newton ahmed barry

ENRÖLEMENT BIOMETRIQUE : La CENI et des opérateurs de Kit à couteaux tirés

Recrutés dans toutes les régions du Burkina par la Commission électorale nationale indépendante (CENI) dans le cadre de la révision et de la constitution des listes électorales biométriques, des opérateurs de kit (OPK) et même des superviseurs ont donné de la voix ces derniers temps. Ils dénoncent ce qu’ils appellent du favoritisme de la part de la CENI dans les affectations. Les faits, tels que décrits par les concernés peuvent remettre en cause la crédibilité de cette institution stratégique en charge d’organiser les élections propres et transparentes. Mais sont-ils fondés. Non répond, catégorique, le président de l’institution. Mais que s’est-il passé pour qu’on en arrive à une telle situation? Les OPK accusent, la CENI se défend !

Selon le dispositif arrêté par la CENI pour l’enrôlement, le Burkina a été divisé en trois grandes zones et chacune de ces grandes zones en trois sous-zones. A en croire les témoignages des opérateurs de kits frondeurs, lors de la formation, la CENI a fait comprendre que chacun d’eux sera déployé dans trois sous-zones en raison de 10 jours, soit 30 jours de travail effectif. Et dès qu’une opération d’enrôlement prend fin dans une grande zone, tous ceux qui ont servi dans la zone reviennent à la maison et le même processus continue pour l’autre deuxième grande zone déterminée avec une nouvelle équipe d’OPK qui va effectuer les services dans trois sous-zones avec 10 jours par sous-zones. Et cela devrait ainsi continuer jusqu’à la fin de l’enrôlement avec tous les opérateurs de kits recrutés. Ouagadougou et Bobo-Dioulasso, qui sont des grandes zones, bénéficient, quant à elles, de plus de temps.

Mais sur le terrain, les choses ne se passent comme prévu. Un groupe d’opérateurs de kits et de superviseurs accuse certains agents du service informatique, de la sécurité et même des cadres de la CENI d’abuser de leur position pour faire affecter des OPK plusieurs fois alors que d’autres n’ont jusque-là jamais été déployés et cela, contrairement au principe de rotation équitable défini par la CENI.

En effet, au lieu de 3 sous-zones par opérateurs, c’est-à-dire être déployés trois fois, certains sont au-delà de trois affectations tandis que d’autres n’ont effectué que deux sous-zones et attendent leur troisième affectation. Le plus frustrant, disent-ils, c’est qu’il existe des OPK régulièrement recrutés et formés par la CENI qui n’ont jamais été déployés alors que la CENI est à la phase terminale de l’enrôlement. Il en est de même pour certains superviseurs. Dans la même veine, des OPK font état de ce que certaines personnes qui n’ont jamais été officiellement recrutées par la CENI comme OPK se retrouvent déployées sur le terrain pour assurer cette fonction. Face à tout cela, ils revendiquent leur déploiement conformément au principe arrêté par la CENI.

1183 OPK hors-jeu

Cependant, le président de la CENI, Newton Ahmed Barry, est formel. Il soutient que tout le système déployé pour l’enrôlement se décline en toute transparence sur le terrain. D’abord, fait-il remarquer, ce n’est pas parce qu’on est recruté par la CENI que l’on se trouve d’office dans une relation contractuelle avec elle. La relation contractuelle avec l’OPK ne naît qu’au déploiement avec la signature d’une convention proposée par l’institution. Outre cette précision, le président de la CENI fait savoir que les dispositifs de l’enrôlement ont été paramétrés de sorte que l’institution avait besoin de 4.600 OPK et 400 réservistes, ce qui fait le total de 5000 OPK pour le territoire national. Et d’ajouter que beaucoup d’opérateurs de kits ont brillé par leur absence. La CENI a fait un constat de 812 OPK absents. Ces derniers n’ont pas pris part à la formation. 

Egalement, dans le premier groupe affecté, 205 OPK ayant suivi la formation vont également s’absenter. Une autre situation va conduire à l’exclusion de 170 opérateurs de kits. La CENI leur reproche d’avoir eu des attitudes condamnables qui, à en croire Newton Ahmed Barry, sont incompatibles avec l’éthique de la CENI. Pour ce dernier groupe, il leur est concrètement reproché d’avoir eu des comportements incompatibles sur Internet, à travers des publications et ce, au regard de la sensibilité de la mission qui leur a été confiée. En plus, certains opérateurs formés ont voulu faire de la sous-traitance avec d’autres personnes qui n’ont pas été recrutées ni formées.

Sur la même liste des OPK formés, il s’est trouvé certains qui n’ont pas bien exécuté la mission qui leur a été confiée. Soit ils ont eu à abandonner les bureaux d’enrôlement pour vaquer à autre chose dans les localités soit ils ont prétexté de problèmes inexistants pour ne pas travailler ou encore, ils ont brillé par une incompétence notoire. Au regard de cet ensemble de faits, la CENI a mis en place une liste dite «liste noire». Au total, 1183 OPK sont hors-jeu.

Cette liste répertoriant tous ces OPK à problème est disponible et à chaque intention d’affectation, elle en tient compte. En outre, il importe de préciser que certaines situations vérifiées ont nécessité que certains OPK soient déployés plusieurs fois.

En rappel, il faut noter que suite à l’avis de candidature lancé sur la plateforme Sylvie pour le recrutement des OPK, 18 000 dossiers ont été réceptionnés par la CENI. Un cabinet a été recruté pour la présélection selon les critères bien précis, déclinés par la CENI. A l’issue du  processus, 5000 OPK ont été recrutés pour servir à l’intérieur du pays et 800 OPK à l’extérieur.

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Simplice Zongo
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