Journalisme

JOURNEE NATIONALE DE LA LIBERTE DE PRESSE : La pratique journalistique à l’épreuve du terrorisme

Le Burkina Faso a célébré le 19 octobre 2019, la 21e Journée nationale de la liberté de la presse sous le thème «Comment consolider la liberté de la presse face à la menace terroriste ?». Les activités marquant la célébration de la Journée nationale de la liberté de la presse au Burkina ont débuté par le lancement de l’étude commanditée par le Centre national de presse Norbert Zongo (CNP-NZ), le 18 octobre 2019. Le consultant commis pour cette étude, Pr Serge Théophile Balima, a fait ressortir les efforts consentis par les médias pour respecter l’éthique et la déontologie afin de rendre l’information disponible.

C’est dans ce sens qu’il dira que « la presse burkinabè traite les?informations sécuritaires de façon satisfaisante» tout en respectant les principes essentiels. Cependant, il reconnait qu’il y a des limites objectives liées au risque que pourraient prendre les journalistes en allant sur le terrain. Malgré tout, le droit d’accès à l’information et la liberté d’expression devront être préservés, au risque de porter un frein à la démocratie.

Le forum-débat du 19 octobre 2019 a permis à trois panélistes de donner leur point de vue sur le nouveau Code pénal. Le ministère de la Justice, à travers le magistrat Nicodème Bado, est revenu sur le contenu de ce Code à polémiques. L’objectif, de façon générale, était de disposer d’un Code moderne et accessible, dira le magistrat. Ensuite, il ajoutera que face au contexte d’insécurité, l’autre objectif visait donc à protéger les Forces de défense et de sécurité, les victimes du terrorisme en faisant en sorte que les informations distillées ne sapent pas le moral des troupes et de lutter efficacement contre le terrorisme et le grand banditisme. Mais, pour Me Batibié Bénao, il  y a lieu de se demander si le nouveau Code pénal répond aux critères essentiels d’une bonne loi : légitimité, effectivité, efficience, efficacité et opérationnalité.

Ce diagnostic n’a pas été bien fait en amont et en plus, cette loi a été clandestine jusqu’à son adoption. D’où les contestations compréhensibles et légitimes des défenseurs de la liberté de presse et des hommes de médias. Faisant référence à des dispositions de l’ancien Code, il explique que visiblement, ce que le gouvernement entend résoudre comme préoccupation pouvait déjà l’être à travers les anciennes dispositions.

Le Dr Cyriaque Paré, fondateur du site d’information lefaso.net, a rappelé que des difficultés existaient, certes, dans la pratique des professionnels des journalistes, mais une loi telle que celle portant révision du Code pénal est une mauvaise publicité pour le pays. L’ensemble des débats a été modéré par Basolma Bazié, Secrétaire général de la CGT-B, qui, sans détours, a insisté sur la nécessité de protéger la liberté d’expression et de presse quel que soit le prix, une manière de saluer l’importance des médias au sein de la société.

Aimé NABALOUM
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