La déresponsabilisation en masse

La gestion de la maladie du Coronavirus et les derniers développements montrent à souhait que le Burkina est mal en point. Sans faux fuyants, le pays est malade de ses citoyens, de ses gouvernants et de sa gouvernance même. Comment comprendre qu’un ministre de la République fasse des déclarations devant l’Assemblée nationale pour reconnaître plus tard qu’il a été induit en erreur par ses collaborateurs ?

Mais l’image reflétée est simple à lire. La ministre dit que ce sont ses collaborateurs directs (DG certainement) qui l’ont fait mentir. En retour, chacun d’eux dira que ce sont les chefs de service respectifs qui les ont fait mentir. Ceux-ci diront que ce sont leurs agents qui les ont fait mentir. Et ainsi de suite. Finalement, on dira que c’est l’agent de liaison, le chauffeur, le vigile, le parkeur ou même le cireur de chaussures au rez-de-chaussée qui a fait mentir. Du coup, l’on est maintenant en face d’une pyramide de déresponsabilisation du haut vers le bas.

Avant, l’on avait coutume d’entendre que c’était l’agent, le subordonné ou le subalterne, qui invoquait les ordres ou les instructions reçus de son supérieur pour se dédouaner en cas de faute. Mais aujourd’hui, ça va dans les deux sens. Qui assume finalement une responsabilité dans le pays? Personne, est-on tenté de dire. Chaque faute est rejetée sur l’autre et chacun préfère ne pas se sentir concerné quand bien même il s’agit ici de l’avenir du pays. Le citoyen lambda, consommateur de la gouvernance, lui, va trinquer jusqu’à la lie, une gouvernance sans colonne vertébrale. Quelle déresponsabilisation !

Aimé NABALOUM
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