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HOUNDE GOLD OPERATION SA : L’administration ensevelit les libertés syndicales sur la mine

Dans Le Reporter n°278 du 15 au 31 janvier 2020, nous retracions les péripéties d’imposition d’un protocole d’accord forcé par l’administration avec l’aide de quelques représentants des travailleurs pour supprimer de manière détournée, les heures supplémentaires. Cette situation a amené la majorité des travailleurs à se dresser contre ce qu’ils qualifient d’entente souterraine entre l’administration et des délégués de personnel acquis à sa cause. Cette  grosse pilule, qui a du mal à passer, a été rejetée par bon nombre de travailleurs. La situation a pris un autre tournant. Le dossier est sur le point  d’atterrir sur la table du juge, écrivions-nous. Après les campagnes d’intimidation, l’administration semble être passée à la répression systématique de tout acte entrepris dans l’optique de faire barrage à l’application de ce nouveau contrat social.

Dans le cadre des réclamations concernant le protocole, les délégués de personnel ont entrepris de prendre attache avec des Avocats pour mieux défendre leurs intérêts. Pour ce faire, ils avaient besoin d’avoir le consentement de tous les travailleurs pour avoir une idée sur le nombre de travailleurs contestant les nouvelles mesures. Une liste a été introduite auprès des travailleurs d’où on pouvait lire sur l’entête : «Liste des travailleurs qui désapprouvent le protocole». Il s’agit de récolter les signatures de tous les travailleurs  en dehors des heures de service, afin que les Avocats soient situés sur le nombre des travailleurs qu’ils doivent représenter. A ce qu’on dit, en quelques jours, environ 500 travailleurs ont déjà signé les listes. Cependant, les travailleurs ne seront pas au bout de leur surprise. L’administration semble être déterminée à faire appliquer, par tous les moyens, le protocole d’accord contesté.

En réaction à une lettre de la Direction des Ressources humaines, elle tente de diaboliser l’action des délégués de personnel qu’elle qualifie de «pétition», de «pratiques clandestines» et de « diffusion d’une forme de désinformation au sein de l’entreprise».

Dans une lettre adressée aux délégués du personnel et à deux Secrétaires  généraux de la CNTB sur la mine, la Direction a été on ne peut plus claire : «La Direction ne saurait accepter cette pratique clandestine et la diffusion de cette forme de désinformation (utilisation de faux prétextes) dans l’entreprise». Entre temps, selon des témoignages concordants, l’administration aurait fait sortir une liste pour recueillir la signature des travailleurs qui approuvent le protocole d’accord. Ceux qui apposeront leur signature, semble-t-il, bénéficieraient de la promesse de paiement de 30 minutes en guise d’heures supplémentaires que l’administration avait coupé injustement depuis longtemps.

Même les groupes WhatsApp  des travailleurs seraient infiltrés par l’administration. Aux dernières nouvelles, nous apprenons qu’un délégué de personnel serait passé en Conseil de discipline pour avoir fait signer les listes aux travailleurs. Affaire à suivre !

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Simplice Zongo
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