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Ces spectacles désolants d’une jeunesse en déperdition.

Ça  recommence ! Plus l’échéance électorale de la présidentielle de 2020 approche, plus l’on assistera à ces spectacles pitoyables qu’offrent des jeunes désœuvrés, plus attirés par l’appât du gain facile que par une offre politique  construite sur un projet d’avenir partagé. Ces dernières semaines déjà, l’on a pu suivre les indignités et le spectacle de désolation d’un groupe de jeunes conduits, dit-on, par un leader, qui prétend avoir démissionné du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) pour rejoindre le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP). Certains d’entre eux sont revenus pour dénoncer des tentatives de manipulation.

Hier, c’étaient des militants  de l’Union pour le progrès et le changement (UPC) ou de l’Alliance pour la démocratie et la  fédération, Rassemblement démocratique africain (ADF/RDA) qui ont rejoint le même parti. Demain, ce sera le tour d’autres partis. Ensuite, l’on aura le  mouvement inverse du CDP vers les autres partis. Les politiciens savent amuser la galerie avec ces scènes-là !

Point n’est donc besoin de s’attarder sur ces jeux d’enfants auxquels se plaisent les politiciens qui n’ont rien à proposer à ces jeunes tenaillés par les dures réalités du quotidien. Ce qui est désolant dans cette tragicomédie, c’est surtout cette incapacité d’une bonne partie de la jeunesse burkinabè à s’assumer et à se battre pour des rêves de lendemains plus enchanteurs pour eux-mêmes et pour leur pays. En effet, certains jeunes se plaisent à jouer les bons petits d’hommes et de femmes sans foi ni loi et pour qui la fin justifie toujours les moyens. Pendant qu’ils envoient leurs progénitures dans les grandes universités en Europe et aux Etats-Unis, ils manipulent les enfants des autres qu’ils exposent comme des trophées. Mais comme l’avait si bien dit le Président Thomas Sankara,  «l’esclave qui n’est pas capable d’assumer sa propre révolte ne mérite pas que l’on s’apitoie sur son sort… seule la lutte libère».

Les jeunes doivent comprendre que si l’engagement politique à leur âge est exaltant, il y a un fil rouge à ne pas franchir. L’action politique doit reposer sur une vision pour la collectivité nationale et son avenir, un souci constant de se bâtir une bonne réputation et une image d’homme et de femme digne de respect et d’admiration. Il faut avoir un minimum de dignité et d’éthique.

A l’approche donc de ces échéances électorales, il n’est pas superflu d’interpeller la jeunesse sur l’impératif de contribuer à changer progressivement les cultures, les approches et les pratiques politiques. L’on ne peut pas continuer à cautionner cette marchandisation de la jeunesse qui, finalement, ne sert qu’à constituer un bétail électoral pour des politiciens peu scrupuleux et incapables de leur proposer une autre façon de voir et de gérer les affaires publiques avec la participation et le contrôle de tous. Le changement commence par une prise de conscience individuelle de la nécessité de rompre avec ce qui se fait et qui ne nous avance nulle part. Ensuite, l’on pourra apprécier sainement les offres et les acteurs qui ont des visions et des propositions se rapprochant des attentes.

L’engagement interviendra, une fois la conviction établie que l’on peut ensemble contribuer à la réalisation de la vision. Il ne s’agit donc pas de se positionner derrière quelqu’un mais bien plus de s’engager pour une cause, une vision, un projet collectif. Si les jeunes prennent conscience de cette exigence, il est fort à parier qu’ils contribueront à changer les pratiques et les cultures politiques dans ce pays. Autrement, ils resteront les jouets de ces politiciens qui n’ont que faire de leur avenir. Vivement donc une génération consciente des défis de son époque et des challenges à relever.

Boureima OUEDRAOGO
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Boureima OUEDRAOGO

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