François Compaoré, plus que jamais proche d’un retour forcé au pays !

Ses Avocats avaient crié sur tous les toits que le dossier était vide et qu’il ne s’agissait ni plus ni moins que d’une volonté politique de se venger de son frère aîné, l’ancien Président Blaise Compaoré. Ils avaient même osé affirmer que la Justice française ne saurait céder à des fantasmes politico-judiciaires. Ils s’étaient fendus de plusieurs sorties médiatiques annonçant une plainte contre le juge d’instruction burkinabè pour faux et usage de faux criminel. Mais depuis le 5 décembre dernier, le discours et le ton ont changé. François Compaoré n’a jamais été aussi proche d’un retour forcé au pays pour répondre devant la Justice burkinabè.

En émettant un avis favorable à son extradition après examen du dossier fourni par l’Etat burkinabè dont les pièces fournies par le juge d’instruction en charge de ce dossier au Tribunal de grande instance de Ouagadougou, la Cour d’appel de Paris a cloué le bec à tous ceux qui pensaient pouvoir indéfiniment se moquer de la soif et de la lutte du peuple burkinabè pour la vérité et la justice pour Norbert Zongo et ses trois compagnons. Désormais, ils cherchent à gagner du temps à travers l’usage de tous les subterfuges pour faire du dilatoire.  Le pourvoi en cassation, certes légitime et prévisible, n’est que le début de cette démarche du dilatoire. Si leur pourvoi est rejeté, ils auront encore la possibilité d’introduire des recours contre l’acte administratif  et diplomatique, notamment le décret qui devrait être signé pour matérialiser l’extradition. Pour sûr, ils iront même jusqu’à la Cour européenne des droits de l’homme.

C’est donc clair ! Ce n’est pas demain que François Compaoré sera livré à la Justice burkinabè par les autorités françaises. Ses Avocats ont raison sur ce point. Ils tablent, pour on ne sait quelle raison, pour l’après 2020. Sans doute qu’ils espèrent la victoire d’un candidat favorable aux frères Compaoré à la présidentielle de 2020 au  Burkina  Faso, pour pouvoir une fois de plus obstruer la manifestation de la vérité et de la justice dans l’affaire Norbert Zongo. Ou alors espèrent-ils l’avènement d’un nouveau pouvoir en France qui serait moins favorable à la bonne administration de la justice dans cette sombre affaire ? Finalement, ce sont eux qui font plus de calculs politiques dans la gestion de ce dossier. Ils sont désormais réduits à la recherche de l’impunité par le politique, comme du temps de leur toute-puissance.

Mais il ne faut pas se méprendre. L’on n’arrête pas la marche de l’histoire par de simples projections sur nos peurs et craintes. Quel que soit le temps que prendra la procédure, la justice va devoir se faire sur l’assassinat de Norbert Zongo. Si François Compaoré  n’a rien à se reprocher, il ne devrait pas non plus avoir peur de revenir dans ce pays dont il a tant profité, pour répondre des faits qui lui sont reprochés, notamment « incitation à assassinat ».

En tous les cas, la décision favorable de la Chambre  d’instruction de la Cour d’appel de Paris est un indicateur sur les fortes présomptions qui pèsent sur François Compaoré dans l’assassinat de Norbert Zongo et de ses compagnons. Si le dossier à charge n’était pas solide et suffisamment documenté, les juges français auraient purement et simplement rejeté la demande de l’Etat burkinabè. Déjà, François Compaoré qui se vantait d’être libre d’aller et venir comme il veut en France et en Côte d’Ivoire, est maintenu sous contrôle judiciaire et interdit de quitter le territoire français. C’est déjà la prison pour quelqu’un qui a les moyens de parcourir le monde comme et quand il veut. Mais tout porte à croire, c’est le mieux qu’il peut espérer en l’étape actuelle de sa situation. Et il se bat pour durer dans cette situation dans l’hypothétique espoir de recouvrer la liberté totale. Cependant, quelle que soit l’issue de la procédure, il y aura sans doute procès. S’il ne vient pas se défendre, il pourrait être jugé et condamné par contumace. Mais on n’est pas encore là. Les Burkinabè espèrent un procès équitable, public et contradictoire où tous les accusés, dont l’ancien petit président, pourront faire entendre et défendre leur cause. C’est pourquoi, aussi longtemps que durera la procédure, il faudra en attendre l’issue avant toute clôture et tout jugement de l’affaire Norbert Zongo.

Boureima OUEDRAOGO
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Boureima OUEDRAOGO

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