CDP

Il faut que le CDP accepte de mourir

Depuis le départ de son père fondateur avec l’insurrection populaire d’octobre 2014, le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), pris comme dans un tourbillon, a fini par tomber en transe. Tel un cabri qui se défend après la dernière tracée du couteau, il se débat, souffre dans sa chair mais refuse de s’en aller. Il ne cesse de tournoyer sur lui-même.

D’abord, avec l’exclusion de ses leaders aux élections d’après-insurrection, le parti a crié à une chasse aux sorcières. Il aurait fallu se saisir de cette opportunité pour faire sa mue et reconsidérer sa conception de la vie d’une formation politique réelle. Hélas ! Certains militants du parti qui ont échappé aux sanctions de la loi ont réussi à se faire élire, jusqu’à l’Assemblée nationale. Mais qui étaient-ils réellement dans la vie du CDP d’antan ? De toutes les façons, que peut l’actuel CDP face à des députés militants qui, visiblement, n’en ont cure de ce que mène leur président comme activités ?

Puis vient le temps du congrès, véritable cadre de débats politiques, où le parti a très vite montré les divergences en son sein. L’explosion était prévisible. Le Président Eddie Komboïgo n’est pas en odeur de sainteté avec beaucoup de militants, des bonzes qui ont fait leur loi dans le CDP d’antan. Aujourd’hui, ils continuent de marcher à l’ombre de Blaise Compaoré, quitte à tuer son parti. A quelle fin ? Chacun pense être l’homme de confiance de Blaise Compaoré. Les clans sont visibles. Même parmi les militants élus, le président du parti ne contrôle pas grand monde. Les récentes sanctions  contestées par le grand manitou sont la preuve que ce parti a vraiment du mal à s’organiser.

Pouvait-il en être autrement quand les futurs électeurs doivent attendre les décisions d’Abidjan ? Tout commence avec Blaise Compaoré et tout finit avec Blaise Compaoré. Seul Blaise Compaoré a tous les droits. Est-ce cela un parti politique ? Après le MPP en 2014, le récent mouvement de soutien à Kadré Désiré Ouédraogo, à qui le tour ? Le CDP devrait accepter que son ère est révolue. Il doit se dissoudre quitte à renaître de ses cendres  comme le sphinx. Ce serait douloureux mais il faudrait passer par là.

Aimé NABALOUM
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