Encadré: Que se passe-t-il au Trésor public ?

Certains documents provenant des services du Trésor public à propos des prêts sans intérêts consentis à certains membres du gouvernement et autres présidents d’institutions amènent à se poser des questions sur le sérieux et la rigueur dans le travail fait au sein de cette importante institution de la République. Manifestement, il n’y a pas eu du sérieux dans la confection de la liste des personnalités transmise, par les services du Trésor public, à la Commission d’enquête parlementaire du CNT, en tant que débiteurs à l’Etat, à la date du 31 décembre 2014. Suite à la publication de cette liste dans notre dernier numéro, nous avons été approchés par certaines personnes concernées.

Preuves à l’appui, les intéressés disent avoir remboursé l’intégralité de leurs prêts, depuis plusieurs années pour certains. C’est le cas de cet ancien ministre, Raymond Edouard Ouédraogo, qui nous a fourni son attestation de payement datant d’août 2008 et signée par l’agent comptable central du Trésor, à travers laquelle attestation, le signataire atteste que l’intéressé « a intégralement soldé son compte de prêt… ». Pourtant, son nom trône sur la liste des débiteurs, dressée par les services du même Trésor public en 2015, soit plus de 7 ans après.

Il en est de même pour l’ancien ministre des Enseignements, Moussa Ouattara, qui a fait les preuves de ce qu’il a soldé tous ses comptes sur ce point. Quant à l’ancien ministre délégué chargé de l’alphabétisation, Ousséni Tamboura, actuellement député à l’Assemblée nationale, il nous a fait parvenir un lot de documents faisant état d’un contentieux qui l’oppose à l’Etat au sujet de son salaire, du temps où il était au gouvernement. L’intéressé reproche à l’Etat de l’avoir privé d’une partie de son salaire. Ce contentieux serait à la base du non-remboursement de son prêt, puisque le manque à gagner couvre largement ce qu’il doit.  L’affaire est en Justice.

Un autre cas tout aussi incompréhensible concerne l’ancien président de la CENI, Barthélémy Kéré, dont le nom figure sur la liste confectionnée en 2015, alors que ses échéances couraient jusqu’au 31 décembre 2016. Mieux, l’intéressé a même soldé son compte plusieurs mois avant la date prévue pour la dernière échéance. Pendant ce temps, il est présenté comme un mauvais payeur. Comment comprendre de pareilles incohérences dans une institution aussi sensible que le Trésor public ? Où sont passées la rigueur et la minutie si chères aux financiers, reconnus généralement comme très tatillons dans l’exercice de leurs fonctions ? On aurait pu considérer qu’il s’agit d’erreur inhérente à toute œuvre humaine s’il s’agissait d’un cas isolé. Mais le nombre de cas amène à s’interroger sur la rigueur dans le travail au sein de l’institution. Et au-delà de ces cas, on pourrait s’interroger sur la sécurité et la gestion qui est faite des ressources nationales par celle-ci.

BYL

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