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GENDARMERIE DE BOULMIOUGOU : La mal cause au bout du fil de «la flotte»

Ce jeudi 12 mars 2020 n’a pas été comme les autres au quartier Nagrin, dans l’Arrondissement 7 de Ouagadougou. Un présumé voleur d’engin à deux roues, identifié, a été  maîtrisé par les riverains du quartier. Avec le bon réflexe, ils composent le numéro correspondant à la flotte de la Brigade de gendarmerie de Boulmiougou pour les tenir informés. Mais l’agissement du pandore au bout du fil va laisser pantois les riverains qui n’en reviennent toujours pas. Ils disent ne pas comprendre l’attitude  de ce gendarme «mal causeur» dans ce contexte d’insécurité.

Au quartier Nagrin, dans l’Arrondissement 7 de Ouagadougou, les habitants vivent constamment la peur au ventre. En effet, les vols et agressions sont monnaie courante dans cette partie de la ville et les vols d’engins à deux       roues demeurent la spécialité des bandits. Très souvent, les voleurs arrivent à prendre la fuite sans pouvoir être identifiés.

Et comme le dit l’adage populaire, «tous les jours pour le voleur et un seul jour pour le propriétaire». Lors d’une récente tentative de vol d’engin dans le quartier, les habitants de Nagrin ont eu la baraka. Selon les témoignages, le voleur a réussi à démarrer de force une moto, puis s’est emparé de l’engin. L’assistance a senti que quelque chose ne tournait pas rond  dans ce démarrage précipité. Malheureusement, ceux qui ont assisté à la scène n’ont pas pu mettre le grapin sur celui qui a enfourché la moto. Ils auront tout de même eu le temps de l’identifier. Toujours selon les témoignages, il est connu comme étant un jeune qui fréquente bien le quartier. Les habitants décident alors de monter la garde et de lui poser un guet-apens. La consigne est claire : il faut l’arrêter pour questionner dès qu’il sera aperçu, puisque le «criminel» revient toujours sur les lieux du crime. Et vlan !

Une semaine après le forfait, dans la soirée du jeudi 12 mars 2020, aux environs de 18 heures, le voleur s’est encore invité à Nagrin. Cette fois-ci, les habitants sont plus rapides que lui et il est vite maîtrisé par la population. Dans un premier temps, l’on pense alerter les koglweogo. Mais ceux-ci rétorquent qu’ils sont incapables de se déplacer compte tenu de la situation sécuritaire. Les riverains décident alors d’appeler le numéro vert de la gendarmerie, le 16. L’interlocuteur au bout du fil communique un autre numéro auquel il faut appeler. Ils s’exécutent aussitôt. Il s’agit de la flotte de la Brigade de gendarmerie de Boulmiougou. Il était exactement 18h46  mn.

L’interlocuteur, certainement un gendarme, décroche l’appel. Le riverain fait comprendre au pandore au bout du fil qu’ils ont pu maîtriser un présumé voleur qui avait dérobé un engin, il y a une semaine de cela dans leur quartier. Le riverain qui communique avec le gendarme lui fait comprendre que les populations souhaitent que la gendarmerie vienne «chercher» le voleur déjà maîtrisé par la population.

Mais le gendarme, au bout du fil, n’entend pas les choses de cette manière. Sa réplique, très surprenante, va gêner le civil et la phrase sortie ne va plus quitter son esprit. Il est littéralement sonné. Voici ce que lui a répondu le gendarme : «Vous, avec la population, vous avez pu maîtriser un voleur, et vous ne pouvez pas l’emmener ici ? Et vous demandez notre intervention, pourquoi ? Nous ne sommes pas des supers hommes». Stupéfait, il rétorque au pandore qu’il n’a pas bien saisi la phrase prononcée. Le gendarme répète et insiste, «nous ne sommes pas des supers hommes».

Découragé par ce comportement du gendarme au bout du numéro de «la flotte» de la gendarmerie de Boulmiougou, le riverain décide d’interrompre l’appel et de composer le numéro vert de la police, le 17. Ceux-ci demandent la situation géographique. Trente minutes, c’est le temps que la police prendra pour atterrir à Nagrin et sans hésiter, le présumé voleur est transporté au Commissariat central. Après une fouille minutieuse, les flics découvrent de la drogue dans le sac de ce dernier. Les choses vont se corser pour lui. Certainement, puisqu’une enquête parallèle va s’ouvrir pour savoir d’où vient la drogue et à quoi elle est destinée.

Nous décidons d’entrer en contact par le même numéro de «la flotte» de la gendarmerie de Boulmiougou. D’emblée, on dit ne pas être au courant. Le premier responsable de cette brigade soutient qu’il n’est pas au parfum d’un tel comportement d’un de ses éléments. Sa précision : il n’a pas non plus été interpellé par un riverain concernant un agissement indélicat   d’un de ses éléments. Néanmoins, il a fait  la  promesse de faire sa petite investigation à son niveau pour identifier l’auteur. En tout cas, à Nagrin, les habitants sont remontés contre l’attitude du gendarme de Boulmiougou. Ils disent ne pas comprendre un tel comportement d’un gendarme dans cette insécurité doublée de terrorisme ambiant.

Salifou OUEDRAOGO et  Sié KAMBOU (Stagiaire)

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Salifou OUEDRAOGO
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