ECOLE NATIONAL DE L’ELEVAGE ET DE LA SANTE ANIMALE : La clinique vétérinaire est malade

Le climat social n’est plus serein au sein de l’Ecole Nationale de l’Elevage et de la Santé Animale (ENESA). La gestion du personnel de l’école par le DG est au centre de vives récriminations. Sa décision de fin de détachement de 5 agents de l’école, tous travaillant à la clinique ne finit pas d’alimenter les protestations. Des agents affectés en remplacement refusent de rejoindre la clinique. Que se passe-t-il au juste ?

En prenant les rênes de l’ENESA en 2017, le directeur général, Dr Tialla Dieudonné a hérité d’une situation confuse à la clinique vétérinaire de l’école. Son prédécesseur avait décidé de la fermeture de la clinique les dimanches et jours fériés. Une décision surprenante parce qu’elle intervient à des moments de grande affluence pour la clinique. Vu l’importance et la nécessité de la réouverture de la clinique, beaucoup s’attendaient à ce que le nouveau DG de l’ENESA prenne des mesures fortes afin de restaurer ce service qui génère non seulement des recettes, mais aussi participe à la formation des agents et à la prévention des problèmes de santé publique.

Mais les choses ne vont pas être si faciles. La clinique a été rouverte sur la base de promesses qui ne seront pas tenues. Le personnel égrène un chapelet de difficultés liées en grande partie à l’organisation des permanences, au manque de matériels, à la rupture des produits à la pharmacie et à l’institution d’une prime de motivation. Pour soutenir leur revendications certains agents de la clinque n’hésitent pas à se jeter dans la comparaison avec leur collègue de la santé humaine. Les agents devant assurer la permanence à la clinique vétérinaire ne demandent qu’à le
faire dans le cadre des textes clairs qui définissent les modalités et les conditions de la permanence.

A en croire certains agents de l’ENESA, en plus des 08 H règlementaires de travail assurées à l’ENESA, l’on veut les amener à travailler à la clinique gracieusement avec tous les risques liés à cette activité et ce, en dehors de tout fondement légal. Finalement, la parade trouvée par la direction est de verser une contribution au carburant à hauteur de 5000FCFA par mois et par personnes en attendant de prendre des textes qui organisent clairement permanence. S’en est suivie la réouverture.

Depuis, les agents attendent ces textes en vain. En janvier 2020, ils décident de ne plus assurer la permanence. Des concertations vont reprendre avec le Secrétaire Général de l’ENESA qui fera savoir qu’un arrêté conjoint a été soumis à leur ministère de tutelle pour appréciation et que les choses allaient s’arranger d’ici là pour eux. Mais cette nouvelle ne convainc pas les travailleurs de la clinique. Ils ont décidé de maintenir intactes les revendications. Le Directeur général décide alors de mettre fin au détachement des 5 agents travaillant à la clinique, en juin 2020. Les agents visés par la décision affirment n’avoir jamais obtenu un avertissement quelconque de la Direction. Mais le DG de l’ENESA affirme les avoir tout
simplement remis à leur ministère d’origine. Il soutient avoir pris ses responsabilités face à des agents qui ne voulaient pas travailler.

Toujours est-il que le ministère a préféré jouer la carte de l’apaisement. De sources concordantes le ministre des ressources Animales et Halieutiques,
Soumanogo Koutou les aurait même reçus en audience avant que les agents ne soient affectés. Ainsi, dans une logique d’apaisement pour leur redéploiement, le Directeur des Ressources humaines a demandé à chacun de ces agents de choisir le service qui lui convient pour y être affecté. Ce qui fut fait.

Toutefois, cette décision du DG résout-elle les problèmes réels soulevés par
les agents de la clinique ?

Qui pour sauver la clinique ?

A ce qu’on dit au moment de la concertation entre le DG Tialla et le personnel afin de procéder à la réouverture de la clinique, un chapelet de difficultés fut égrené. A ce jour, le constat ne montre aucune évolution. Selon des sources proches de la clinique, la rupture des produits est un un réel handicap au fonctionnement de la clinique. Des clients se plaignent permanemment de cette situation. Même des seringues sont introuvables à
la pharmacie de la clinique. Se désolent certains. Dans la foulée, des sources indiquent que des produits sont constamment déclassés du fait de la péremption. Certains agents visiblement remontés ne comprennent pas comment l’on peut réceptionner des produits à 6 mois de leur date de préremption pour ensuite les déclasser après. Ces derniers accusent le
système de passation des marchés et la Direction de l’ENESA.

Cette situation de rupture amène les demandeurs de soins qui reçoivent les
ordonnances à la clinique d’aller chercher les produits prescrits d’autres pharmacies de la ville.

L’autre grand problème concerne le manque de matériels de chirurgie. A cela s’ajoute le mauvais état des tables de consultation, l’absence de dotation en équipements pour les agents qui y travaillent alors que la demande est forte, le manque d’hygiène à la clinique, l’absence d’éclairage
dans plusieurs salles etc. Il nous revient que de 4 agents affectés en remplacement des 5 qui ont été mutés, il n’y a que deux agents qui travaillent à la clinique. Les deux autres ayant refusé de rejoindre. De même, la responsable de la clinique serait une conseillère en élevage. Ce qui serait contraire aux textes de l’ENESA qui imposent que la clinique soit
gérée par un docteur.

Globalement, les choses tournent en ce moment au ralenti à la clinique de l’Ecole.

Avatar
Ecrit par
Simplice Zongo
Voir tous les articles
Ajoutez votre commentaire

Avatar Ecrit par Simplice Zongo

Nous suivre sur…