CHR DE KOUDOUGOU: Un agent de santé suspendu pour rackets

Les rackets dans le secteur de la santé sont régulièrement relayés et dénoncés par des patients et des accompagnants. La semaine dernière, un agent de santé au Centre hospitalier régional (CHR) de Koudougou en a payé les frais. Il s’est rendu coupable de rackets et d’actes médicaux aux antipodes des bonnes pratiques dans le corps. L’affaire bruissait depuis quelques temps. Mais elle n’a pas pu être contenue à l’interne. En conséquence, l’Attaché de santé Sandwidi a été suspendu de ses fonctions. Le Conseil de discipline saisi devrait se prononcer les jours à venir. Mais le dossier risque d’aller plus loin, puisqu’une plainte pourrait être déposée en Justice contre lui.

Corruption dans le secteur de la santé : la maladie incurable des agents
publics. Ainsi titrions-nous dans Le Reporter n°279 du 1er au 14 février 2020, pages 7, 8 et 9. Nous révélions successivement des faits tels que vécus
par des patients, des accompagnants ainsi que les réactions des responsables de services de santé. Le mal est profond. Rackets et corruption
continuent de gangrener aussi bien des agents de santé que les patients. L’Attaché de santé, l’auteur présumé des derniers faits au Centre hospitalier régional de Koudougou, risque de ne pas sortir indemne de ce qui vient de se passer, lui qui est accusé de rackets de patients et d’actes contraires au serment d’Hippocrate.

Attaché de santé au CHR, il vient d’être suspendu de ses fonctions et une procédure disciplinaire est engagée contre lui. En effet, selon les faits, l’agent de santé en question aurait posé des actes qui méritent que le Conseil de discipline soit saisi. Selon un agent de santé à Koudougou, «ce qui est arrivé est un cas malheureux». Le comportement de l’agent n’a laissé personne indifférent. En effet, il aurait reçu une patiente et un diagnostic a été fait. A la suite dudit diagnostic, c’est l’agent de santé qui prescrit qu’une intervention chirurgicale devrait se faire. Là commence la descente aux enfers pour l’agent. Toujours selon nos sources, l’agent aurait pris de l’argent avec la patiente afin de procéder à l’intervention chirurgicale. Ce fait de racket est vite remonté de bouche à oreille jusqu’à la hiérarchie.

Les couloirs commençaient à en faire écho et le climat devenait délétère. Malheureusement, la patiente qui a subi l’intervention chirurgicale assurée par l’Attaché de santé va succomber. Les vraies interrogations commencent à fuser. Comment l’intervention a bien pu se faire ? Qui l’a fait ? Qui en a donné l’ordre à l’Attaché de santé qui serait un aide-chirurgien ? Les choses
commencent à coincer. C’est alors que l’on se rend compte que le diagnostic qui a été posé sur la patiente en question n’était pas le bon. Non content donc d’avoir posé un mauvais diagnostic, assuré une intervention qui a
mal tourné, l’agent a escroqué la famille. L’on ne sait pas pour l’instant à hauteur de combien de francs la famille a été spoliée.

En plus, l’agent n’aurait pas pu accomplir ce forfait tout seul. Selon les
informations, d’autres agents de santé auraient aidé l’intéressé à accomplir ces actes malheureux. Avait-il les qualités et les compétences ? Même si c’est le cas, l’intéressé n’aurait pas eu les autorisations nécessaires de son supérieur pour poser l’acte.

Un coutumier du fait ?

Les sources vont encore plus loin. L’intéressé ne serait pas à son premier forfait. Il avait déjà été épinglé et administrativement, ses supérieurs lui
avaient demandé des lettres d’explication. Le dossier était en cours de traitement puis patatras, le décès de la patiente ranime le feu. « C’est un récidiviste et il est toujours ainsi quand on ne veut pas écouter les conseils ; vous le comprendrez mais ce sera tard », précise une source.

Face à cette situation, les responsables du CHR ont pris des mesures dites conservatoires en suspendant le sieur Sandwidi de ses fonctions. En effet, selon la loi 057 sur la Fonction publique hospitalière en son article 153, «en cas de faute grave commise par un fonctionnaire de la Fonction publique hospitalière, celui-ci est immédiatement suspendu par le premier responsable de l’établissement. Le Conseil de discipline est saisi de l’affaire sans délai et doit se prononcer dans un délai maximum d’un mois.» C’est ce que dit la loi.

Nous apprenons dans ce sens que l’agent a effectivement été suspendu de ses fonctions à compter de la date du 7 décembre 2020. Il lui est interdit toute activité professionnelle au Centre hospitalier régional. Mais il n’y a pas que cela. La suspension de l’incriminé des activités professionnelles est assortie de la suspension également de son mandatement. Le premier responsable du CHR estime que pour l’instant, il lui est difficile d’expliquer comment les choses se sont déroulées. Cependant, il confirme que le Conseil de discipline est saisi du dossier.

Selon les dernières informations, c’est le 18 décembre 2020 que le Conseil de discipline devrait se pencher sur le dossier Sandwidi. Pour autant, l’affaire risque de ne pas rester au stade du Conseil de discipline, puisque selon certaines personnes à Koudougou, bien au parfum de l’affaire, une plainte en Justice pourrait entrer en jeux. Affaire à suivre !

Aimé NABALOUM
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