DROITS HUMAINS A L’EAU ET A L’ASSAINISSEMENT : En finir avec la logique «faveur ou charité» de l’eau

Le Burkina Faso a inscrit le droit à l’eau et à l’assainissement dans la Constitution en  novembre 2015. Une grande avancée, certes, mais il ne suffit pas de reconnaître ce droit pour qu’il soit mis en œuvre de manière concrète et qu’il devienne une réalité. La preuve, la grande majorité de la population burkinabè continue de souffrir toujours du non-respect du droit à l’eau et à l’assainissement. Beaucoup ignorent même l’existence de ce droit. Que dire donc de l’approche fondée sur les droits humains à l’eau  et à l’assainissement qui change de paradigme, faisant des populations non des bénéficiaires passifs des politiques de l’Etat, mais des acteurs qui prennent part à leur propre développement ?

Ainsi, à la différence de l’ancienne approche basée sur les besoins dans laquelle les populations n’ont aucun droit actif pour veiller à ce que leurs besoins soient satisfaits en matière d’eau et d’assainissement, l’Approche fondée sur les droits humains (AFDH) à l’eau et à l’assainissement leur reconnaît un droit qu’ils sont amenés à faire falloir en cas de violation. Cette nouvelle logique doit être connue et comprise de tous afin de soutenir les changements de mentalité qui conditionnent le changement de pratiques. C’est fort de ce défi que du 13 au 15 novembre 2018 à Ouagadougou, une formation sur le concept a été donnée à une trentaine de journalistes et directeurs de la communication et de la presse ministérielle. L’initiative est du Secrétariat   permanent des Organisations non gouvernementales (SPONG) dans le cadre de la mission Faso’eau. Plusieurs modules, brillamment exposés par deux formateurs, ont permis aux hommes de médias d’appréhender tout le processus de l’approche fondée sur le droit humain à l’eau et à l’assainissement, basé fondamentalement sur les principes de non-discrimination et d’égalité, de l’accès à l’information et la transparence, de la participation, de l’obligation de rendre  compte et de la durabilité.

A la fin de la formation, le SPONG, à travers la mission Fas’eau, a promis d’appuyer aussi bien au plan technique que financier les hommes de médias pour des productions journalistiques centrées sur la promotion des droits humains à l’eau et à l’assainissement.

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Frédéric YAMEOGO
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