GESTION DU CSPS DE SOMGANDE : Pourquoi le Major veut-il licencier les gérants de la pharmacie ?

Dans le Centre de santé et de promotion sociale (CSPS) du secteur 19, ex-secteur 25, il se passe des choses pas trop claires. L’infirmier chef de poste (ICP) de ce centre de santé a décidé de faire parler de lui dès sa première année de prise de fonction. Il veut changer l’équipe des quatre gérants du dépôt de médicaments essentiels génériques (MEG), en place depuis de longues années. Cette décision fait des gorges chaudes dans le milieu et susciter la colère des gérants. Contraint de revoir ses ambitions de départ, il va changer de stratégie. Il propose aux agents, des contrats de travail qui devraient prendre effet en décembre 2019, tout en limitant l’âge, de 18 à 35 ans. Ce qui fera fi d’office, de beaucoup d’années de services déjà rendus par des gérants.

Après des années de services offerts, les gérants du dépôt pharmaceutique du CSPS de Somgandé sont sur le point d’être remerciés. Une bien malheureuse nouvelle qui risque de chambouler leur quotidien. Ils l’ont appris inopinément et dans les couloirs du CSPS. En effet, tout est parti d’une décision de recruter une nouvelle équipe de gérants. Le chef d’orchestre de cette décision inattendue n’est autre que l’infirmier chef de poste (ICP) du CSPS, arrivé à ce poste en début d’année 2019. En guise de justifications, l’ICP explique avoir reçu des instructions de sa hiérarchie pour procéder à ce renouvellement.

Mais de quelle hiérarchie s’agit-il au juste ? Le Médecin chef du district sanitaire ? Le Directeur régional de la Santé ? Le Secrétaire général du ministère de la Santé ? Nous n’aurons pas de réponse claire et ce, malgré notre insistance auprès de l’intéressé et notre démarche vers le MCD (Médecin chef de district) de Kossodo dont relève le CSPS de Somgandé. Qu’ont-ils fait pour mériter un tel sort ? S’interrogent les agents au CSPS. Toujours est-il que cette nouvelle donne va intensifier le malaise au sein de cette structure de santé. De ce qui nous revient, le climat était déjà lourd depuis la confirmation du sieur Badini à la tête du CSPS. Ses incessantes demandes de lettres d’explications avaient fini par polluer l’atmosphère et aiguiser les tensions. A ce qu’on dit, pour une petite faute, le tout nouveau patron demandera une lettre d’explication et la situation était arrivée au  point où les agents étaient obligés de convoquer une réunion pour interpeller leur ICP.

C’est dans cette ambiance de correction fraternelle échouée que l’ICP va s’attaquer aux gérants sur la base d’une supposée décision venue d’en haut. Ces agents recrutés par un contrat verbal, dérisoirement payés, en dessous du SMIG, étaient en quête permanente de sécurité sociale et d’amélioration de leurs conditions de travail. En réponse à leur revendication, il leur sera fait opposition, des textes de l’Initiative de Bamako, qui commande le volontariat pour le personnel communautaire. A chaque occasion, le prétexte est tout trouvé : c’est l’Initiative de Bamako. La gérante principale capitalise 19 ans de service et compterait parmi les toutes premières personnes à travailler au CSPS, dès sa création. Mais jusque-là, elle n’est pas affiliée à la Caisse nationale de sécurité sociale. Deux gérants capitalisent environ 15 ans de service sans la moindre volonté d’affiliation.

Sans égard à ses années d’expérience, il nous revient que l’ICP va proposer la retraite anticipée à la gérante principale et remercier tout simplement les autres gérants. Et face à la désapprobation et à certaines interpellations, le patron du CSPS va revoir sa copie. Il se résout à proposer des contrats écrits aux gérants. Mais il y a un hic. Le contrat prend effet à la date de sa signature et ne tient nullement compte de toutes les années de travail passées. Les gérants seront déclarés à la Caisse nationale de sécurité sociale, mais à compter de la date de signature. Mais le cas de la gérante principale, l’une des pionnières du CSPS, intrigue, car elle est à la porte de la retraite.

Mais au juste, est-il dans les attributions de l’ICP de recruter des gérants ? N’a-t-il pas outrepassé ses pouvoirs ? Et le COGES (Comité de gestion), que devient-il dans tout ça ? Nous avons tenté de contacter le président dudit COGES, mais ce dernier, arguant de son statut de gendarme à la retraite, a refusé notre demande d’entretien. Pour ce qui est connu, les gérants relèvent du comité de gestion du CSPS dont l’ICP est membre ? Le recrutement de gérants ne peut donc pas être une prérogative du seul ICP. C’est visiblement dans un forcing que les choses sont en train de se dérouler.

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Simplice Zongo
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