COMMUNE RURALE DE KOMSILGA : Un morcèlement suspect de terres par une société immobilière

C’est un secret de polichinelle, la Commune rurale de Komsilga est depuis un certain temps, la convoitise des sociétés de promotion immobilière. Chacune rivalisant de talents et parfois de formules suspectes pour effectuer des opérations de lotissement, en totale violation des règles élémentaires et généralement avec la bénédiction de la Mairie. En attendant de revenir sur d’autres scandales immobiliers dans cette localité, un conflit foncier en gestation, suscité par une opération d’aménagement de la société Immobilière Nickbo Holding International, cristallise les tensions dans le village de Kamsaontenga, Commune rurale de Komsilga. De quoi s’agit-il au juste ?

L’affaire concerne deux terrains juxtaposés, juste séparés par des arbres et appartenant à deux propriétaires terriens dans le village de Kamsongtenga. A en croire les témoignages concordants, l’un des propriétaires terriens a préféré morceler le sien pour le vendre hors lotissement à des prix allant de 500 000 FCFA à 1 000 000 F CFA. Ces espaces seront acquis pour construire des habitations qui ont d’ailleurs fait l’objet de recensement par la Mairie en 2019, dans le cadre d’un projet de lotissement.

Le deuxième propriétaire terrien, lui, va choisir d’aller en partenariat avec une société immobilière, en l’occurrence, Nickbo Holding International, afin de dégager des parcelles sur sa zone. Effectivement, des parcelles seront dégagées sur le terrain par la société, mais sans prévoir toutes les voies d’accès au terrain aménagé. En effet, sur le côté ouest des parcelles dégagées, les voies d’accès ont été prévues sur les habitations de la zone hors lotissement. Pour ces derniers, la société a voulu faire l’éco- nomie de son espace, en pré- voyant des voies d’accès sur leurs terrains hors lotissement au lieu de le prévoir sur son terrain aménagé. Le plus révoltant, s’indignent les habitants de la zone hors lotissement, Nickbo Holding International a agi ainsi sans concertations avec les habitants de la zone hors lotissement. N’ont-ils pas acquis leurs terrains au même titre que Nickbo Holding International auprès des propriétaires terriens ? De quel droit la société immobilière se permet de prévoir les voies d’accès sur leur terrain ?

Le début d’exécution du projet immobilier vers juin 2019 n’est-il pas ultérieur à leurs installations sur le terrain non loti, courant 2017 ? Les interrogations fusent de partout et les habitants du terrain hors lotissement ne comprennent pas ce qui leur arrive. Une chose est sûre, cette situation les condamne à un déguerpissement certain. Et d’ailleurs, si les choses restent en l’état, les conflits ne tarderont pas à naître entre les habitants des deux terrains. Un affrontement serait même à craindre.

Face aux multiples démarches auprès du Directeur général de la société Nickbo Holding International, la Mairie de Komsilga ainsi que le ministère de l’Administration territoriale et celui de l’Urbanisme et de l’Habitat, appelés au secours, sont restés pour le moment sans suite. Et voici le spectre d’un conflit foncier qui plane une fois de plus dans la localité. 

A ce qui se dit dans le village, certains acquéreurs de ces parcelles dégagées hésitent même à investir à cause de l’enclavement actuel du site. Pour les rassurer, le Directeur général, Nikiéma Boureima, n’hésite pas à leur faire savoir qu’il s’est entendu avec les habitants du terrain hors lotissement. Et pourtant ! Il a dit faux, soutiennent la majorité des habitants de la zone non lotie. A en croire ces derniers, le Directeur général de la société n’est pas dans une logique de dialogue. Ils appellent donc à l’implication de toutes les autorités pour trouver une solution à cette situation.

Le DG veut-il nier l’évidence ?

Pour tous les griefs soulevés à son encontre, le DG de la société NHI, Boureima Nikiéma, dit ne pas se reconnaître dans ce qui se dit. Il fera savoir que le propriétaire terrien auprès de qui il a acquis le terrain bénéficiait d’un titre foncier depuis 1997. Selon lui toujours, ce sont les habitants du terrain hors lotissement qui sont venus implanter des habitations spontanées vers son terrain pour lequel il possède un titre foncier. Ensuite, il affirme que tous les voies d’accès ont été prévues sur le terrain qu’il a aménagé. Et pourtant, le constat sur le terrain le contredit. Sur le terrain, le constat fait est que les voies d’accès au terrain du promoteur ont été prévues au-delà des limites.

En outre, il soutient n’avoir jamais vendu des parcelles suite à l’aménagement de son terrain. Toutes les parcelles dégagées lui appartiennent et n’ont jamais été vendues, de même que les constructions en cours sur son terrain. Précise-t-il.

A la question de savoir si la société a obtenu une autorisation de lotir avant de procéder à l’aménagement en cause, le DG répondra qu’il n’a pas effectué de lotissement. L’aménagement effectué est un morcellement de titre foncier, selon lui. Cette affaire est loin d’avoir livré tous ses secrets. Nous y reviendrons !

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Simplice Zongo
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