IMPACT ECONOMIQUE DE LA COVID-19 : Des entreprises risquent de s’écrouler

L’impact de la Covid-19 sur l’économie mondiale est une réalité. L’économie burkinabè n’y  échappe pas. La crise économique générée par les mesures de restriction prises par le gouvernement pour endiguer la propagation de la maladie touche durement les entreprises. Aucun secteur d’activités n’est épargné. Les conséquences désastreuses de la crise sanitaire commencent à se faire sentir. Certaines entreprises n’en peuvent plus. Compressions, mises en chômage technique ont tendance à être monnaie courante. Les entreprises burkinabè, qui vivotaient jusque-là, risquent de s’éteindre à petit feu, et si rien n’est fait, un désastre socioéconomique risque de s’ajouter à ceux sécuritaire et humanitaire qui secouent le pays.

Ce serait une lapalissade de dire que les conséquences économiques de la crise sanitaire due à l’avènement de la Covid-19 sont catastrophiques pour le monde économique. Les conséquences de la Covid-19 ne sont pas que sanitaires, elles sont aussi économiques. D’après les experts, le monde pourrait connaître la crise économique la plus violente depuis 1945 du fait de la pandémie. En effet, d’après les données du site d’information français  lafinancepourtous.com, la plus grande économie du monde se trouverait durement affectée. Aux États-Unis, le taux de chômage aurait bondi à 14,7% de la population active en avril, comparé à 3,6% en fin 2019. La situation semble similaire dans d’autres pays. Le taux de chômage en Australie devrait atteindre les 10 %.

Pire, certains pays pourraient connaitre des défauts de paiement avec leurs créanciers. L’Argentine, en pleine négociation avec ses créanciers pour obtenir des délais de paiement sur 66 milliards de dollars de dette, risque de connaitre un défaut de paiement similaire à celui de 2001, en cas d’absence d’accord. Si les pays développés semblent résilients d’une certaine manière aux conséquences de la crise sanitaire, les pays africains, eux, semblent subir de plein fouet ses effets pervers.

En effet, la croissance du Produit intérieur brut (PIB) de l’Afrique pourrait passer de 3,2% à 1,8 % en 2020, estime la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement CNU-CED. L’agence onusienne justifie cette forte baisse par l’impact de la pandémie sur le commerce mondial et ses répercussions pour les économies africaines.

Le Burkina Faso, quant à lui, à l’image des pays africains, subit aussi sur le plan économique, les effets de la Covid-19. L’économie burkinabè, déjà chancelante, traverse une crise sans précédent. Selon le centre de recherche et de formation Forge-Afrique, au niveau macroéconomique, la crise de la Covid-19 pourrait entraîner une perte de la richesse nationale allant de 345 milliards à 645 milliards FCFA. Les experts estiment que cette crise pourrait se traduire par une baisse importante du taux de croissance de 1,38%, contre une croissance prévisionnelle de 6,5%.

Ces perspectives pessimistes semblent se confirmer dans presque tous les secteurs d’activités. Selon le centre de recherche Forge-Afrique, les secteurs industriels et des services sont les plus affectés. Le secteur agricole pourrait subir aussi de plein fouet les effets de la crise, selon les chercheurs. Au regard de l’évolution de la crise sanitaire, sur le plan économique, il convient d’affirmer que les entreprises burkinabè se portent très mal et commencent à ressentir les effets néfastes de la pandémie. En effet, les mises en chômage technique sont déjà signalées dans certaines entreprises.

Et si rien n’est fait, la situation économique des entreprises risque de connaitre une dégradation accélérée et les conséquences encore plus dévastatrices. C’est ce que soutient également, le président de la société  des éditeurs de la presse privée du Burkina, Boureima Ouédraogo, lors d’une interview accordée au site d’information Lefaso.net. Il affirmait qu’il fallait craindre, si la crise dure encore un mois, que certaines entreprises ne mettent la clé sous le paillasson. «Beaucoup commencent déjà à avoir des difficultés pour payer les salaires et assurer leur fonctionnement quotidien». Le risque  donc de voir le secteur privé burkinabè grippé et le taux de chômage exploser est réel.

Une bombe sociale semble se profiler à l’horizon si rien n’est fait pour anticiper sur la faillite de ces entreprises, principales pourvoyeuses d’emplois. La Chambre de commerce et d’industrie du Burkina a certainement flairé le danger et est déjà positionnée à travers la plateforme PARE-COVID-19 pour accompagner les entreprises en difficultés.

L’Etat, qui semble avoir entendu les cris de détresse des chefs d’entreprises qui commençaient à se faire entendre, entend saisir le taureau par les cornes en assumant son rôle régalien. Pour faire face aux effets néfastes de la pandémie sur l’économie nationale, le gouvernement a pris un certain
nombre de mesures en vue de soutenir la relance de l’activité économique. Une des mesures annoncées, et attendues par les chefs d’entreprises, reste sans conteste celle de la mise en place du fonds de relance économique des entreprises en difficultés d’un montant de 100 milliards FCFA. Cette mesure, de l’avis des experts, devra permettre de donner une bouffée d’oxygène  aux entreprises et de booster la production.

Encore faut-il que ces mesures soient visibles sur le terrain, car une chose  est d’annoncer des mesures, et une autre est de les opérationnaliser. En tout cas, les conséquences économiques dévastatrices de la pandémie affectent déjà les entreprises burkinabè et c’est peu dire. Beaucoup d’entre elles commencent à éprouver des  difficultés pour faire face à leurs charges fixes. D’autres commencent à suffoquer. A ce rythme, si rien n’est fait, un autre front social risque de s’ouvrir si les mesures de relance tardent à se concrétiser.  

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Salifou OUEDRAOGO
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