ouattara

COTE D’IVOIRE : Quand Ouattara se moque des Ivoiriens !

Une semaine à peine après avoir annoncé sa décision de ne pas briguer un troisième mandat et de transférer le pouvoir à la jeune génération, le Président Alassane Ouattara vient de propulser Amadou Gon Coulibaly, son Premier ministre, son fidèle lieutenant, son poulain, son homme de main comme candidat du Rassemblement des Houphouétistes pour la paix (RHDP) à la présidentielle du 31 octobre 2020. Ouattara a donc trouvé « son jeune » à qui il veut transférer le pouvoir. Et c’est un homme de 61 ans ! Où est donc la jeune génération. Ce jeune-là est seulement moins vieux que Henri Konan Bédié, Alassane Ouattara et Laurent Gbagbo, les trois dinosaures qui ont plongé la Côte d’Ivoire dans l’abîme des années 2000 à 2010 et qui risquent de l’y replonger en 2020.

Dans un pays où l’espérance de vie est de 53,58 ans, si ce ne sont pas des foutaises, ça y ressemble fort ! Mais venant de Ouattara, ce n’est pas surprenant. Il a une conception de la politique et surtout des modalités d’accès et de conservation du pouvoir qui défie toutes les logiques, le bon sens et la loyauté. Contraint de se retirer, il manœuvre non seulement pour éliminer toute candidature susceptible de faire échec à ses plans, mais surtout pour garder une main sur l’appareil d’Etat. Mais qui mieux que son homme de main pour lui permettre de continuer à gouverner par procuration la Côte d’Ivoire et assurer ses arrières.

Derrière donc la candidature de Gon Coulibaly, se joue l’enjeu de la conservation du pouvoir et des avantages et autres intérêts acquis durant toutes ces années de pouvoir. Et tous ceux de son entourage qui oseront se mettre en travers de ses plans, seront purement et simplement mis hors d’état de nuire. Guillaume Soro, le chef rebelle qui pendant prés de 10 années, a fait de Ouattara la raison de son combat contre Laurent Gbagbo  (même s’il en a profité aussi), paie aujourd’hui pour son outrecuidance en affichant son intention d’être calife à la place du calife. Exilé depuis décembre 2019 en France, il est aujourd’hui confiné à des déclarations fictives à la nation via les réseaux sociaux.

Son cas a sans doute fait école dans l’entourage du Président Ouattara. S’il a pu faire ça à Soro, qui peut être à l’abri? Tous ceux qui avaient des ambitions présidentielles ont donc dû les ranger pour se mettre dans les rangs. Il n’y aura donc pas de primaires. Ouattara a décidé que Gon Coulibaly, du haut de ses 61 ans, est jeune et que c’est à lui qu’il veut transférer le pouvoir. Et sa volonté vaut une décision à l’unanimité au RHDP. Celui qui n’est pas content quitte le RHDP, abandonne le poste qu’il occupe aujourd’hui dans l’appareil d’Etat, avec en prime, le risque d’être rattrapé par des procédures judiciaires qui le conduiraient  tout droit en prison ou en exil.

Cependant, Ouattara a oublié un détail important, le pouvoir ne lui appartient pas. Il appartient au peuple ivoirien qui décide de le confier à qui il veut. Si ce peuple décide donc que ce sera Gon Coulibaly, il sera le prochain président de la Côte  d’Ivoire. Mais il peut décider autrement. Dans ce cas, Ouattara a beau vouloir abuser de l’appareil d’Etat pour fabriquer un président, il butera à la volonté du peuple de Côte d’Ivoire. L’on attend donc de voir comment le peuple ivoirien réagira face à cette moquerie et cette imposture de Ouattara qui, devant les deux chambres représentant le peuple réuni en congrès, a affirmé vouloir transférer le pouvoir à la jeune génération. Et au bout de la course, il leur sort un vieil homme de 61 ans.

Pire, pendant qu’il se retire, il entreprend des réformes politiques et institutionnelles avec une relecture plus que suspecte de la Constitution. Veut-il tenter un scénario à la Poutine adaptée à la sauce ivoirienne ? La question mérite d’être posée quand on sait qu’entre autres points de cette révision constitutionnelle, il y a le fait que le poste de vice-président de la Côte d’Ivoire n’est plus électif mais nominatif. Si ces réformes passent, le prochain vice-président sera nommé par le président élu le 31 octobre. Veut-il passer de président à vice-président ? Ou veut-il y imposer aussi un de ses «bons petits»  qu’il a réussi à convaincre de ne pas être candidat pour la présidentielle ? Tout est possible avec Ouattara. En tout cas, le bon sens aurait voulu qu’un président qui s’en va dans quelques mois évite tout tripatouillage de la Constitution, surtout quand ces réformes ne font pas l’unanimité de la classe politique. Il faut espérer que tout cela et bien d’autres tentatives de confiscation de l’Etat de Côte d’Ivoire ne reconduisent pas le pays dans le chaos !

Boureima OUEDRAOGO
Ecrit par
Boureima OUEDRAOGO

Lorem ipsum dolor sit amet, consectetur adipiscing elit. Nunc rhoncus sagittis tortor, a posuere tellus cursus suscipit. Pellentesque euismod aliquam lectus vel aliquet.

Voir tous les articles
Ajoutez votre commentaire

Boureima OUEDRAOGO Ecrit par Boureima OUEDRAOGO

Nous suivre sur…