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MONDE DES AFFAIRES : Il emprunte 90 tonnes de riz et disparait dans la nature

Il n’est pas rare dans le milieu des affaires que l’un dépanne l’autre quand ça ne roule pas avec des marchandises afin de lui permettre de se refaire une santé économique. C’est l’histoire de deux commerçants qui a commencé comme une aventure au goût d’eau de rose et qui tourne finalement au vinaigre. Au départ, S.D. a été contacté par D.D. afin d’avoir du riz pour ses clients qui seraient dans un besoin urgent. La clientèle étant disponible, le commerçant S.D. a donné son accord pour l’enlèvement du riz. Aujourd’hui, S.D. peine à rentrer dans ses fonds. Après avoir reçu les 90 tonnes de riz pour vendre, son partenaire a disparu des radars, mais il est rattrapé par une équipe de gendarmerie mise à ses trousses. Il devra rembourser des dizaines de millions FCFA ? Mais la tournure judiciaire fait peur ! Certains individus, tapis dans l’ombre, feraient des pieds et des mains pour étouffer l’affaire. Qui sont-ils ?

S.D. est un importateur de riz exerçant à Ouagadougou. Il fera la connaissance d’un autre commerçant du nom de D.D.; et pour la première fois qu’il faisait connaissance, D.D. demande à faire affaire avec lui. Son projet : disposer de riz pour ses clients qui sont dans l’urgence. S.D n’y voit pas d’inconvénients. Les deux discutent des prix et des conditions de paiement. Les affaires peuvent commencer. Au départ, D.D. dit avoir un besoin de 90 tonnes de riz en deux chargements, en raison de 45 tonnes par chargement pour ses clients revendeurs basés dans deux provinces. Pour ce faire, il devrait payer plus de 30 millions FCFA. Pour un début, S.D. estime que la commande est très élevée. Cependant, il accepte de céder la moitié, à savoir 45 tonnes de riz d’abord, au prix de 15.210.000 FCFA. Cette quantité devrait aller à Dori. Marché conclu avec à la clef, une avance de 10 millions FCFA en moins d’une semaine. Mais D.D. va revenir à la charge pour modifier les termes. Il ne versera plus les 10 millions FCFA mais 1 million FCFA et les 9 millions FCFA dans une semaine. «Je venais de commettre une erreur»  sans me rendre compte, confie S.D. Le paiement se fera à compte- goutte. Pour les 45 premières tonnes de riz, la dette est de 5.210.000 FCFA.

Et D.D. revient à la charge pour solliciter les 45 autres tonnes. Son partenaire accepte cette fois-ci à hauteur de 15.075.000 FCFA le 27 décembre 2019. Pour ce deuxième chargement, D.D. fait une avance de 3.450.000 FCFA. Et il recommence avec les mêmes tergiversations. Il reste une nouvelle dette de 11.625.000 FCFA. S.D. n’est pas du tout content de son partenaire d’affaires. Malgré ses interpellations, D.D. restera sourd au point de ne plus décrocher des appels venant de son ami. Piqué dans son amour propre, S.D. va prendre attache avec les services de la gendarmerie afin de pouvoir mettre la main sur le mauvais payeur.

Une bien curieuse tournure des évènements

C’est ainsi que la brigade de recherches de la  gendarmerie a été mise à profit pour traquer D.D. Les fins limiers, après avoir requis le point de vue du Parquet, vont engager des recherches. Après plusieurs jours, ils finissent par mettre la main sur le partenaire de S.D. Devant les pandores, il ne nie pas les faits. Mais, il explique d’abord qu’il a des difficultés et que le riz a été saisi. Faux, rétorque son contradicteur. Ensuite, il dira que le riz a été vendu mais l’argent n’est pas encore en sa possession. Là aussi, rien n’est sûr. Sur ce fait, les enquêteurs lui ordonnent d’apporter les preuves de la vente du riz. Mais D.D. semble se faire félin. Il explique que les reçus de vente sont gardés dans ses magasins. Les enquêteurs s’y déportent en sa compagnie. Peine perdue ! Après plusieurs fouilles, D.D. n’a pas été en mesure de ressortir les preuves de la vente.

Ayant senti la supercherie, l’équipe retourne avec D.D. dans  ses locaux. Dès lors, l’affaire va prendre une tournure inquiétante. Le traitement du dossier va connaitre un frein. D.D. sera relaxé sans que l’on sache exactement ce qui s’est passé. S.D. lui-même ne comprend pas. D.D. aurait requis des «bras longs». En effet, il nous est revenu qu’une personnalité aurait intimé l’ordre de mettre un terme aux poursuites contre le mauvais payeur de dettes ? Pour quelles raisons ? Dans quel intérêt ? Qui est cette personnalité ? En tous les cas, il est constant que le traitement de l’affaire a connu un coup d’arrêt entre-temps.

Cependant, de sources bien introduites nous confient qu’une suite serait en train d’être donnée à nouveau au dossier. Selon S.D. que nous avons contacté, tout ce qu’il souhaite est d’être remboursé pour tourner la page. Quant à D.D., joint au téléphone, il n’a pas souhaité dire ce qu’il en est. Il nous renverra tout simplement vers la Justice. Sans plus ! Affaire à suivre !  

Aimé NABALOUM
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