CITE DE BASSINKO : Qui veut dealer le complexe scolaire ?

Le projet de la Cité de Bassinko, longtemps chanté comme la «ville nouvelle» avec ses logements sociaux de tout standing et d’infrastructures sociales, a du mal manifestement à se concrétiser. Les infrastructures sociales d’intérêt général qui devraient accompagner la construction de ces logements semblent être une chimère. Pire, certains espaces dédiés à ces infrastructures sont en train d’être détournés. Parmi ces espaces, on peut relever celui réservé à un jardin public mais sur lequel est érigée une école maternelle privée.

Dans le plan d’urbanisme de la cité, un espace d’environ 2184 mètres carrés a été réservé pour abriter un jardin d’enfants, c’est-à-dire un centre d’éveil et d’éducation préscolaire. Mais en lieu et place du jardin public, c’est une école maternelle privée du nom de NASS KINDER qui y a été construite en moins de six mois, selon des riverains. Comment et à quel moment ce terrain a-t-il été acquis ? Difficile de le savoir exactement ! A la Mairie de l’arrondissement 8 dont relève la Cité de Bassinko, les responsables municipaux jurent qu’aucun dossier concernant cet espace public, encore moins une maternelle de la Cité de Bassinko n’a transité à leur niveau. Ils disent ignorer tout du «dossier Bassinko». Mais que dit le Centre de gestion des cités (CEGECI) ?

Selon ses responsables, aucune information concernant cet espace qui devrait abriter un jardin public n’a été portée à leur connaissance. Ils soutiennent avoir aperçu des photos de l’école maternelle privée nouvellement construite sur le site, à travers les réseaux sociaux. Si la Mairie et le CEGECI n’ont pas été associés, alors, qui a donc attribué l’espace aux promoteurs de NASS KINDER ?

Qui est NASS KINDER ?

Des résidents de la cité interrogés sont unanimes à soutenir qu’un des ex-cadres du ministère, ancien collaborateur du ministre de l’Urbanisme, et qui vit dans la cité, aurait été aperçu à maintes reprises sur le chantier de construction de cette maternelle. Serait-ce lui le véritable fondateur de la maternelle ou l’attributaire de l’espace public ? Rien ne permet de l’affirmer pour l’instant. Sur une plaque retrouvée sur le chantier, figurent des numéros de téléphone. Pour en savoir davantage, nous avons contacté ces numéros. Une dame au bout du fil confirme être la promotrice mais ne peut rien dire pour l’instant.

Une autre plaque sur le chantier indique que la promotrice a obtenu les autorisations nécessaires de construire auprès du Centre de facilitation  des actes de construire (CEFAC) de la Maison de l’entreprise.

Mais il n’y a pas que l’attribution de ce terrain qui suscite la curiosité à Bassinko. toujours  selon le plan  d’urbanisme, un autre espace à problèmes de 39.007 mètres carrés, soit environ 4 hectares, suscite des convoitises. Il était réservé pour une école secondaire publique, selon le plan. Mais contre toute attente, l’on apprend que cet espace également risque de tomber entre les mains du privé. Au service des domaines, une source explique que le dossier d’attribution de cet espace serait bouclé. La même source précise qu’il y aurait au minimum six demandeurs qui se bousculent sur le terrain. Qui sont ces «fameux demandeurs de cet espace public» destiné à des infrastructures d’intérêt général ? Le CEGECI soutient encore n’être au courant. Qui sont donc ces invisibles qui accaparent les espaces publics de la Cité de Bassinko ?

Du côté de la Direction générale des études et des statistiques sectorielles (DGESS) du ministère de l’Education nationale, le langage est tout autre. On ne nie pas que le ministère dispose d’un espace à Bassinko où il entend construire un collège. Cependant, c’est un «petit» collège d’enseignement secondaire et un préscolaire qui     seront bâtis dans l’espace où est déjà construite l’école primaire. Ce projet est prévu pour être exécuté au cours de cette année  2019, dit-on. Alors, le ministère a-t-il décidé de céder une partie de son terrain ? Comment laisser environ 4 hectares déjà prévus par le plan d’urbanisme pour aller coincer le nouvel établissement secondaire dans un espace assez restreint où est déjà construite une école primaire ? L’espace d’environ  4 hectares serait-il déjà passé aux mains de « puissants demandeurs ? »  Le mystère reste entier !

La Mairie et le CEGECI floués ?

Ces menaces sur les espaces dédiés aux infrastructures socio-éducatives seraient légion à Bassinko, selon les résidents qui assistent, impuissants, et avec amertume, à un accaparement d’espaces publics à des fins privées. En effet, la Cité de Bassinko, dans la zone qui relève du CEGECI, ne possède qu’une seule école primaire. La  plupart des enfants qui habitent les cités voisines, c’est-à-dire les zones investies par les promoteurs immobiliers privés, fréquentent cette unique école primaire publique située dans la zone du CEGECI. Il faut donc parcourir des kilomètres, se retrouver hors du site de Bassinko, afin d’avoir un collège d’enseignement secondaire. En plus, aucune infrastructure socio-éducative publique n’a été construite pour la petite enfance dans cette zone.

Si à l’origine, l’Etat, à travers le ministère de l’Urbanisme, semblait maîtriser tous les contours de son affaire, les réalités sur le terrain sont tout autres. Ce projet comporte des «opportunités d’affaires» qui aiguisent l’appétit de bon nombre de promoteurs      immobiliers.

Certains n’hésitent pas à se ruer sur les espaces réservés. Finalement, le ministre de l’Urbanisme, le CEGECI et les élus locaux sont dépassés par les évènements. Il faut vite reprendre la main et de l’initiative au niveau de l’Etat (ministère de l’Urbanisme) et des élus locaux afin de protéger tous les espaces réservés.

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Salifou OUEDRAOGO
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