en 2017. De ce fait, il était devenu rare sinon absent au service. Du coup, c’est la dame Safietou Ouédraogo qui se fait plus présente au centre, de façon officielle. L’on constate dans le rapport également, que le centre manque de matériel pour mener à bien ses activités. Selon le coordonnateur du CELPAC, Ilboudo Parfait, les chiffres de fréquentation et d’activités  menées par le CELPAC de Kombissiri sont très en deçà par rapport aux autres CELPAC qu’il coordonne. Le CELPAC de Kombissiri serait le dernier de tous les autres centres.

Sur le plan financier, le rapport mentionne des décharges signées par l’animateur principal et il se trouve que ces activités n’auraient pas eu lieu. C’est le cas des fiches  du Fulmolux, par exemple, dit le coordonnateur qui est doté par le ministère. En effet, selon le rapport, «les fournitures de fonctionnement telles que les fiches de livre, pochettes de livre et étiquettes ont été facturées alors qu’elles sont dotées gratuitement par le ministère de la Culture. Interrogé sur cet aspect, le coordonnateur confirme que ce type de matériel fait effectivement partie de la dotation du ministère au profit des bibliothèques. Mais pourquoi les avoir achetés s’ils sont donnés ? Le coordonnateur explique que cela est dû à une rupture de ce type de matériel pour   toutes les bibliothèques. Sur quelle ligne du budget cet achat a-t-il été financé ? Mystère !

Une autre facture d’un établissement commercial de Kombissiri pose problème. En effet, une facture de 140000 FCFA pour des achats d’ouvrages a été jointe au rapport 2018. Pour dame Safietou, les ouvrages en question n’ont pas été achetés. Nous avons tenté de joindre l’établissement Kiemtoré Abdou Rahim et fils  (E.KAR.F) en vain. Les contacts sur les factures ne répondent pas du nom des responsables. Et ce n’est pas tout, pendant qu’il est à la retraite, et sans qu’aucune note ne lui permette de poursuivre comme animateur principal, un retrait de 300.000 FCFA a été fait le 18 mars 2018  à la Direction provinciale du ministère de l’Education nationale. Où est passée cette somme, si les activités n’ont pas été menées au cours de l’année 2018 comme mentionné dans le rapport ?

L’animateur principal refuse de se prononcer sur la  question. «Tout ce que je peux vous dire est que j’ai bâti toute ma jeunesse dans cette bibliothèque, 15 ans de bénévolat sans salaire. Je n’ai jamais eu de problème». Il accuse sa collaboratrice de vouloir saboter le sacrifice de toute une carrière. Il ajoute que sa collaboratrice estime que c’est elle qui devrait être l’animatrice principale, car elle est d’un niveau supérieur. Selon le coordonnateur, Ilboudo Parfait, cette situation ne devrait pourtant pas arriver. Il accuse les problèmes de collaboration entre les deux animateurs, même s’il explique qu’il lui est déjà arrivé lors de visites de supervision, d’absenter les gestionnaires. Mais pour Safietou Ouédraogo, les visites du coordonnateur sont toujours des visites inopinées et les fois où le coordonnateur l’a manquée, elle avait soit un empêchement, soit une autorisation d’absence.

C’est face à cette situation qu’une réunion a été organisée par la Mairie afin de comprendre et d’aplanir les divergences. Les différentes parties se sont expliquées et des suggestions comme la nomination d’un animateur en plus ont été faites. La question de la retraite du sieur Emmanuel a également été évoquée. Là, visiblement,  l’on est à la recherche de stratagèmes afin d’être reconnaissant au gestionnaire pour ses services. La solution n’a pas encore été définitivement trouvée par la Mairie.

Au même moment, une plainte a été déposée à la police par l’animatrice contre le sieur Emmanuel Compaoré. Ce dernier est accusé de menace sur la personne de dame Safietou, de faux et usage de faux. Affaire à suivre !

Aimé NABALOUM
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