COÛTS FINANCIERS DES CAMPAGNES ELECTORALES : L’argent, un facteur essentiel de l’issue des élections

La Constitution du Burkina Faso a assigné aux partis et formations politiques la mission d’animer la vie politique nationale, de contribuer à la formation et à l’éducation des populations et de concourir aux suffrages. Une telle mission nécessite d’importantes ressources dont les partis politiques ne disposent pas toujours. Aussi, l’Etat a-t-il décidé de les appuyer, à travers deux types de subventions, dont une pendant les campagnes électorales et l’autre hors campagnes. Courant 2019, l’Alliance pour refonder la gouvernance en Afrique section du Burkina (ARGA/Burkina) a réalisé une étude sur cette problématique des coûts financiers des campagnes électorales et des mandats électifs au Burkina Faso. Commanditée par l’Institut néerlandais pour la démocratie multi partiste (NIMD), cette étude conclut formellement : tous les partis politiques pataugent dans une gestion opaque des financements publics et privés mobilisés lors des campagnes mais aussi pour leur fonctionnement.

L’Alliance pour refonder la gouvernance en Afrique/Burkina Faso (ARGA/Burkina) est une organisation de droit Burkinabè qui s’investit sur les questions de gouvernance et de la démocratie. Courant 2019, elle a soumissionné à un appel d’offre et obtenu mandat du NIMD pour la réalisation de l’étude sur les coûts financiers des campagnes électorales et des mandats électifs. L’objectif de cette étude est de contribuer à informer et approfondir le débat sur la question spécifique du financement des
campagnes électorales et de l’exercice des mandats politiques en rapport avec le défi plus global du processus démocratique au Burkina.

Ce rapport de 80 pages est un condensé des réalités sur le terrain et des prescriptions textuelles et institutionnelles. Il est structuré en trois grandes
parties chapeautées par les civilités rédactionnelles et d’une conclusion. La première partie prépare le lecteur en lui faisant un rappel du contexte de l’étude et de la démarche méthodologique. La 2e partie, quant à elle, donne les résultats de l’étude, lesquels résultats ont consisté à faire une revue du cadre juridique et institutionnel du financement des campagnes électorales et des activités hors campagnes des partis politiques.

Le rapport dépeint également l’environnement sociopolitique des campagnes au Burkina marqué par l’influence des ressources financière et de la stature sociale dans le choix des candidats au sein des partis. On retrouve, selon le rapport, des relations des plus mercantilistes qui minent les rapports entre électeurs et hommes politiques ; en somme, le poids des
ressources financières sur les élections au Burkina. « L’argent constitue un élément déterminant de l’issue des élections mais aussi de la gestion du mandat », révèle le rapport.

Eu égard au contexte actuel effervescent de course vers les élections, avec l’épineuse question de la caution de 25.000.000 FCFA, ce rapport est indicatif sur les coûts financiers des élections. En cela, la 3e partie du rapport déplore les limites aussi bien textuelles qu’institutionnelles dans l’organisation des élections, le non-respect des textes existants par les acteurs politiques et le manque de sanctions dus aux manquements dans la gestion des financements publics. Pour pallier les insuffisances relevées, le rapporte formule des recommandations à l’intention de l’Etat, du ministère de tutelle, du Parlement et autres institutions de contrôle des financements
publics. Une invite est faite aux partis et formations politiques de lever tout le voile sur les sources de leurs financements afin de faciliter leur traçabilité.

En conclusion, le rapport indique que « l’opacité et la mal gouvernance interne sont un trait commun à tous les partis politiques».

Sié Kambou (Stagiaire)

Avatar
Ecrit par
Le Reporter
Voir tous les articles
Ajoutez votre commentaire

Avatar Ecrit par Le Reporter

Nous suivre sur…