CITE DE L’AVENIR DE BENDOGO : Le Maire de l’Arrondissement 10 tient tête à la CNSS

Dans le quartier Bendogo au secteur 43, aux alentours de la rue 28.174, les occupations anarchiques font la loi. Résidents et usagers de la voie se plaignent d’un désordre installé dans leur cité. Le Maire de l’Arrondissement 10, interpellé par un résident et locataire d’une des villas construites par la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), garde un silence assourdissant. Des kiosques installés par le résident, derrière son mur, seront enlevés par la Mairie. Mais ce déguerpissement semble être «ciblé», les autres occupants n’ayant pas été inquiétés. La CNSS, gestionnaire de la cité de l’Avenir, s’est mise dans la danse. Elle demande à son tour au Maire d’assainir l’environnement de la cité. Malgré cette demande insistante de la CNSS, le Maire continue de faire la sourde oreille. Pourquoi ? Seul le Maire en a la réponse.

Poubelles à ciel ouvert, trottoirs et rues encombrés d’étals de commerçants de toutes sortes, nuisances sonores. Ils sont nombreux ces résidents et usagers à se plaindre de ces effets de l’occupation anarchique à la rue 28.174 au secteur 43 de Ouagadougou. Les résidents, visiblement exténués, soulignent avoir interpellé les autorités locales, en vain. Certains accusent le bourgmestre de l’Arrondissement de complaisance avec certains des occupants anarchiques. Ils accusent le Maire de complicité avec ces derniers afin de se constituer une base électorale.

En effet, un locataire d’une villa de la cité de l’Avenir depuis 2002, soutient avoir fait les frais des agissements du Maire de l’Arrondissement 10. Au départ, Barro Karim, le locataire, ayant construit deux kiosques juste derrière son mur, et mis en location en 2015, va assister à l’installation d’autres kiosques par des occupants sans son accord et derrière son mur d’habitation. Il décide d’interpeller ces derniers. Mais ce sera peine perdue. Il prend langue avec le premier responsable de l’Arrondissement, notamment, le Maire.

Un déguerpissement ciblé ?

Dans une correspondance datée du 15 juin 2017, il dénonce des occupations d’espace derrière son mur d’habitation sans son accord et sollicite l’intervention de la Mairie. Mais à cette lettre, le Maire ne répondra pas. Il décide d’envoyer une seconde correspondance le 23 décembre 2018 avec ampliation faite à la Caisse nationale de sécurité sociale, propriétaire et gestionnaire des villas de la cité de l’Avenir. La CNSS va alors réagir. Elle interpelle le Maire et lui demande d’intervenir en vue de restaurer la quiétude dans la cité, à travers une correspondance datée du 18 décembre 2017.

Cette lettre va vraisemblablement provoquer le courroux du Maire. Juste deux mois après l’interpellation de la CNSS, le Maire et ses collaborateurs vont procéder à une visite terrain pour s’enquérir de ces occupations anarchiques dont il est question. La visite terrain aura lieu le 09 février 2018. Mais à la surprise générale, le Maire interpelle, ce jour-là, le  sieur Barro et l’accuse d’occupation illégale d’espace public. Il lui demande verbalement de déguerpir ses deux kiosques.

Curieusement, les autres occupants ne sont pas trop inquiétés. Selon monsieur Barro, il aurait juste demandé aux autres occupants de se rendre à la Mairie pour régulariser leur situation. Pour se conformer, séance tenante, Barro Karim décide de régulariser la situation de ses kiosques, tout comme demandé aux autres occupants. Il introduit une demande d’occupation d’espace public le 15 février 2018. Mais cela ne suffira pas. Le Maire va formaliser l’interpellation verbale faite à Barro. Il lui adresse une correspondance le 23 février 2018 dans laquelle il somme ce dernier de déguerpir ses deux kiosques.

Dans la correspondance, le Maire l’accuse d’avoir installé ses deux kiosques sans une autorisation d’occupation du domaine public. En plus, il l’accuse de rançonner les riverains de la rue 28.174. Chose que l’infortuné réfute catégoriquement. Le Maire va mettre à exécution cette interpellation. Le 20 avril 2018, les deux kiosques de Barro sont démentélés. Selon Barro, le Maire aurait brandi une correspondance de la CNSS comme alibi pour justifier ce déguerpissement. Mais pour Barro, cela ne tient pas la route, car, s’il s’agissait d’un déguerpissement général demandé par la CNSS, les autres occupants devraient également être interpellés. Pourtant, depuis lors, ils poursuivent leurs activités allègrement sans être inquiétés. Barro crie à du deux poids deux mesures de la part du bourgmestre.

Le Maire tient tête à la CNSS

N’ayant pas eu gain de cause de la part du Maire à la suite de sa première correspondance quant à la restauration de la quiétude à la rue 28.174, la CNSS va interpeller à nouveau le Maire. Le 31 mai 2018, elle adresse une
autre correspondance au Maire lui demandant de prendre des dispositions en vue «d’assainir l’environnement des espaces verts et des villas de la cité». Contactée, la Direction du patrimoine de la CNSS confirme qu’elle a
bel et bien envoyé des correspondances au Maire lui demandant de s’impliquer pour instaurer la quiétude à la rue 28.174 de la cité de l’Avenir. Mais jusque-là, rien. Le Maire s’en-tête.

Jusqu’à ce que ces lignes soient tracées, seul Barro Karim est concerné par cette opération de déguerpissement initiée par le Maire Jérémie Sawadogo.
Nous avons contacté, par téléphone, Jérémie Sawadogo, le Maire de l’Arrondissement 10, le 10 avril 2020, pour un entretien. Consentant, il donne rendez-vous pour le mardi 14 avril 2020 à la Mairie. Une fois sur
les lieux, le Maire est absent de son lieu de travail. Nos appels téléphoniques sont restés sans suite ; les messages également sans réponses. Affaire à suivre.

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Salifou OUEDRAOGO
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