KOGLWEOGO: Une enquête d’ASHA plaide pour leur encadrement.

Action pour la sécurité humaine en Afrique (ASHA) est une association qui œuvre pour la sécurité sur tous les plans au profit de l’être humain. Dans le cadre de ses activités, l’association a mené une enquête en décembre 2017 dans 4 régions du Burkina, avec pour thème la «sécurité pilotée par les communautés au Burkina faso», en mettant l’accent sur les Koglweogo. Le rapport a été rendu public ce 13 octobre 2018. Il conclut à la nécessité d’un encadrement des groupes qui assurent la sécurité des communautés.

«Dans un État de droit, nul ne doit se faire justice soi-même. Cependant, quelle doit être l’attitude des populations lorsqu’elles ont le sentiment que l’État n’arrive plus à assurer leur sécurité ? Doivent-elles tout abandonner entre les mains d’un État qui semble faillir à sa responsabilité première de protéger ses citoyens ? La sécurité n’est-elle pas, en fin de compte, l’affaire de tous ?» Voici toute la base de l’enquête auprès des communautés de l’Est, du Centre, du Centre-Ouest et des Hauts-Bassins.

En donnant la parole aux 826 personnes, Asha entend avoir une idée claire de leur perception du rôle des Koglweogo. Selon le président de l’association Asha, Dr Zacharia Tiemtoré, une grande majorité des enquêtés sont favorables aux Koglweogo. Le rapport indique à ce titre que «les populations approuvent en majorité, l’existence des Koglweogo. Les personnes favorables à leur existence estiment que ces groupes d’auto-défense ont un rôle important à jouer dans la sécurisation des populations. Pour eux, la question de la légitimité de ces forces ne se pose pas, car ces groupes ont comblé un vide sécuritaire important laissé par l’État». Ces personnes représentent 90% des enquêtés contre 10% qui sont totalement contre. Alors, il est envisagé  de maintenir ce groupe de sécurité communautaire tout en veillant à leur encadrement.

Cependant, «les rackets, les amendes exorbitantes, les violations des droits de l’Homme, dont les sévices corporels, les tortures et autres traitements inhumains dégradants» sont des insuffisances dans les actions des Koglweogo, puisque ceux qui s’y opposent craignent que les groupes de défense ne deviennent des milices et ne prennent la place de l’État dans la sécurisation des biens et des personnes.

Il faudra donc que l’État, tout en encourageant les initiatives des Koglweogo et des autres structures communautaires de sécurité, les aide à se structurer et à former leurs membres, qu’il les répertorie et les enregistre  officiellement, en leur délivrant des cartes de membre avec une délimitation de champ d’intervention, qu’il leur verse une subvention annuelle pour contribuer au bon fonctionnement de ces structures et qu’il les intègre dans le dispositif du renseignement civil, etc.

Enfin, des recommandations ont été faites à l’endroit des Koglweogo, aux populations urbaines et rurales. La présentation des résultats de l’enquête a connu la présence des représentants des Forces de défense et de sécurité, de Koglweogo, et de l’Assemblée nationale, d’enseignants, du représentant de l’Ambassade de  France.

Aimé NABALOUM
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