COMMUNE DE SAABA : Gorges chaudes autour de la concession d’un espace vert !

Il se passe encore des choses curieuses dans la gestion foncière de la Commune rurale de Saaba. Le Maire Joseph Dipama, chef d’orchestre, s’est une fois de plus invité dans l’actualité. Cette fois, en plus de la mauvaise gestion foncière, c’est à l’école qu’il s’en prend, en ramant à contre-courant de la dynamique de déguerpissement des débits de boisson du milieu scolaire. A travers la signature de la convention de concession d’un espace vert, sur fond de violation flagrante des textes, Joseph Dipama donne l’autorisation à un enseignant, son «ami», d’ouvrir un débit de boisson à proximité des écoles primaires publiques Nioko 1 C et D, en pleine zone d’habitation. Malgré les interpellations des riverains, le Maire fait la sourde oreille. Le concessionnaire a déjà commencé à investir sur le terrain. Des riverains s’activent pour faire barrage au projet. A en croire certains, ils n’entendent pas sacrifier l’éducation de leurs  enfants sur l’autel des intérêts égoïstes de quelques individus visiblement insouciants.

L’espace vert, parcelle 00, lot 37, section 25 Nioko 01/Bargo situé à une cinquantaine de mètres des écoles primaires Nioko 1 C et D, en pleine zone d’habitation, est en passe de devenir un débit de boisson. Ainsi en a décidé le Maire de la Commune rurale de Saaba, joseph Dipama. Par une convention de concession établit et signée en juin 2018, il donne l’autorisation à monsieur Kaboré de l’exploiter à titre de «jardin maquis». Toute chose qui, sans préjudice des conséquences néfastes pour le voisinage, viole gravement le domaine scolaire. A l’analyse, l’on ne peut que se poser  des questions. Pourtant la loi s’est voulue très claire en la matière. Le décret portant protection du domaine scolaire a montré la voie à suivre. Aucun établissement ni aucune activité de nature à porter atteinte à la santé, à l’intégrité morale ou à influencer négativement le développement psychique des apprenants ne peut se tenir à l’intérieur ou dans un rayon de 400 mètres de l’espace scolaire. Et dire qu’au moment où les autorités municipales se battent dans d’autres localités avec difficulté pour faire respecter cette loi par le déguerpissement des débits de boissons déjà installés à proximité des structures éducatives, le Maire de la Commune de Saaba, lui, est en train de ramer dans le sens contraire. Il autorise et encourage l’installation de nouveaux débits de boissons à proximité des écoles dans sa Commune.

C’est avec grande surprise que les riverains de l’espace en question, prévu dans le plan de la zone comme un espace vert, ont constaté la construction, en matériaux définitifs, des installations du futur débit de boisson. Interpellé à plusieurs reprises par les riverains, le Maire ferme les yeux et les oreilles. Pas question de revenir sur cette étonnante décision qui en plus, tord le cou d’autres textes et pas des moindres.

La volonté du  Maire, seul fondement de la convention

Quelles sont les motivations réelles d’une telle convention s’attaquant frontalement au domaine scolaire? Cette question devait pouvoir trouver réponse auprès de Joseph Dipama. Mais hélas. Contacté à plusieurs reprises par le journal Le Reporter pour avoir sa réaction sur la situation, le Maire n’a pas été disponible, jusqu’à ce que nous bouclions ces lignes.

Beaucoup d’autres paramètres de cette concession ne respectent pas les textes. Tous les moyens sont utilisés pour visiblement imposer la volonté du Maire.  On apprend par certaines sources proches du Conseil municipal de Saaba que cette fameuse convention de concession n’a pas fait l’objet de délibération en Conseil municipal. Elle serait prise d’autorité par le Maire. Pourtant la loi n°055-2004/AN du 21 décembre 2004 portant Code général des collectivités territoriales impose que les conventions de toute nature ayant pour objet la prise en location, l’échange d’immeuble ou de droit immobilier doivent être conclues après délibération en Conseil municipal. En outre, le concessionnaire, monsieur Kaboré, est un fonctionnaire de l’Etat, de surcroît instituteur officiant dans l’une des écoles publiques, dont le domaine se trouve ainsi violé. Le Maire a donc confié l’exploitation à but commercial de l‘espace en cause à un fonctionnaire de l’Etat. La loi n° 81-2015/CNT portant statut général de la Fonction publique n’interdit-elle pas à tout fonctionnaire d’exercer des activités commerciales autres que la commercialisation de ses productions littéraires, scientifiques et artistiques ou agro-pastorales? Le Maire ignore-il ce statut du concessionnaire?  Certainement pas. Quant à l’intéressé, approché, il ne semble pas se préoccuper de ce que prévoit la loi relativement à son statut. Il n’y voit que de la jalousie de quelques riverains qui ne voudraient pas le voir prospérer. Selon lui, malgré ses explications  pour se faire comprendre, ces derniers, peu nombreux d’ailleurs, précise-t-il, sont décidés à saboter son projet qui n’est que l’érection d’un lieu paisible, un lieu de repos, un cadre récréatif. Par-dessus tout, il brandit la convention, qui lui confère le droit d’utiliser l’espace à des conditions bien précises et cela ne devrait souffrir d’aucune contestation.

En attendant, les riverains sont plus que jamais déterminés, la tension est très vive en ce moment. Jusqu’où  ira chacun des protagonistes ? Affaire à suivre !

Nerwatta Kafando

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