RECRUTEMENT AU CABINET « LES ASSOCIES » Ça sent la grosse arnaque !

Dans le mois de juin 2018, le cabinet « Les Associés», jusque-là pas très connu du milieu de recrutement burkinabè, se signalait dans deux quotidiens de la place par un avis de recrutement. Il sollicitait des candidatures pour le recrutement du personnel «au profit d’une institution financière de la place». Plusieurs profils objet de recherche sont déclinés à l’occasion. Mais tout semble indiquer que le processus de recrutement souffre énormément de pratiques lugubres et autres bizarreries qui vont amener la plupart des candidats à douter de la sincérité et de la transparence des organisateurs. Pire, à la fin du processus, les résultats n’ont pas été mis à la disposition des candidats. Le cabinet a même disparu des radars. Depuis lors, les candidats ne cessent de multiplier les démarches pour connaître les résultats, mais que du noir. Certains ont  même  saisi la Justice. Ça sent l’arnaque.

En ces temps qui courent, trouver un emploi ressemble bien souvent à un parcours du combattant. Conscient de cette réalité, un cabinet de recrutement de la place  a visiblement profité pour faire voir de toutes les couleurs, des candidats ayant décidé de postuler à un avis de recrutement que le cabinet en question a lancé. Plusieurs profils étaient recherchés. Du standardiste aux cadres d’institution financière. On croirait ainsi à un recrutement complet de personnel, tant tous les profils nécessaires pour le fonctionnement de l’institution financière étaient recherchés. Mais le déroulement du processus de recrutement, à en croire des témoignages concordants, sera jalonné d’attitudes et de propositions indécentes. Plusieurs postes auraient été mis «en vente».

Après la présélection sur dossier, confient certains candidats, beaucoup d’entre eux ont été approchés pour monnayer des postes. Pour d’autres, ce serait après l’entretien. Des postes ont été mis en vente entre 300.000 et 400.000 FCFA par un certain Bakouan Bassama Dieudonné, qui jusque-là, est le seul visage visible et connu du cabinet. Mais les candidats admis à l’entretien oral ne seront pas au bout de leurs surprises dans ce processus de recrutement atypique.

Ils ne verront pas de résultats définitifs. Le singulier cabinet du nom de «Les  Associés» a disparu des radars de la ville de Ouagadougou. La villa, sur l’avenue de la Dignité, qui faisait office de siège, a été rapidement fermée. Les numéros de téléphone ne marchent plus. Toutes les traces ont été brouillées selon certains candidats. Aucun renseignement, ni autre forme d’information ne pouvait être accessible. Beaucoup ont tenté, pas question d’avoir des informations. Il y a même eu l’implication de la police pour certains candidats qui, contre vents et marées, pour avoir accès aux résultats qui à tout point de vue, relèvent d’un montage grossier. Il ne reste du cabinet «Les Associés» que sieur Bakouan  Bassama.  Et des résultats présentés à un candidat susciteront interrogations et indignations. En effet, la liste des prétendus admis est affichée avec des numéros de téléphone qui ne correspondent pas aux identités mentionnées. Pire, certains mêmes ne comprennent pas français. C’est le cas de la candidate recrutée pour le poste de juriste.

Faux et usage de faux…

Au vu de la gravité des faits, nous avions approché le sieur Bakouan Bassama, figure désignée du cabinet en cause pour comprendre la situation. Il semble effectivement la seule personne du cabinet, mais ce dernier confie ne pas en être le gérant. Il n’est qu’un consultant individuel recruté par le cabinet Les Associés pour assurer le recrutement. Comme pour convaincre, il nous délivre une copie du contrat de prestation de service qui le lie au cabinet. Certains faits contenus dans ce contrat frisent finalement le ridicule, voire les mensonges quand on les analyse  avec du recul. D’abord, le contrat de prestation brandit a été signé entre Bakouan Bassama et le cabinet «Les Associés» le 24 janvier 2018. A cette date, le cabinet n’avait pas encore de numéro d’Identifiant financier unique (IFU). Le certificat d’immatriculation de l’identifiant financier unique date du 7 septembre 2018. Ainsi, il y a un flottement de 8 mois entre la date de conclusion du contrat et l’immatriculation. Le «consultant          individuel» comme il se fait appeler, a donc conclu un contrat avec un cabinet qui n’était pas immatriculé. Ce cabinet, non immatriculé, s’est permis de faire une prestation officielle comme le témoigne l’avis de recrutement dont la publication est intervenue le 26 juin 2018. Egalement, il ressort que le numéro IFU contenu dans le certificat d’immatriculation, à savoir 00109576U, ne correspond pas à celui présenté par le cabinet sur le contrat de prestation de service le liant au supposé «consultant individuel» qui est 000781195. Même le numéro du Registre du commerce : BFOUA2018B7087 ne correspond pas à celui mentionné dans le contrat, BFOUA2008B6896.

Visiblement, on assiste à un montage grossier qui frise finalement le faux. Du même coup, l’on se pose la question de savoir comment un tel cabinet a pu avoir un marché de recrutement et de  surcroît, d’une institution financière de la place.

Mais de quelle institution financière s’agit-il au juste ? Le nom de l’institution financière a été gardé secret au cours du recrutement. Même les candidats ayant pris part à l’entretien, dernière étape du recrutement, n’ont pas eu connaissance de l’institution en question. Mais du contrat de prestation de service présenté par Bakouan Bassama, il ressort qu’il s’agit d’une société financière dénommée «AFRIQUE EMERGENCE INVESTISSEMENT SA» basée en Côte d’Ivoire. Selon lui, il s’agit d’une microfinance basée en Côte d’Ivoire qui veut installer une filiale au Burkina. Cependant, de l’avis de recrutement publié dans la presse, il est mentionné clairement que le personnel était recruté pour une entreprise de la place, cela veut dire tout simplement que l’entreprise existait déjà au Burkina. D’après ce que le supposé  «consultant individuel»  confie, il aurait fini de faire le recrutement et transmis le rapport à la Directrice générale du cabinet «LES ASSOCIES», une certaine Mme Awa Dianda. Mais pas question pour nous de consulter ce rapport ni les résultats sans l’accord de cette dernière, demeurée jusque-là inaccessible. Tout est flou dans ce recrutement. La Justice est saisie pour l’élucider mais les choses traînent. Pour quelles raisons ? Bien malin qui saura répondre. Mais ce n’est pas encore fini !

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Frédéric YAMEOGO
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