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HOUNDE GOLD OPERATION SA : La Mine sommée de respecter le droit des travailleurs

Comme révélé dans nos précédentes éditions, l’administration de la mine d’or de Houndé, gérée par la société Houndé Gold Operation SA de Endeavour Mining ne joue pas franc jeu avec les travailleurs. Dans sa logique de réprimer et de décourager les actions des travailleurs visant à désapprouver le protocole d’accord en application sur la Mine, elle a été vite recadrée par la Direction régionale du Travail et de la Protection sociale des Hauts-Bassins.

Après avoir tenté, en vain, d’imposer le protocole d’accord concocté avec des représentants syndicaux acquis à sa cause, la Mine est passée à l’intimidation, voire la répression de toute actions entrant dans le cadre des réclamations des délégués non signataires du protocole d’accord, en application au sein de l’entreprise. Et pour ce faire, annoncions-nous dans notre précédent numéro, un délégué de personnel a été même traduit en Conseil de discipline. Pour avoir contribué à dresser une liste des travailleurs de la Mine qui désapprouvent le protocole d’accord. Il est accusé de troubler le climat social et d’avoir voulu tromper ses collègues.

L’argument de l’administration pour  soutenir ces accusations est que l’intéressé n’a pas daigné l’informer avant de mener son action sur le site. A ce qu’on dit, l’administration de la Mine voulait sanctionner sévèrement ce délégué afin de décourager d’éventuelles actions à l’encontre du fameux protocole d’accord. C’est pourquoi l’intéressé, après un Conseil de discipline, a écopé d’une mise à pied à titre conservatoire, en attendant son licenciement conditionné par une autorisation de la Direction régionale  du Travail et de la Promotion sociale, du fait de son statut de délégué de personnel. Et c’est là que les espoirs de l’administration de la Mine sont été douchés.

La Mine rappelée à l’ordre

En réponse à la demande d’autorisation de licenciement, la Direction régionale du Travail a rappelé l’administration de la Mine à l’ordre. Pour cette structure étatique, l’action entreprise par des délégués non signataires «est une suite logique d’un conflit collectif qui oppose deux parties. Il ne serait donc pas opportun pour les délégués d’informer l’administration de la Mine pour dresser une liste d’éventuels travailleurs qui s’opposent au protocole d’accord». Par la suite, conformément à l’article 316 alinéa 1 du Code de travail, la Direction régionale précise que le fait pour un délégué de dresser une telle liste ne peut en aucun cas troubler le climat social.

Pensant à juste titre ne pas pouvoir dissocier la sanction envisagée avec la qualité de délégué de personnel de l’intéressé, elle dit alors non au licenciement de ce dernier, tout en invitant l’administration de la Mine à respecter la législation du travail. Avec cette interpellation, l’administration de la Mine va-t-elle laisser libre cours à l’expression des libertés syndicales ou continuera-t-elle à traquer les délégués qui font bloc contre le protocole imposé ?

En attendant, dans le cadre des réclamations des travailleurs, notamment, la suppression du protocole qu’ils jugent illégal, le respect des textes et bien d’autres, la société Houndé Gold Operation devrait comparaitre à l’audience du Conseil d’arbitrage de la Cour d’appel de Ouagadougou le 26 mars 2020, mais avec la situation sanitaire nationale, l’audience a été reportée.

Affaire à suivre !

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Simplice Zongo
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