Fait-il bon d’être magistrat au Faso ?

L’on avait vite crié victoire avec le monde judiciaire qui avait décidé d’assainir son propre corps. La Commission d’enquête indépendante mise en place par le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) avait fait le boulot. A l’issue de ses enquêtes, son rapport avait accablé des dizaines de magistrats. Mieux, la Commission avait estimé que certains magistrats devraient rendre gorge, au regard de leurs comportements. Et elle n’avait pas tort. En effet, certains magistrats, tout grade confondu, avaient été accusés d’avoir eu des légèretés en extorquant de l’argent à des justiciables et même en rendant des décisions à la tête du client le plus friqué, etc., comme au marché Rood-woko !

Face à ces comportements  aux antipodes de l’éthique et de la déontologie, la Commission avait voulu frapper pour donner l’exemple. Mais hélas ! Aujourd’hui, les mêmes tares refont surface si elles avaient même été abandonnées. Il faut le dire, des magistrats semblent avoir des problèmes avec l’argent. Pourquoi diantre certains ne jurent que par le fric ? Même pour rendre justice, il vous faut revendiquer du fric ? Cette situation persistante au sein de ce corps mérite que pour une fois, tous ensemble, les magistrats se décident à nettoyer leurs écuries. Un adage africain dit qu’un seul âne mange la farine et c’est l’ensemble qui a la gueule blanche. Les magistrats veulent-ils de ce qui leur arrive ? Ne savent-ils vraiment pas comment se débarrasser des «magistrats galeux» qui corrompent tout le corps et qui font que l’opinion voue une haine inestimable contre ce corps ? Les magistrats veulent-ils se conformer au vulgus ?

Si c’en est ainsi, alors, il faudra rebâtir cette magistrature au Burkina. Il y a ces magistrats qui, dans le silence, se font honneur à eux-mêmes, font honneur au corps ainsi qu’à leur famille humaine. Mais combien sont-ils finalement si chaque fois, des égarés se moquent éperdument du basique ?

Aimé NABALOUM
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