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Djibrill Bassolé respectera-t-il sa parole d’honneur ?

Ouf ! Depuis le 28 janvier dernier, le Général Djibrill Bassolé, qui souffre d’un cancer dont on dit qu’il ne peut être soigné au Burkina, a enfin été évacué, en France, comme il le souhaitait. Depuis mi-janvier, son cas a agité l’opinion nationale. Il avait été admis à l’hôpital de Tingandgo suite à une détérioration de son état de santé. Une photo de lui, très amaigri et très mal en point, pratiquement méconnaissable, avait circulé sur les réseaux sociaux et suscité beaucoup d’émoi chez ses compatriotes. Beaucoup avaient eu pitié de lui. «L’homme n’est rien», s’étaient écriés bien des Burkinabè à la vue de cette image de l’ancien tout-puissant ministre de la Sécurité puis ministre des Affaires étrangères de Blaise Compaoré.

Même à son pire ennemi, l’on ne souhaite pas pareille situation. Des voix avaient commencé à s’élever pour demander au président du Faso en personne, d’accéder, pour des raisons humanitaires, à la requête de l’illustre locataire de la Maison d’arrêt et de correction des armées (MACA) d’aller se soigner en France. C’est donc désormais chose faite. Djibrill Bassolé a obtenu ce qu’il voulait : son évacuation. Mieux, avec la compassion de beaucoup de ses compatriotes.

Il aurait obtenu un visa de 6 mois. Sauf, donc complication ou refus de sa part, il doit être de retour en fin juillet au plus tard. Avant de partir, il aurait versé une caution de 30 millions de francs CFA, comme gage de son retour. Mais cela suffira-t-il pour l’empêcher de disparaître dans la nature après ses soins ? Rien n’est moins sûr !

Cependant, contrairement à ce que pensent bien de ses compatriotes pour qui son évacuation revient à lui donner l’opportunité de fuir pour échapper à la Justice, le premier et unique Général de gendarmerie du Burkina Faso, veut donner des gages de sa parole d’honneur. Et des premières nouvelles que l’on reçoit, c’est que le Général se porte mieux déjà. Il semble pressé de recouvrer la santé pour revenir se blanchir des charges de trahison qui lui valent 10 ans de prison ferme suite au procès du coup d’Etat manqué de septembre 2015. En effet, seulement 48 heures après son arrivée en France, il a accordé une interview à un média en ligne au cours de laquelle, il continue de clamer son innocence, estimant toujours être victime d’une cabale politicienne.

Mieux, il dit vouloir en finir avec cette accusation qui pèse sur lui (dans le cadre de l’appel qu’il fait suite à sa condamnation) afin de pouvoir s’investir aux côtés de ses frères d’armes dans la sécurisation de son pays qui fait face à une grave crise sécuritaire qui perturbe fondamentalement le vivre ensemble. Il veut donc revenir se défendre devant un tribunal composé de «magistrats professionnels», selon ses propres termes. On  ne peut donc que lui souhaiter de recouvrer très rapidement la santé et revenir au bercail pour affronter courageusement la Justice.

Dans tous les cas, il n’a plus intérêt à fuir, puisqu’il est déjà condamné dans le cadre d’un procès public et contradictoire au cours duquel, avec ses conseils, il a défendu sa cause sans convaincre le tribunal. L’on retient, à cette étape, qu’il a été reconnu coupable de trahison et condamné à 10 ans de prison ferme dont il a déjà purgé la moitié. Fuir dans ces conditions reviendrait à reconnaître sa culpabilité et son incapacité à prouver le contraire des accusations portées contre lui. Ce serait définitivement renoncer à ses ambitions politiques, si tant qu’aujourd’hui il y pense encore. Ce serait aussi remettre en cause la parole d’homme d’honneur.

Mais ce sera surtout abandonner à leur triste sort tous ces hommes et femmes qui ont fait de lui leur projet politique, leur inspirateur. Certes, le terrain commande la manœuvre chez les militaires. Mais un Général peut-il abandonner ses hommes en plein combat ? Réponse dans les mois à venir ! En attendant, nous lui souhaitons un prompt rétablissement.

Boureima OUEDRAOGO
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Boureima OUEDRAOGO

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