CONSTRUCTION DE LA PHARMACIE DE BOURIA (Yako) : L’entrepreneur et la Commune à couteaux tirés

Attributaire d’un lot à la suite d’un appel d’offres pour la construction d’un certain nombre d’infrastructures au profit de la Commune de Yako, l’entreprise Africaine des infrastructures et Service-Sarl a, au bout de quatre mois, terminé ses travaux. Le responsable du suivi-contrôle du chantier, après les observations faites, aurait procédé à la pré-réception technique. Mais la Commission communale chargée de la réception n’est pas d’avis. Elle évoque la mauvaise qualité du bâtiment devant servir de pharmacie.

L’entreprise Africaine des infrastructures et Service-Sarl a proposé son offre et a été attributaire d’un lot pour la construction d’un logement, d’une cuisine et d’un dépôt de médicaments essentiels génériques (MEG) à Bouria, un village de la Commune. Suite de la notification, l’entrepreneur a entrepris la réalisation des ouvrages conformément aux prescriptions techniques et aux plans mis à sa disposition. Ces travaux étaient sous le contrôle et la supervision du chef de service de la voirie de la Commune, chargé du suivi-contrôle des travaux. Selon l’entrepreneur, l’ensemble des travaux avait été bouclé par sa société au bout de quatre mois. A la fin, un procès-verbal de réception technique a été dressé par le responsable du suivi-contrôle de la Mairie de Yako. Ainsi, l’entrepreneur a adressé au Maire de la Commune le 31 mai 2019, une demande de réception provisoire.

A la suite de cette demande et presqu’un mois après, soit le 24 juin 2019, la Mairie invite l’entreprise pour une réception programmée le jeudi 27 juin 2019. Lors de la visite du chantier, la Commission chargée de la réception des infrastructures, conduite par le président, aurait fait des observations à l’entrepreneur sur la qualité des ouvrages délivrés. En effet, la Commission a estimé que le bâtiment devant servir de dépôt de médicaments essentiels génériques n’avait pas respecté les normes. Mais selon l’entrepreneur, l’ensemble des observations a été pris en compte et les réparations ont étés apportées dans  les quarante-huit heures qui ont suivi. L’entrepreneur soutient que la Commission a même délégué le responsable du suivi- contrôle pour constater les réparations et procéder à la levée des réserves formulées le 27 juin lors de la visite. C’est ainsi que le responsable du suivi-contrôle a donné quitus pour l’élaboration du procès-verbal de réception provisoire, soutient le patron de l’Africaine des infrastructures et Service-Sarl. Mais depuis lors, l’entreprise dit éprouver des difficultés pour obtenir le «fameux» procès- verbal de réception provisoire afin de pouvoir constituer son dossier pour le paiement.

Contacté, le président de la Commission chargée de la réception balaie d’un revers de la main, les arguments avancés par l’entrepreneur. En effet, selon lui, après s’être rendus sur les lieux pour constater de visu l’état du chantier, les membres de la Commission auraient constaté comme lui que certaines corrections avaient été apportées à certains endroits, mais d’autres ne pouvant être retouchées, n’ont pas pu être réparées. Il s’agit du magasin des médicaments génériques qui, selon le responsable de la Commission, ne répondait pas aux normes. Après la visite, le responsable de la Commission chargé de la réception affirme avoir fait un rapport écrit adressé au Maire de la Commune, avec un point complet de la visite terrain.

Quid du procès-verbal ? En ce qui concerne l’élaboration du procès-verbal de la réception provisoire et sa signature, le président de la Commission chargée de la réception affirme avoir demandé une autorisation écrite du Maire avant d’y apposer sa signature. En effet, une équipe composée du premier adjoint, du deuxième adjoint au Maire et du Conseiller municipal chargé des affaires générales, après une visite sur le terrain, a estimé n’avoir pas remarqué d’anomalie sur l’ouvrage en question.

C’est d’ailleurs dans ce sens que le président de la  Commission chargée de la réception explique qu’il aurait demandé une autorisation écrite de la Commune avant de procéder à la signature du procès-verbal de réception provisoire, car pour lui, la qualité du magasin laissait à désirer. Et c’est manifestement à ce niveau que se situe le point d’achoppement entre la Commission chargée de la réception et l‘entrepreneur. Aux dernières nouvelles, l’entrepreneur aurait saisi l’Autorité de régulation de la commande publique pour une conciliation. Affaire à suivre !

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Salifou OUEDRAOGO
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